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S├ębastien Gauthier
ConcertoNet.com, July 2017

BEETHOVEN, L. van: Symphony No. 9 (with documentary) (Vienna Philharmonic, Thielemann) (NTSC) 737808
BEETHOVEN, L. van: Symphony No. 9 (with documentary) (Vienna Philharmonic, Thielemann) (Blu-ray, HD) 737904

Christian Thielemann, actuel directeur musical de la Staatskapelle de Dresde, fait partie des chefs dont les concerts symphoniques sont régulièrement filmés. En voici trois nouvelles preuves qui s’inscrivent chacune dans un cycle particulier puisque données avec des orchestres différents et à des époques qui, chacune, trahit un style propre au grand chef allemand.

Commençons donc, pour prendre l’ordre alphabétique des compositeurs, par la Neuvième Symphonie de Beethoven, captée en concert au Musikverein de Vienne dans le cadre d’une intégrale que les Wiener Philharmoniker avaient ensuite notamment donnée à Paris. Une fois n’est pas coutume, commençons par la réalisation du film, qui est excellente. La qualité de l’image (précisons, à l’instar de la notice d’accompagnement, que l’intégrale filmée est la première des Symphonies de Beethoven satisfaisant aux critères de la technologie Blu-ray haute résolution) est parfaite, de même que la spatialisation sonore, chaque enceinte rendant parfaitement compte des instruments avec une précision des plus appréciables. La réalisatrice Agnes Méth sait par ailleurs varier les plans avec beaucoup de recherche, permettant ainsi d’apprécier les musiciens seuls, en groupe ou dans leur ensemble, l’orchestre étant filmé dans sa totalité en plus d’une occasion, rendant ainsi compte de la monumentalité de l’œuvre, contrairement à ce que nous déplorions dans le film de la symphonie dirigée par Mariss Jansons. Les caméras s’attardent aussi en plus d’une occasion sur le chef bien sûr dont la direction était à cette époque parfois assez caricaturale—ah! ce mouvement de balancier constant! ces génuflexions!—mais qui pouvait également revêtir une incroyable sobriété, que ce soit dans le troisième mouvement ou même dans le Molto vivace, où un simple mouvement du poignet suffit à faire démarrer en trombe un orchestre des plus opulents.

Car, et maintenant venons-en à l’analyse musicale, Christian Thielemann reste le tenant d’une tradition germanique qui requiert en l’espèce un orchestre symphonique pléthorique avec ses huit contrebasses, ses bois par quatre, ses cinq cors aux côtés desquels les deux trompettes font pâle figure! Difficile dans ces conditions d’adopter un discours sinon léger, du moins véloce, d’autant que le chef berlinois a tendance à alourdir le trait (dans l’Allegro ma non troppo, un poco maestoso à 5’35 ou 13’35), l’approche pesante s’avérant parfois à la limite du supportable comme dans le pourtant noté Molto vivace (à 22’15 et à 28’30, juste avant la relance de l’orchestre par le basson solo tenu pour l’occasion par Michael Werba). Or, après deux premiers mouvements moyennement convaincants en dépit de très belles qualités individuelles (un pupitre de cors irréprochable, une petite harmonie où brillent en plus de Werba les solistes habituels, à savoir Dieter Flury à la flûte, Martin Gabriel au hautbois et Matthias Schorn à la clarinette), on assiste à un véritable tournant dans ce concert. Car Thielemann et le Philharmonique de Vienne nous délivrent un troisième mouvement d’une indicible beauté où, aux côtés de cordes souveraines, chacun contribue au climat presqu’extatique souhaité par le chef—l’entrée du hautbois et de la flûte à 38’04! Le dernier mouvement impressionne d’emblée (l’entrée des pupitres de violoncelles et de contrebasses), l’orchestre étant renforcé par un excellent Wiener Singverein et un quatuor de solistes où seule Annette Dasch connaît quelques difficultés (une voix un peu aigrelette dans les aigus). En fin de compte, et sans prétendre à surpasser le concert de la Saint-Sylvestre 1977 (Unitel) dirigé à Berlin par Karajan, une excellente version de la Neuvième de Beethoven par une Rolls dont on ne cesse, au-delà de quelque défaut par-ci par-là, d’admirer l’éclat.

Ce concert est complété par un assez long documentaire (presqu’une heure) qui permet à Christian Thielemann d’échanger avec le célèbre critique musical Joachim Kaiser sur la Neuvième. Alternant entretien entre les deux hommes (on sourira en remarquant que Thielemann a à sa disposition deux verres, un d’eau et un de vin, quand son comparse ne dispose que d’un verre d’eau…), interview de Kaiser seul, extraits (trop brefs malheureusement) de répétitions avec le Philharmonique et extraits d’autres concerts filmés (notamment Karajan et Berlin en 1968, Bernstein et Vienne en 1979 et 1989, et Paavo Järvi avec Brême dans les années 2000), ce documentaire nous éclaire utilement sur les options du chef allemand. Souhaitant trouver un moyen terme entre la précision des sextolets introductifs et le «brouillard brucknérien» du début, n’abordant pas les roulements de timbales comme l’annonce d’un cataclysme (à rebours de l’option Furtwängler en 1942 comme le souligne Kaiser), Thielemann convainc assez bien l’auditeur quant aux choix arrêtés, avouant même qu’il déteste les indications métronomiques, surtout lorsque l’on sait qu’elles ne valent pas grand-chose chez Beethoven et qu’il est difficile de les prendre au pied de la lettre… Aussi intéressant soit-il, on regrettera donc que certaines séquences ne soient pas davantage développées (répétitions, comparaisons de passages peut-être plus brefs avec d’autres concerts ou d’autres chefs); pour autant, un très bon documentaire qu’il importe de regarder avant le concert. © 2017 ConcertoNet.com





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