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Jean-Charles Hoffelé
ARTAMAG’, August 2017

HINDEMITH: THE STRING QUARTETS WER6960-2
HINDEMITH, P.: String Quartets (Complete) (Amar Quartet) 8.503290

Paul Hindemith avant même de fonder en 1921 avec Rudolf, son frère violoncelliste, ce quatuor mythique qui prendra le nom de son violoniste, Licco Amar, avait déjà écrit quatre grands quatuors, initiant sa série de sept opus l’année de ses vingt ans avec une partition splendide (son Opus 2, longtemps désigné comme le “quatuor No. 0”, aujourd’hui No. 1) commençant chez Brahms pour finir chez Zemlinsky, partition géniale où se dévoile tout le devenir du compositeur.

Les Juilliard, précédés in extremis par l’entreprise pionnière des Kocian inspirée par Pierre-Emile Barbier pour Praga, en gravèrent la seconde intégrale mondiale sur la saison 1996–1997, ultimes enregistrements de la formation avec Robert Mann, son premier violon historique.

Si le geste est transcendant pour l’esprit comme pour la lettre, la justesse souffre parfois, l’écriture dissonante voir polytonale d’Hindemith à partir du Quatrième Quatuor composé pour les Amar l’année-même de leur fondation rendant tout périlleux. Mais il faut passer outre ce défaut pour saisir pleinement la portée historique du corpus légué par l’auteur de Mathis le peintre : rien moins que l’un des cycles essentiels du quatuor à cordes du XXe siècle au même degré que ceux de Bartók, Schoenberg, Zemlinsky ou Chostakovitch.

Plus décantée, plus maîtrisée, faisant entendre dans le foisonnement chaque détail de leurs écritures si ouvragées, les sept Quatuors selon les Amar—Anna Brunner et ses amis ont repris non seulement le nom du quatuor d’Hindemith mais aussi ressuscité son répertoire—dessinent avec encore plus de netteté l’évolution de la syntaxe, l’aspect aventureux de ce vaste journal en plusieurs tomes où l’on voit la modernité à l’œuvre, expérience fascinante qui nous plonge au cœur du laboratoire musical du siècle dernier. © 2017 ARTAMAG’



Jérémie Bigorie
ConcertoNet.com, June 2017

«Clef de voûte de l’abondante musique de chambre d’Hindemith» selon Harry Halbreich, le cycle des quatuors à cordes n’égale pas en renommée ceux de Bartók, de Chostakovitch ou de l’Ecole de Vienne. Certes, le style d’Hindemith reste profondément ancré dans la tradition germanique en ce qu’il accorde la primauté à la structure et à la forme aux dépens du timbre (on y chercherait en vain le catalogue de modes de jeu d’un Bartók), mais ce serait mettre de côté la maîtrise jubilatoire et insolente qui s’en dégage.

Le jeune Quatuor Amar ne manque pas d’ambition, qui choisit, à la faveur de l’anniversaire des cent ans du compositeur en 1995, de sceller l’acte de sa naissance sous les auspices du quatuor éponyme fondé par Hindemith (alto) lui-même et le violoniste Licco Amar en 1922. Enregistrée sur deux ans, cette intégrale compte bien les sept quatuors, sachant que le Premier (opus 2) ne fut édité qu’en 1994 – Harry Halbreich ne put donc le faire figurer dans son analyse (Guide de la Musique de chambre, Fayard, 1989) laquelle, limitée à six quatuors, désigne comme Premier le Deuxième, et ainsi de suite…

On recommandera de les écouter dans l’ordre chronologique afin de percevoir une trajectoire fascinante, de l’ambitieux Premier (plus de quarante minutes!), fruit d’un musicien de dix-neuf ans, à l’ultime Septième (1945), qui renoue avec l’esprit du divertissement et une technique instrumentale des plus limpides. Entre-temps, l’énergie bondissante du Deuxième (1918), le fascinant Troisième (1920) montrant pour la dernière fois Hindemith aux prises avec des influences contradictoires (Reger, postromantisme), le (relativement) populaire Quatrième (1921), le «cérébral et constructiviste» (Halbreich) Cinquième (1923) et la perfection classique du Sixième (1943) auront suffi à asseoir la réputation d’Hindemith sur la scène musicale internationale.

La maestria instrumentale comme la qualité de la mise en place impressionnent. Sans doute plus à leur affaire dans l’objectivité caractéristique du Hindemith de la maturité, les Amar ne déméritent pas dans les deux premiers opus du corpus mais manquent un peu de souffle et de sens de la grande arche. A noter le jeu de chaises musicales auquel se livrent Anna Brunner et Igor Keller, alternant les rôles de premier et second violon au gré des œuvres. Dans l’attente d’une intégrale du Quatuor Julliard annoncée par le label Wergo, celle du Quatuor Amar rejoint la réussite du Quatuor Danois (CPO) et s’impose même, compte tenu de la politique tarifaire très alléchante de Naxos, comme premier choix. © 2017 ConcertoNet.com





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