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Pierre Flinois
Avant Scène Opéra, September 2016

Déception que ce Faust pourtant précédé d’excellentes critiques lors de son apparition sur la scène du Teatro Regio de Turin l’an dernier. Si le spectacle est en lui même de fort belle facture, si la direction d’orchestre est tout simplement magnifique, le chant et le français sortent plus victimes que vainqueurs du traitement que leur inflige une distribution assez médiocre ou même inadaptée.

Le seul à offrir une prestation digne de l’œuvre, c’est en fait Charles Castronovo. L’élégance du chant, plus tourné vers de fort belles demi-teintes que vers une vaillance inopportune, le style, excellent même si l’articulation reste parfois un peu floue, le physique même (on peut rarement voir un Faust torse nu) et l’acteur, plus engagé que souvent, sont ici d’un Faust de belle classe, même s’il n’est pas le premier d’aujourd’hui. On n’aura pas le même plaisir à écouter Irina Lungu, voix slave triste de timbre, sans vrai éclat, qui tend à prendre les sons par en dessous, chante avec un instrument très différent selon qu’il s’agit d’élégie ou d’emportement et laisse surtout plafonner trop souvent un aigu sans rayonnement aucun. Elle a certes le ton du personnage, mais ne le l’investit en rien du charme irrésistiblement fragile qu’on y attend. Ildar Abdrazakov n’a pas de peine à dominer son Méphisto mais c’est la classe du chant qui manque—l’articulation laissant place au mâchonné—et plus encore un vrai grave profond. Si on peut le considérer comme un sous-Ghiaurov, on est cependant très au dessus des Valentin, Siébel et autre Marthe… Quant aux chœurs, ils pratiquent un sabir que ne sauvera pas une prestation majeure. Reste donc la direction de Gianandrea Noseda, magnifique : il cultive un sens exact de cette musique si apte à sombrer dans la lourdeur et la fausse pompe, qu’il traite avec une légèreté de touche constante, un sens des masses en équilibre, une lumière qui à elle seule devient force et envolée, grandeur et naïveté, qu’un orchestre subjugué rend au mieux de ses possibilités.

Reste aussi la production, très esthétique, simple et sophistiquée à la fois. Trônant au milieu d’un espace nu fermé sur trois côtés par des parois de béton clair, un énorme anneau de pierre posé sur une tournette en est l’élément central. Leur mobilité commune—il peut se lever tout en tournant avec elle—rend la variété des images suffisante pour la narration, d’autant qu’elle est intelligemment complétée par quelques éléments plus naturalistes—un amoncellement de livres, des troncs blancs tordus à la japonaise, une croix de lumière en réserve découpée -, le tout savamment magnifié par de très beaux éclairages. Pas de relecture radicale ni de mise en abyme contemporaine, pas d’interprétation sidérante, mais de belles images aux matières superbement rendues par la captation, qui vont bien avec cette belle musique. Pour les vertiges de l’œuvre, on ira à McVicar à Londres avec une distribution autrement adéquate, ou bien on cherchera à pirater la version Lavelli que l’INA s’obstine à ne pas publier—ce qui reste un devoir toujours prioritaire. © 2016 Avant-Scène Opéra



Sébastien Foucart
ConcertoNet.com, June 2016

GOUNOD, C.-F.: Faust (Teatro Regio Torino, 2015) (NTSC) 735108
GOUNOD, C.-F.: Faust (Teatro Regio Torino, 2015) (Blu-ray, HD) 735204

En juin 2015, le Teatro Regio de Turin a représenté un Faust fort applaudi. Cette publication immortalise ce beau spectacle mis en scène par Stefano Poda, qui a également imaginé les décors, les costumes, la chorégraphie et les lumières. L’esthétique et l’unité visuelle de la scénographie, dominée par un anneau gigantesque pivotant dans tous les sens, contribuent sans nul doute au succès de cette production appelée à faire date. Poda recourt à une symbolique pertinente sans trop charger sa mise en scène d’intentions difficiles à décrypter. Lors des saluts, le metteur en scène parait ému et surpris de l’accueil que le public lui réserve. Gianandrea Noseda, impeccable, dirige un orchestre plein de qualités, à la fois souple, précis, nuancé et éloquent. La distribution renforce l’intérêt de ce DVD, bien que les chanteurs ne prononcent pas très bien le français, ce qui, dans cet ouvrage, reste une lacune majeure: Faust élégant de phrasé et séduisant de timbre de Charles Castronovo; Méphisto très justement caractérisé d’ Ildar Abdrazakov, en dépit d’un manque de noirceur et de grinçant; Marguerite touchante d’Irina Lungu, voix homogène et legato onctueux; Valentin proprement chanté de Vasilij Ladjuk, fâché avec la langue. Parmi les rôles secondaires émergent le Siebel de Ketevan Kemoklidze—très belle voix, légère et colorée—ainsi que la Marthe attractive de Samantha Korbey. Mentionnons enfin les chœurs, bien préparés dans les pages, nombreuses et célèbres, que Gounod leur a destinées. © 2016 ConcertoNet.com





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