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Christine Labroche
ConcertoNet.com, November 2016

Naxos réédite progressivement le catalogue des enregistrements de la British Music Society, fondée en 1979, dont la raison d’être reste encore aujourd’hui de promouvoir les compositeurs britanniques tombés dans un oubli relatif au cours des séismes musicaux et sociétaux du siècle dernier. Le pianiste et pédagogue Raphael Terroni (1945–2012) en fut l’un des membres fondateurs, actif sur tous les fronts. Parmi les moins méconnus, peut-être, pour certains, il s’intéressait en particulier à Lennox Berkeley, Frank Bridge, Arthur Butterworth, Eric Coates, Josef Holbrooke, Kenneth Leighton et Cyril Scott, et les concerts et enregistrements consécutifs auxquels il participa furent pour la plupart bien accueillis par la critique. Fondé en 1985 et toujours actif aujourd’hui, le Quatuor Bingham le rejoint pour un récital récemment réédité qui propose l’unique Quintette avec piano de Frank Bridge (1879–1941) et le Premier de Cyril Scott (1879–1970).

Violoniste, altiste, chef d’orchestre et quartettiste de renom, Frank Bridge fut sensible, sa vie durant, tout autant aux courants nouveaux qui se dessinaient «sur le continent» qu’aux courants britanniques qui, en début de siècle, redécouvraient l’âge d’or élisabéthain et la musique traditionnelle à l’instar de Charles Villiers Stanford, son professeur de composition, et de confrères tels Ralph Vaughan Williams ou Gustav Holst. Composé en 1904–1905 (H.49) et extensivement révisé en 1912 (H.49a), le Quintette avec piano en ré mineur appartient pleinement à sa première manière, encore influencée par Brahms, par les postromantiques et peut-être par un Fauré. La version révisée, de structure ferme et d’une belle respiration aérée, épanouie, fougueuse et passionnée, est en trois mouvements fluides mais percutants, Bridge ayant resserré les deux mouvements extérieurs des quatre d’origine et créé un mouvement central en arche par l’insertion du Scherzo retravaillé au sommet de l’Adagio, ce avec une efficacité tout à fait originale. L’ensemble a beaucoup d’allure.

Cyril Scott est connu pour son style impressionniste mais, bien que souvent appelé «le Debussy anglais», le style du Quintette avec piano paraît relever d’un impressionnisme bien moins incisif et parfois nébuleux. Malgré ses fulgurances et une certaine intensité, il reste plutôt loin de l’étoffe et de la précision d’un Debussy autant dans les thèmes et les motifs que dans leur exploitation. Toutefois, le premier impact peut tromper. Scott sut se dégager d’un certain conservatisme et jusqu’à l’influence directe de Humperdinck et de Knorr, ses professeurs à Francfort, pour élaborer son propre style créatif inspiré des principes du Vedānta; une oreille attentive décèle une écriture harmonique hautement personnelle axée sur les timbres et une facture complexe aux ambiguïtés tonales avec de fréquentes variations métriques qui ne nuisent pas au flux, une rythmique instable et de récurrents glissements d’accords modulés aux intervalles égaux… Le Premier Quintette parachevé en quatre mouvements date probablement de 1911 mais une gestation prolongée peut-être depuis 1904–1905, plusieurs révisions et des dates de création (1920) et de publication (1924–1925) tardives freinent toute certitude à ce propos.

L’interprétation convaincante bénéficie d’une prise de son équilibrée, claire et aérée et ne manque ni de sensibilité ni d’engagement. © 2016 ConcertoNet.com





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