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Simon Corley
ConcertoNet.com, January 2012

Dans un pays qui persiste à ignorer la plupart des principaux symphonistes du siècle passé, on a quelques scrupules à s’aventurer à défendre la cause de Howard Hanson (1896–1981), même si ce n’est pas pour le comparer à certains de ses proches prédécesseurs (Sibelius, Nielsen) ou contemporains (Martinů, Chostakovitch, Tubin)—au demeurant, ce n’était sans doute pas son ambition que de rivaliser avec eux. Mais si son langage ne se veut ni inventif ni novateur, le compositeur américain n’en possède pas moins une puissante fibre de symphoniste, servie par une écriture orchestrale certes traditionnelle mais d’excellente facture, et maîtrise les grandes formes avec une véritable aisance.

Né de parents suédois immigrés dans le Nebraska, Hanson, qui a par ailleurs dirigé et enregistré ses partitions ainsi que celles de bon nombre de ses confrères compatriotes, a notamment laissé sept Symphonies, écrites entre 1922 et 1977, parmi lesquelles la Deuxième «Romantique» est parvenue à acquérir une véritable notoriété dans son pays. Dans sa série «American Classics», Naxos réédite l’intégrale qu’en ont réalisé voici une vingtaine d’années chez Delos Gerard Schwarz et l’Orchestre symphonique de Seattle, dont il fut le directeur musical de 1985 à 2011 (poste auquel Ludovic Morlot lui a succédé cette saison) et dont il est désormais conductor laureate.

Commande du CBS Symphony, la Troisième Symphonie (1938) respire les grands espaces, mais pas à la manière descriptive et extérieure d’un Grofé (Grand Canyon Suite), voire d’un Copland, et pas non plus de la manière plus héroïque ou inquiète d’un Harris—ces deux derniers ont eux-mêmes composé à la même époque une Troisième qui se situe au sommet de leur œuvre. Le «romantisme» qui était déjà celui de la Deuxième, revendiqué jusque dans son sous-titre, continue de s’imposer sans réserve, mais s’il ne perd rien en générosité et en puissance, il n’apparaît jamais galvaudé et conserve une profonde et chaleureuse noblesse, déployant une grandeur qui sait se garder de la boursouflure. Indéfectiblement tonale, la musique n’élude en rien les conflits et se révèle d’une très grande force expressive, évoquant Sibelius, voire Bax ou le premier Tubin, plus lointainement encore Chostakovitch ou Hindemith—mais on y pressent aussi tout ce que le John Adams de Harmonielehre, un demi-siècle plus tard, a peut-être pu y trouver. Ces influences sont patentes—le Scherzo ne peut pas ne pas rappeler aussi bien celui de la Symphonie «Du nouveau monde» de Dvorák que celui de la Première de Sibelius— mais ne s’apparentent jamais à un vil et paresseux chapardage, s’intégrant avec bonheur dans un discours personnel.

La version dirigée par le compositeur lui-même chez Mercury n’étant pas aisément disponible, le présent disque s’impose donc de lui-même. Le complément est court, mais pas indifférent, puisqu’il s’agit de la Suite (1938) tirée par le compositeur de son opéra d’après une nouvelle de Hawthorne, Merry Mount (1934), par ailleurs intégralement disponible chez Naxos (également sous la direction de Schwarz): une brève Ouverture suivie de trois pages symphoniques, la dernière, «Prélude à l’acte II et Danses de Maypole», la plus développée, n’ayant pas grand-chose à envier à Appalachian Spring de Copland. © 2012 ConcertoNet.com





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