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Sébastien Gauthier
ConcertoNet.com, August 2016

SCHUBERT, F.: Fierrabras (Salzburg Festival, 2014) (NTSC) 730708
SCHUBERT, F.: Fierrabras (Salzburg Festival, 2014) (Blu-ray, HD) 730804

Soyons honnête: jusqu’à l’enregistrement réalisé en 1988 sous la direction de Claudio Abbado lors des Wiener Festwochen (et édité dans la foulée chez Deutsche Grammophon), on avait depuis longtemps oublié ce Fierrabras, opéra en trois actes, l’œuvre opératique de Franz Schubert (1797–1828) étant depuis longtemps dominée par le modeste Alfonso et Estrella. Pourtant, Fierrabras (1823) mérite qu’on s’y arrête car, en dépit d’un livret assez peu crédible, Schubert a composé une musique des plus diversifiées, l’Ouverture sombre annonçant le drame qui se mue en fin heureuse après de nombreuses péripéties où les duos, trios, ensembles de plus vaste envergure se succèdent avec brio. Le présent Blu-ray, reflet de deux représentations données au festival de Salzbourg 2014, permettra donc à chacun de prendre connaissance d’une partition qui s’avère en fin de compte extrêmement plaisante.

Première surprise néanmoins: on n’attendait pas forcément Ingo Metzmacher pour diriger cet opéra, le chef allemand étant bien davantage connu pour son répertoire de prédilection qui embrasse le XXe siècle et les compositeurs contemporains. Pour autant, il se révèle très convaincant, le Philharmonique de Vienne en effectifs relativement réduits (seulement trois contrebasses par exemple) se parant de couleurs chatoyantes que l’on entend dès la très belle Ouverture où, d’emblée, les bois sont merveilleux. La finesse orchestrale (la clarinette et les cordes qui accompagnent le duo entre Emma et Eginhard dans la Romance du premier acte, les cors et l’élan orchestral d’ensemble dans l’air chanté par le chœur des Maures à l’acte II) est partout présente; parfaitement rendue par des sonorités on ne peut plus viennoises, la musique est sans conteste des plus charmantes.

Deuxième surprise, et cette fois-ci moins heureuse, la mise en scène de Peter Stein, dont il s’explique en partie dans le bref documentaire disponible en bonus. Alors que la dimension héroïque innerve l’ensemble, on est frappé en plus d’une occasion par une mise en scène figée, d’une platitude incroyable qui, et ce n’est certes pas le moindre mérite d’une mise en scène d’opéra, a au moins l’avantage de ne pas perturber l’auditeur et de ne pas nuire ni au chant, ni à la musique. Mais quelle banalité! En trop d’occasions, les chanteurs font face au public et chantent leur partie en ignorant leur partenaire alors que ce sont parfois des personnes amoureuses ou rivales qui interviennent de concert, et qui devraient donc se jeter des regards vifs de tendresse ou de défi et adopter une gestique idoine: il n’en sera rien…On passera sur le fait qu’à la fin du troisième acte, Eginhard demande où est son roi alors que Charlemagne est à un mètre de lui et sur ce décor final (un grand cœur rouge au milieu de la scène), d’une banalité affligeante pour symboliser le succès de l’amour. C’est d’autant plus dommage que les décors (excellente idée que d’avoir installé ce voile au deuxième acte qui, selon les lumières, fait apparaître ou non la forteresse où se déroulent quelques combats et scènes intenses), les costumes (les chanteuses interprétant le chœur introductif du premier acte, superbe) et les effets de lumières sont tous très réussis, baignant l’opéra dans un vif-argent propre à ressusciter la légende franque.

Côté chanteurs, outre le chœur, excellent de bout en bout, on saluera en premier lieu Georg Zeppenfeld: parfait dans le rôle de Charlemagne, il s’impose dans la distribution par son charisme et une voix puissante et ombrageuse. Julia Kleiter est également idoine pour interpréter le rôle de la fragile et rêveuse Emma (le duo «Treue Liebe wahrt die Seele» avec Eginhard au début du premier acte), son personnage pouvant également faire preuve d’un beau dramatisme comme c’est par exemple le cas à la fin du premier acte lorsqu’elle participe au magnifique trio où interviennent également Fierrabras et Eginhard. Dans le rôle de Florinda, qui n’apparaît pas avant l’acte II, Dorothea Röschmann s’impose sans peine grâce à son émission subtile, son jeu de scène et une voix capable de toutes les facilités: l’air «Die Brust, gebeugt von Sorgen» est à ce titre un des sommets de l’opéra, justement salué par le public lors de ces deux représentations. On l’a cité déjà à plusieurs reprises donc chapeau bas à Georg Zeppenfeld pour les voix masculines, devant Benjamin Bernheim qui incarne un très bon Eginhard, finalement le personnage le plus intéressant de l’intrigue, contrairement à Fierrabras qui apparaît assez falot. Il faut dire que Michael Schade ne transfigure guère le rôle et se contente d’assurer sa partie en bon professionnel qu’il est. Enfin, mention spéciale à Manuel Walser (magnifique voix pour incarner ce Maure des plus cruels et des plus vaniteux) et au personnage de Roland, interprété ici par Markus Werba: projection flatteuse, technique facile, il incarne à lui seul l’esprit chevaleresque de ce Fierrabras qui, il est vrai quasiment en l’absence de toute autre concurrence, s’impose à l’évidence. © 2016 ConcertoNet.com




Didier van Moere
Avant Scène Opéra, December 2015

Quand Schubert ceint le baudrier, revêt la cotte de mailles, coiffe le heaume… et voudrait bien se faire un nom à l’opéra. Mais rien à faire : il n’a pas la tête épique. Echaudé par l’échec d’Euryanthe, le Kärntnertortheater ne daigna même pas représenter Fierrabras, où Charlemagne finit par faire la paix avec Boland, le prince des Maures. Il fallut attendre Felix Mottl pour la création d’une version tronquée en 1897, avant que Claudio Abbado et Ruth Berghaus, en 1988 à Vienne, ressuscitent la partition originale. Cela dit, que de belles pages dans ces presque trois heures de musique !

Loin de donner dans le Regietheater, un Peter Stein très assagi assume à Salzbourg une littéralité sobrement épurée, dans un cadre Biedermeier, optant pour des « tableaux vivants » et peu soucieux de trouver une théâtralité qui manque à la partition. Cela fonctionne bien, mais les amateurs de renouvellement resteront fidèles à la production zurichoise de Claus Guth dirigée par Franz Welser-Möst et captée par EMI.

Musicalement, en tout cas, l’ensemble salzbourgeois n’appelle guère que des éloges, même si l’impeccable Michael Schade n’a pas le rayonnement juvénile de Jonas Kaufmann et si la toujours aussi stylée Dorothea Röschmann reste limitée dans les passages de vaillance—où l’on attend plutôt une Léonore de Fidelio. Julia Kleiter, du coup, timbre fruité et ligne modelée, lui ravit la vedette. Georg Zeppenfeld a la noblesse profonde de Charlemagne, Markus Werba, l’héroïsme de Roland et, plus que Fierrabras, c’est le second ténor, le très bel Eginhard de Benjamin Bernheim, qui reste dans la mémoire. Ingo Metzmacher croit à cette musique, en débusque amoureusement toutes les finesses, donnant vie et couleur à cet « opéra héroïco-romantique » avorté.Cerise sur le gâteau : il dirige les Wiener Philharmoniker. © 2015 Avant-Scène Opéra





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