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Album Reviews



 
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Chantal Cazaux
Avant Scène Opéra, July 2017

Une Traviata de plus dans la vidéographie? Oui et non. Certes, la mise en scène de Villazón—qui, comme à son habitude, offre une proposition singulière, développée avec cohérence—ne convainc pas pleinement : l’univers du cirque n’est pas neuf, ni la grande horloge au sol (écho de la production de Salzbourg qui vit le triomphe du duo Netrebko-Villazón), ni le flash-back initial (d’ailleurs dicté par la musique). On sent une volonté de poésie : le tintement triste et solitaire d’une boîte à musique prélude aux premières notes de Verdi, et Violetta est cantonnée dans son souvenir, spectatrice de sa vie qui défile sous ses yeux—mais l’usage fréquent de la trapéziste jouant son double lasse et casse parfois l’émotion des échanges. Surtout, la scénographie (décors de Johannes Leiacker, costumes de Thibault Vancraenenbroeck) agresse—volontairement—l’œil : couleurs criardes et grouillantes, motifs hétéroclites et chargés, tout confine à la laideur, reflet d’un monde d’où seuls se détachent Violetta—tutu immaculé—et Rodolfo—classique redingote noire. Signifiant, mais si peu agréable à l’œil pendant deux heures de visionnage…

La captation vaut donc surtout pour le trio de protagonistes, à commencer par la Violetta d’Olga Peretyatko qui relève haut la main le défi de l’évolution vocale de son personnage. Brillance de la colorature, générosité des élans plus dramatiques, éther des confessions pudiques : les couleurs, les dynamiques, les émotions s’enchaînent et se complètent au sein d’un timbre rond et fruité, de bout en bout aisé, et d’un jeu bien senti, sans froideur ni excès. La belle surprise vient d’un Alfredo qui lui est agréablement apparié : le Brésilien Atalla Ayan allie lyrisme et engagement et délivre un chant idiomatique. Quant au Germont de Simone Piazzola, son air lui vaut un triomphe mérité : ligne, style, élégance du timbre, et cabalette bien négociée ne sont pas si fréquents. Parallèlement à ce trio de qualité, la direction de Pablo Heras-Casado joue l’intelligence des tempi, la vie des enchaînements, la netteté du trait : une très belle leçon pour une Traviata qu’on aura plaisir à réécouter… plus qu’à revoir. © 2017 Avant-Scène Opéra



Sébastien Foucart
ConcertoNet.com, March 2017

VERDI, G.: Traviata (La) (Baden-Baden, 2015) (NTSC) 733708
VERDI, G.: Traviata (La) (Baden-Baden, 2015) (Blu-ray, HD) 733804

Rolando Villazón met aussi en scène avec un certain talent. Après une sympathique Rondine à Berlin, voici, à Baden-Baden, une Traviata dans l’univers du cirque. L’idée n’est pas neuve: il y a quelques années, Robert Carsen avait déjà imaginé qu’un autre opéra de la trilogie populaire, Rigoletto, se déroule dans ce milieu chatoyant. La transposition fonctionne bien, à condition d’admettre que Violetta ne paraisse pas en courtisane ou en prostituée mais en trapéziste tatouée. En montrant la différence sociale entre elle et les Germont, le ténor reste fidèle à l’essence de l’ouvrage et explore avec justesse la psychologie les personnages. Susceptible de satisfaire un large public, ce spectacle traduit le sens du détail du décorateur, du costumier et de l’éclairagiste, qui composent un univers coloré et même fantasmagorique dans la seconde moitié. En revanche, la présence d’un double trapéziste pour Violetta n’apporte rien de significatif, sans, toutefois, ajouter de la confusion. En mai 2015, Olga Peretyatko venait d’endosser brillamment le rôle-titre à Lausanne. Cette soprano au physique avantageux et aux capacités considérables épouse l’évolution de Violetta au moyen d’une tessiture admirable, mais elle contrôle trop ses moyens au détriment de l’émotion. Voilà, de toute façon, une chanteuse de grande envergure qui trouve là un rôle à sa mesure et qu’elle aura encore l’occasion de peaufiner. Attala Ayan incarne un Alfredo honorable mais trop ordinaire. La voix s’impose par la tenue de la ligne et la clarté des aigus, mais le couple que le ténor forme avec la soprano fusionne peu et manque de chaleur. Germont pétrifié et presque aussi bleu qu’un schtroumpf, Simone Piazzola s’impose sans problème par la consistance de la voix, la finesse de la caractérisation et l’expressivité du chant. Les rôles secondaires sont bien distribués et les choristes s’illustrent par leur implication. Le chef, en revanche, déçoit: Pablo Heras-Casado dirige sans élégance et en accusant grossièrement les contrastes un Ensemble Balthasar Neumann fruste et raide comme un piquet. © 2017 ConcertoNet.com





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