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S├ębastien Foucart
ConcertoNet.com, March 2017

VERDI, G.: Traviata (La) (Baden-Baden, 2015) (NTSC) 733708
VERDI, G.: Traviata (La) (Baden-Baden, 2015) (Blu-ray, HD) 733804

Rolando Villazón met aussi en scène avec un certain talent. Après une sympathique Rondine à Berlin, voici, à Baden-Baden, une Traviata dans l’univers du cirque. L’idée n’est pas neuve: il y a quelques années, Robert Carsen avait déjà imaginé qu’un autre opéra de la trilogie populaire, Rigoletto, se déroule dans ce milieu chatoyant. La transposition fonctionne bien, à condition d’admettre que Violetta ne paraisse pas en courtisane ou en prostituée mais en trapéziste tatouée. En montrant la différence sociale entre elle et les Germont, le ténor reste fidèle à l’essence de l’ouvrage et explore avec justesse la psychologie les personnages. Susceptible de satisfaire un large public, ce spectacle traduit le sens du détail du décorateur, du costumier et de l’éclairagiste, qui composent un univers coloré et même fantasmagorique dans la seconde moitié. En revanche, la présence d’un double trapéziste pour Violetta n’apporte rien de significatif, sans, toutefois, ajouter de la confusion. En mai 2015, Olga Peretyatko venait d’endosser brillamment le rôle-titre à Lausanne. Cette soprano au physique avantageux et aux capacités considérables épouse l’évolution de Violetta au moyen d’une tessiture admirable, mais elle contrôle trop ses moyens au détriment de l’émotion. Voilà, de toute façon, une chanteuse de grande envergure qui trouve là un rôle à sa mesure et qu’elle aura encore l’occasion de peaufiner. Attala Ayan incarne un Alfredo honorable mais trop ordinaire. La voix s’impose par la tenue de la ligne et la clarté des aigus, mais le couple que le ténor forme avec la soprano fusionne peu et manque de chaleur. Germont pétrifié et presque aussi bleu qu’un schtroumpf, Simone Piazzola s’impose sans problème par la consistance de la voix, la finesse de la caractérisation et l’expressivité du chant. Les rôles secondaires sont bien distribués et les choristes s’illustrent par leur implication. Le chef, en revanche, déçoit: Pablo Heras-Casado dirige sans élégance et en accusant grossièrement les contrastes un Ensemble Balthasar Neumann fruste et raide comme un piquet. © 2017 ConcertoNet.com





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