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Simon Corley
ConcertoNet.com, October 2016

Le nom de Paul von Klenau (1883–1946) est resté attaché à une sympathie sans équivoque pour le IIIe Reich et son idéologie: bien qu’étant un des premiers défenseurs du dodécaphonisme, il préférait en attribuer la parenté à Matthias Hauer et à Alban Berg qui, à la différence de Schönberg, «étaient tous Aryens». En 1940, il épouse Margarethe (divorcée du frère aîné de Gustav Klimt), directrice jusqu’en 1943 de l’office de la mode (Modeamt) de Francfort. Dès lors, si le compositeur danois, comme beaucoup d’autres, revient au pays, c’est non pas en 1938 mais en 1939, et c’est non pas pour fuir le nazisme mais parce que la surdité l’empêche désormais d’exercer ses activités à Vienne. C’est alors qu’il écrit coup sur coup ses cinq dernières symphonies (les quatre premières étaient nées, elles aussi, de façon très rapprochée, entre 1908 et1913). Les deux dernières sont restées inédites jusqu’à la découverte, ces toutes dernières années, d’un grand nombre de manuscrits: c’est donc seulement en mars 2014 que l’ultime symphonie—une Neuvième, comme il se doit—composée entre décembre 1944 et novembre 1945, a été donnée pour la première fois à Copenhague. Qui dit Neuvième Symphonie dit bien évidemment solistes, chœur et orchestre mais la référence à Beethoven s’arrête là, car les huit mouvements, d’une durée totale de près d’une heure et demie, opèrent une sorte de fusion entre une symphonie et un requiem, les quatre mouvements vocaux étant fondés sur des textes latins (une adaptation de la traditionnelle séquence de la messe des morts ainsi qu’un texte de la main même du compositeur). Dacapo, qui avait déjà édité des enregistrements des Première, Cinquième et Septième voici plus de dix ans, publie la captation de la création de l’œuvre sous la direction de Michael Schønwandt, à la tête des forces de la Radio danoise (Chœur national de concert danois et Orchestre symphonique national danois), sorte de reconnaissance posthume à l’égard de Klenau qui, de son vivant, n’avait guère rencontré de succès au Danemark. Rien à voir, au demeurant, avec les grands symphonistes danois contemporains, Nielsen et Langgaard, et, malgré un dévouement apparemment véritable pour la musique moderne, rien à voir avec Schönberg ou Berg, le caractère sériel ou atonal n’étant pas plus manifeste que dans certaines pages de Liszt ou Strauss. Décrivant une puissante trajectoire des ténèbres («Requiem aeternam») vers l’éclatante lumière conclusive («Stella lucet»), la partition, fondée sur un solide contrepoint et parcourue de vigoureuses implorations de paix («Eternelle contradiction de la vie: en temps de paix, nous nous lassons et, rêvant d’actes héroïques, nous nous ruons pour prendre les armes pour ne désirer, pendant les combats, que la paix» et, bien sûr, «Dona nobis pacem»), s’inscrit résolument dans le postromantisme germanique, celui des grandes fresques de Schmidt et Braunfels. © 2016 ConcertoNet.com





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