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S├ębastien Gauthier
ConcertoNet.com, May 2017

Le tour de force mérite d’être salué puisqu’en seulement deux sessions d’enregistrement qui se sont respectivement tenues les 5 et 6 septembre 2011 ainsi que les 30 et 31 mai 2012, Christian Benda a gravé à la tête du Sinfonia de Prague l’intégrale des ouvertures de Rossini, au nombre de trente, qui forment donc ce coffret de quatre disques. Intégrale? Pas tout à fait à vrai dire puisqu’on ne trouvera par exemple ni l’Ouverture de La Dame du lac ni celle de La Pierre de touche (même si celle de Tancrède lui ressemble certes fortement…), ni d’ailleurs celle de L’occasione fait le larron ou de Cyrus à Babylone (rappelons au passage que Le Voyage à Reims ne comporte pas d’ouverture, le morceau apocryphe en ayant parfois tenu lieu n’étant qu’une reprise de la musique de ballet du Siège de Corinthe). Pour autant, c’est bien la première fois que l’auditeur dispose ainsi d’un tel ensemble où l’on trouvera entre autres raretés les ouvertures d’Eduardo et Cristina, Torvaldo et Dorliska ou de Bianca et Falliero. L’intérêt de cette somme réside finalement davantage dans cette opportunité que dans la diversité ou l’interprétation de ces trente ouvertures. Car les «ficelles» rossiniennes, pour appréciables qu’elles soient, ont tendance à se répéter (surtout lorsqu’on écoute à plusieurs reprises autant d’ouvertures d’affilée!): des introductions assez pompeuses, une verve par la suite qui éclate avec force piccolo et percussions, des échanges finalement assez classiques entre cordes et vents… Mais comment ne pas apprécier ces soudaines accélérations de cordes, ces bois d’une finesse généralement exemplaire (la clarinette solo et le piccolo à partir de 4’05 dans la rarissime Ouverture de Matilde di Shabran, la clarinette solo toujours dans celle d’Hermione ou, cette fois-ci, l’ensemble des bois dans celle d’Eduardo e Cristina), ces cuivres éclatants (l’assurance du cor solo dans l’Ouverture de Mariage par lettre de change!), ces facéties du compositeur (les archets qui claquent sur les pupitres dans l’Ouverture d’Monsieur Bruschino même si on pourra les trouver un peu lourds comparés à ceux du Philharmonia sous la baguette de Giulini, EMI), ce recours imaginatif aux percussions comme la caisse claire dans l’Ouverture de La Pie voleusecette symphonie si pittoresque» comme la qualifiait Stendhal dans sa Vie de Rossini)… Même si le Sinfonia de Prague n’est pas mauvais, l’interprétation manque un peu trop souvent de caractérisation et même de verve, étant entendu que Christian Benda semble plus à son aise dans les ouvertures les moins connues, les plus célèbres souffrant peut-être de la comparaison (ici, celle de Guillaume Tell frappe par son inertie et son manque de dynamisme tandis que celle du Barbier de Séville pâtit d’une accélération finale dont on comprend mal l’intérêt) et donc des gravures à la tête des meilleurs orchestres mondiaux dont elles ont pu faire l’objet. Globalement bien enregistrées (encore que les trombones, outre une fragilité technique perceptible, soient très lointains dans l’Ouverture de Mahomet II vers 6’15), ces diverses ouvertures ravissent l’oreille et, quitte à contredire Stendhal (qui trouvait dans son maître-ouvrage sur Rossini que celle de L’Italienne à Alger était «trop gaie; [et que] c’est un grand défaut»), nous mettent bien souvent le sourire aux lèvres. Même si cet ensemble s’avère des plus recommandables, on n’en oubliera pas pour autant les disques consacrés aux ouvertures les plus célèbres signés Giulini (EMI), Reiner ou Abbado (tous deux chez RCA), dont le naturel et l’excellence orchestrale demeurent des références. © 2017 ConcertoNet.com





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