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Album Reviews



 
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Jean-Charles Hoffelé
ARTAMAG’, July 2017

BRUCKNER, A.: Symphony No. 3 (1877 version, ed. L. Nowak) (Dresden Staatskapelle, Thielemann) (Blu-ray, HD) 740904
BRUCKNER, A.: Symphony No. 6 (Thielemann) (NTSC) 738208
BRUCKNER, A.: Symphony No. 4, “Romantic” (1886 version, ed. L. Nowak) (Thielemann) (Staatskapelle Dresden Edition, Vol. 42) PH16064

De son temps de Munich, Christian Thielemann avait commencé sa saga Bruckner, 5e impavide pour Deutsche Grammophon, l’image s’ajoutant pour des 4e et 7e déjà publiées par C Major, où l’espace se creusait, allant jusqu’au vertige dans la 7e. Plus encore que Wagner, il était ici chez lui, ancré dans cette tradition qu’il revendique. Mais concernant Bruckner, laquelle d’ailleurs précisément ? On l’associe par facilité avec Furtwängler, mais alors pas pour Bruckner justement qu’il élève hors de toute violence, dont il tient le tempo en refusant les déflagrations dont Furtwängler l’implosait.

Il y a du Böhm dans sa manière, une façon d’inviter le temps long, de faire rayonner les notes, de creuser les accords, c’est sensible plus encore dans les adagios, où il cherche le son du silence. Celui de sa Sixième Symphonie est simplement vertigineux à force d’immobilité, il y est chez lui dans ce presque rien de sollicitation qui aux dernières pages du mouvement suscite ce rai de soleil où le hautbois chante à peine, merveille que recueille le quatuor de la Staatskapelle. Quel orchestre, tellement chez lui chez Bruckner, et qui aura appris avec Jochum à en saisir la quintessence.

Sixième d’anthologie donc, à laquelle la Troisième, filmée à la Philharmonie de Munich lors de la tournée allemande de l’orchestre en septembre 2016, ne cède que d’une courte tête, un rien raidie par une volonté marquée de clarifier les textures, on le voit d’ailleurs, Thielemann y est avare de gestes, alors que dans la Sixième, son bras allait chercher les instruments, mais comme tout cela rayonne dans la sombre lumière des Saxons ! Je suis bien curieux des 5e, 8e, et 9e déjà publiées, non distribuées en France pour l’heure.

S’y ajoute dans la collection Profil de la Staatskapelle qui avait déjà édité une jupitérienne 8e la seule captation audio d’une 4e donnée au Semperoper le 17 mai 2015. Là vraiment, le temps se suspend, plus une saillie, Thielemann joue de son orchestre comme d’un orgue dont il tirerait un à un les jeux de couleur, lecture fascinante par sa concentration, la pure beauté de sa forme : ce Bruckner, vraiment, semble sourdre d’un autre temps. © 2017 ARTAMAG’



Sébastien Gauthier
ConcertoNet.com, July 2017

BRUCKNER, A.: Symphony No. 6 (Thielemann) (NTSC) 738208
BRUCKNER, A.: Symphony No. 6 (Thielemann) (Blu-ray, HD) 738304

On le sait, Bruckner fait partie des compositeurs de prédilection de Christian Thielemann. Visiblement, le chef allemand s’est lancé dans une intégrale filmée des symphonies, achevant avec le présent opus le cycle des symphonies dites «de maturité» puisqu’ayant déjà enregistré les Quatrième, Cinquième, Septième, Huitième et Neuvième. On a déjà eu l’occasion de le dire mais, avec le temps, la direction de Thielemann a perdu en gesticulations et brutalités ce qu’elle a gagné en sérénité et autorité. Car, avec cette Sixième, il nous conduit sur des cimes brucknériennes comme, soyons honnête, peu de chefs sont aujourd’hui capables de le faire. Le premier mouvement impressionne grâce à un orchestre impeccable—cor solo en tête, mais aussi les cordes et n’oublions pas le formidable Thomas Käppler aux timbales!—conduit avec une maîtrise souveraine qui atteint son apogée dans la coda, peut-être la plus belle coda jamais composée par Bruckner avec celle qui conclut la Huitième. Le deuxième mouvement -Adagio. Sehr feierlich) s’avère des plus recueillis avant un Scherzo à la texture presqu’allégée, chose que l’on ne retrouvait pas il y a quelques années encore chez Thielemann. Après un dernier mouvement triomphal où l’orchestre applaudit son chef dès le premier rappel, c’est le public qui salue bien bas une interprétation de tout premier plan. L’excellent Henning Kasten est à la manœuvre pour superviser le film du concert, tourné sous les ors du Semperoper, alternant avec beaucoup de naturel vues de l’orchestre, des musiciens et du chef, dont la direction, souvent imperceptible, fonctionne grâce à une gestique impérieuse (à 14’55, dans le premier mouvement). Une splendide version. © 2017 ConcertoNet.com





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