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Album Reviews



 
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Simon Corley
ConcertoNet.com, August 2016

Les «oubliés» de la musique que les nazis qualifiaient de «dégénérée», tels Haas, Klein, Krása, Schulhoff et Ullmann, ont retrouvé depuis une vingtaine d’années une juste reconnaissance de leur talent, anéanti dans la pleine force de l’âge. Il reste toutefois encore à découvrir certaines des victimes de cette barbarie, à l’image de Marcel Tyberg (1893–1944). Né à Vienne, fils d’un couple de musiciens amis du violoniste Jan Kubelík, il s’établit en 1927 en Croatie, à Opatija (ville alors italienne, sous le nom d’Abbazia), où il compose dans tous les genres, enseigne et dirige. Ce catholique pratiquant, organiste et auteur de deux Messes, est arrêté parce que son arrière-arrière-grand-père maternel était juif et est assassiné à Auschwitz le 31 décembre 1944. Heureusement, peu de temps avant son arrestation, il avait eu la prudence de confier ses manuscrits à un ami, dont le fils, médecin à Buffalo, s’est attaché, depuis le début des années 1990, à faire connaître ce destin tragique: Rafael Kubelík disparut trop tôt pour pouvoir aller au-delà de le seule émotion de retrouver, près d’un demi-siècle plus tard, la personnalité et la musique de son ami et aîné, mais la chef d’orchestre JoAnn Falletta (née en 1954), convaincue par la lecture des partitions, a enregistré la Troisième et ultime symphonie (couplée avec le Trio avec piano) chez Naxos. Elle consacre maintenant un deuxième disque à Tyberg, toujours avec son Orchestre philharmonique de Buffalo, cette fois-ci centré sur la Deuxième Symphonie (1931), créée par le tout jeune Kubelík et la Philharmonie tchèque. Sans aucun lien avec les audaces de cette génération de compositeurs juifs pourchassés par le IIIe Reich, la musique exprime une indéfectible fidélité à la tradition de la symphonie autrichienne du XIXe: le traitement de l’orchestre est tout à fait traditionnel et, à maintes reprises, l’oreille surprend des climats, des caractères voire des citations de Bruckner ou, plus encore, de Schubert—à l’occasion du centenaire de sa mort, il a d’ailleurs composé un scherzo et un finale destinés compléter l’Inachevée. En complément, Fabio Bidini (né en 1968) donne la Seconde Sonate pour piano (1934): le poids du passé y apparaît tout aussi écrasant, sinon qu’on entend ici davantage le jeune Brahms—celui de la Deuxième Sonate, par exemple, également en fa dièse mineur—que Schubert. © 2016 ConcertoNet.com



La Presse, November 2013

Le disque continue de nous apporter ce que le concert nous refuse trop souvent: la révélation de compositeurs et d’oeuvres injustement oubliés. Découverte par JoAnn Falletta et enregistrée par l’Orchestre Philharmonique de Buffalo, dont elle est la maestra, la deuxième Symphonie de Marcel Tyberg révèle du même coup l’existence de ce compositeur autrichien victime de l’Holocauste en 1944. L.:oeuvre rappelle Bruckner par son éloquente puissance et Dvorak par sa tendresse. En complément: la deuxième Sonate pour.piano du même Tyberg, magistralement brahmsienne sous les doigts de Fabio Bidini. © 2013 La Presse



Christophe Huss
Le Devoir, August 2013

Quel bel été de découvertes ! Après les Trios de Napoléon Henri Reber chez Timpani, voici Marcel Tyberg (1893–1944), un Viennois mort à Auschwitz. Rafael Kubelik, ami de Tyberg, dirigea cette 2e Symphonie dans les années 1930 en première mondiale à Prague. Mais c’est à Buffalo que cette symphonie a refait surface. Elle avait été confiée par le compositeur pourchassé à des amis italiens dont le fils, médecin à Buffalo, a remis les partitions à JoAnn Falletta. La découverte de Tyberg est fort stimulante. Même si la notice ne s’étend pas sur ce lien, Marcel Tyberg, lui-même professeur et organiste, apparaît obsédé par Bruckner. Cette inspiration musicale, comme si le temps symphonique s’était figé, est aussi passionnante à découvrir que le mimétisme entre Weinberg et Chostakovitch. Un peu étrangement enregistrée, la sonate pour piano est, elle, post-brahmsienne et plus générique. © 2013 Le Devoir





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