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Album Reviews



 
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Jean Cabourg
Avant Scène Opéra, August 2016

L’œil, le cœur et l’esprit sont plus sûrement touchés que l’oreille par ce spectacle filmé dans la cathédrale de Milan. Dans le cadre de l’Exposition universelle de 2015, une version très abrégée de l’opéra sacré de Rossini s’y déploie à la faveur d’une mise en espace théâtrale (par Cecilia Ligorio et Tiziano Mancini) magnifiée par une fantasmagorie de lumières très réussie (signées Valerio Tiberi). Le récit biblique est resserré en 80 minutes autour des épisodes essentiels, l’intrigue secondaire des amours d’Amenofi, prince héritier de Pharaon, avec Anaide, nièce de ce dernier, y trouvant néanmoins sa juste place. De la version napolitaine de 1819 on a conservé la fameuse prière finale “Dal tuo stellato soglio” qu’entonne un Ruggero Raimondi de 73 ans (âge présumé du prophète ?) avec une vibrante autorité propre à masquer l’érosion de sa voix, trente-cinq ans après sa gravure du rôle dans l’intégrale Scimone. Autour, un Faraone sonore et digne, une soprane enamourée bien modeste vocalement, convoitée par un ténor exacerbant un métal un rien claironnant, la véhémence d’Isabelle Kabatu en Sinaide, mère du roi, contribuant à dramatiser la geste vocale. Le chef anime son orchestre et ses chœurs en limitant les dégâts d’une acoustique peu propice aux équilibres. In fine, gageons que nombre d’acheteurs de ce DVD l’apprécieront pour le documentaire offert en bonus et qui retrace (sur un enregistrement médiocre du Quatuor de Verdi) les travaux “pharaoniques” du Dôme de Milan, avec visite guidée sur un commentaire assez lassant—alors que les aléas et les richesses du bâtiment et de son trésor sont abondamment documentées. Et si le cœur leur en dit, ils savent pouvoir retrouver cet ouvrage à géométrie très variable sous toutes ses moutures successives au sein d’une disco-vidéographie assez riche… © 2016 Avant-Scène Opéra



Sébastien Foucart
ConcertoNet.com, April 2016

ROSSINI, G.: Mosè (Veneranda Fabbrica del Duomo di Milano, 2015) (NTSC) 735308
ROSSINI, G.: Mosè (Veneranda Fabbrica del Duomo di Milano, 2015) (Blu-ray, HD) 735404

En octobre 2014, Michael Gielen (né en 1927) a fait savoir qu’il était contraint, pour raisons de santé, de mettre fin à sa carrière, au moment même où se mettait en route le désastreux processus de fusion entre les deux orchestres de la SWR (Radio du sud-ouest de l’Allemagne), celui de Baden-Baden et Fribourg, dont il fut le directeur musical de 1986 à 1999 avant d’en devenir le chef honoraire, et celui de Stuttgart. En son hommage, SWR Music se lance dans une édition de grande ampleur, dont les dix volumes devraient paraître dans les trois années à venir: de très bonne qualité sonore, en studio comme en public, le premier (sous titré «1967–2010» bien que comprenant semble-t-il un enregistrement de 2013), en grande partie composé d’inédits augure bien de la suite de cette immense anthologie. Nul doute qu’elle fera une grande place au répertoire du XXe siècle, dans lequel s’est illustré celui qui créa, entre autres, Les Soldats de Zimmermann et le Requiem de Ligeti, mais ces six premiers disques, dont le programme va de Bach à Schubert, montrent un aspect sans doute moins connu du chef autrichien. L’attendait-on nécessairement dans cette improbable successions de Danses allemandes et petites raretés mozartiennes? Et pourtant, le résultat est là, vif, transparent, élégant, souriant—les trois symphonies (Trentième, Trente-cinquième «Haffner» et Trente-sixième «Linz»), les Ouvertures (Così, La Flûte enchantée) ainsi que la passionnante musique de scène pour Thamos, roi d’Egypte ne déçoivent pas non plus. Et le reste (toujours, pour l’essentiel, avec les orchestres de Baden-Baden et de Sarrebruck), est à l’avenant: l’attention portée au texte, la réflexion, l’intelligence, la mesure ne deviennent jamais excessivement froides ou cérébrales, les interprétations frappent par un équilibre qui évite aussi bien la fadeur que la routine. Peu de Bach—Gielen au piano dans l’un des Préludes et Fugues du Premier Livre du Clavier bien tempéré puis à la baguette dans la fragmentaire Cantate BWV 50—mais ce qu’on en entend est éclairant par sa modernité, à savoir la réussite d’une synthèse toujours si difficile entre la tradition interprétative et l’apport des «baroqueux». Gielen est tout aussi à l’aise dans le style classique, sans doute un peu plus aventureux dans Haydn que dans Mozart, comme le révèlent trois Londoniennes où il se montre engagé et inspiré (Quatre-vingt-quinzième, Qutre-vingt-dix-neuvième et Cent-quatrième «Londres»). Les enregistrements beethovéniens complètent opportunément son intégrale des Symphonies, disponible au disque comme en vidéo: Coriolan, les trois Ouvertures Léonore et le Triple Concerto, avec Jörg Demus, Edith Peinemann et Antonio Janigro, dont la justesse peine trop souvent l’oreille. Schubert, enfin, impressionne par son urgence—Quatorzième Quatuor «La Jeune Fille et la Mort» (dans la version Mahler révisée par Gielen)—et sa puissance—Messe en la bémol. Vivement la suite de cette série, qui promet d’être tout aussi passionnante (SWR19007). © 2016 ConcertoNet.com





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