Classical Music Home

Welcome to Naxos Records

Email Password  
Not a subscriber yet?  
Keyword Search
 in   
 Classical Music Home > Naxos Album Reviews

Album Reviews



 
See latest reviews of other albums...

Florent Coudeyrat
ConcertoNet.com, December 2015

Maskarade, vous connaissez? Non, et pour cause, pourrait-on dire: le second et dernier opéra de Nielsen n’a pas encore été créé en France depuis sa première danoise en 1906. Reste donc le disque pour pallier cette négligence malheureuse, l’œuvre faisant partie des délices comiques aussi enjouées qu’exaltantes qui devraient figurer au répertoire hors du Danemark, à l’instar par exemple, du Manoir hanté de Moniuszko—un autre grand compositeur oublié en dehors de son pays natal. L’Ouverture débridée et joyeuse donne le ton d’emblée, Nielsen ayant délibérément allégé le tissu orchestral pour s’éloigner de l’influence de Wagner et retrouver l’allant mozartien, si cher au Danois en ce début de XXe siècle. Pour autant, les bois pétillants font penser à Humperdinck, tandis que la variété des climats rappelle Wolf-Ferrari et ses premiers succès comiques. Ce n’est pourtant pas Goldoni qui inspire Nielsen mais bien le grand dramaturge norvégien Ludvig Holberg, honoré par Grieg dans sa célèbre suite en 1884. Tous les quiproquos amoureux tournent autour d’un bal masqué, mascarade qui sert prétexte à une galerie de savoureuses caricatures et extraversions en tout genre, admirablement rendues par les interprètes de ces deux SACD. Il faut dire que la direction aussi stylée que théâtrale et colorée de Michael Schønwandt est un régal de chaque instant. Initiateur de cet enregistrement, le chef danois nous fait ainsi profiter de son geste généreux, fruit d’une admiration de longue date pour cette partition. A ses côtés, le Chœur national de la Radio danoise se montre impeccable, tous comme les chanteurs masculins qui privilégient eux aussi le jeu, se révélant de bons techniciens sans pour autant disposer de timbres particulièrement marquants. On citera par ailleurs la Magdelone d’Anne Margrethe Dahl, au léger vibrato mais d’une belle rondeur de timbre, complétant ce plateau vocal homogène. Un bel enregistrement (dont on pourra lire par ailleurs sur notre site ici le compte rendu en anglais) pour découvrir l’univers lyrique de Nielsen (coffret Dacapo 6220641-42). © 2015 ConcertoNet.com




Louis Bilodeau
Avant Scène Opéra, December 2015

Pour souligner le 150e anniversaire de naissance de Carl Nielsen, la compagnie danoise Dacapo ajoute à son catalogue une nouvelle version de Maskarade, qui réunit à nouveau autour du chef Michael Schønwandt les trois principaux chanteurs du DVD qu’elle avait édité en 2007. Se retrouve donc ici la joyeuse bande composée du baryton Johan Reuter, du ténor Niels Jørgen Riis et de la basse Stephen Milling, qui incarnent les rôles clés de cette comédie faisant figure, depuis sa création à Copenhague en 1906, d’opéra national du Danemark. Le livret est une adaptation d’une pièce écrite en 1724 par Ludvig Holberg (1684–1754), le père de la littérature danoise, qui fut très marqué par Molière et sa peinture des travers humains. L’intrigue se déroule en 1723, année où l’on avait interdit les bals publics, et met en scène le géronte Jeronimus qui, en plus de râler constamment contre les mœurs dissolues de son époque, cherche à marier de force son fils Leander à la fille de son ami Leonard. Malgré l’importance de ces deux personnages, c’est le serviteur de Leander, Henrik, qui occupe en fait le premier rang de la pièce ; de par sa faconde et sa roublardise, il préfigure le Figaro de Beaumarchais. Johan Reuter en est l’interprète idéal grâce à la somptuosité de ses moyens vocaux et sa grande expressivité. En dépit d’une voix un peu pâteuse et d’aigus parfois périlleux qui accusent une certaine fatigue, Stephen Milling n’en compose pas moins un Jeronimus autoritaire puis truculent à souhait au troisième acte, lorsque l’alcool produit son effet. La déception de l’enregistrement réside dans le Leander sans grâce et au chant contraint de Niels Jørgen Riis, qui ne peut faire illusion en jeune premier.

Si l’on cherche à départager le DVD et la version audio, il est indéniable que cette dernière possède une prise de son d’une limpidité supérieure et que les rôles de Leonora et de Pernille sont mieux servis par les voix ravissantes de Dénise Beck et Ditte Højgaard Andersen. En revanche, Anne Margrethe Dahl (Magdelone), Stig Fogh Andersen (Leonard) et Steffen Bruun (le Veilleur de nuit) ne font pas oublier les merveilleux Susanne Resmark, Poul Elming et Sten Byriel. Malencontreusement coupé dans le DVD, le chant avec chœur du Professeur (excellent Simon Duus) est ici un moment particulièrement réussi de la mascarade du dernier acte. Le chœur et l’Orchestre symphonique national du Danemark brillent de tous leurs feux sous la direction de Michael Schønwandt, qui sait à merveille traduire l’esprit virevoltant de cette conversation en musique se situant dans le sillage de Falstaff et qui annonce même—jusqu’à un certain point—des œuvres comme Intermezzo et Capriccio de Strauss. Le chef et sa phalange atteignent en outre à un haut degré de virtuosité dans les passages purement orchestraux comme l’ouverture et les deux pages chorégraphiques du troisième acte : la célèbre Danse des coqs et l’étincelante pantomime Mars et Vénus ou la Ruse de Vulcain. Malgré quelques faiblesses dans la distribution qui n’entachent pas gravement la réussite du projet, Schønwandt a donc eu pleinement raison de confier aux micros Dacapo sa nouvelle version de cette œuvre jubilatoire. © 2015 Avant-Scène Opéra





Naxos Records, a member of the Naxos Music Group