Classical Music Home

Welcome to Naxos Records

Email Password  
Not a subscriber yet?  
Keyword Search
 in   
 Classical Music Home > Naxos Album Reviews

Album Reviews



 
See latest reviews of other albums...

Florent Coudeyrat
ConcertoNet.com, November 2016

Il existe à ce jour peu de disques disponibles présentant des œuvres d’Ulvi Cemal Erkin (1906–1972), plus connu en tant que membre du groupe des «Cinq Turcs». On connaît mal cette génération de compositeurs de la première moitié du XXe siècle, ayant pourtant fait ses études musicales en Europe sous la houlette des plus grands pédagogues. C’est précisément le cas du surdoué Erkin, encouragé par ses parents à intégrer le Conservatoire de Paris afin de suivre, notamment, les cours de composition de Nadia Boulanger. Entre 1925 et 1930, ces cinq années passées dans la capitale vont marquer durablement son style, enrichi par ailleurs de la collecte de motifs populaires recueillis dans toute l’Anatolie, donnant à ses œuvres un coloris oriental qui rappelle autant Rimski-Korsakov que Khatchatourian. L’une de ses œuvres les plus célèbres, la danse rhapsodique Köçekçe (1943), ouvre ce disque, hommage éclatant aux spectacles travestis en vogue dans les harems ottomans jusqu’à la fin du XIXe siècle. Avec l’emploi des percussions typiques, on a là le souvenir lointain des turqueries ayant jadis inspiré Mozart (L’Enlèvement au sérail) ou Haydn (Symphonie militaire), pour ne citer qu’eux. On retrouve dans le tout dernier mouvement de la Deuxième Symphonie, composée en 1948 mais seulement orchestrée en 1958, la référence à des danses où Erkin fait valoir un emploi étourdissant de la rythmique sur des thèmes folkloriques. Une autre très belle œuvre, dirigée par un excellent Theodore Kuchar à la tête de l’Orchestre symphonique d’Etat d’Istanbul, conclut ce disque sur le Concerto pour violon, composé en 1947, avec James Buswell en soliste. Erkin est proche du style de Prokofiev, tout en y incorporant là encore des «coloris orientaux», donnant toute sa saveur et son originalité à ce disque hautement recommandable. © 2016 ConcertoNet.com



Jean-Charles Hoffelé
ARTAMAG’, October 2016

Ulvi Cemal Erkin (1906–1972), vous connaissez ? Fut un temps où son œuvre la plus célèbre, Köçekçe une rhapsodie de danses que Kodály n’eut pas désavouée, courait le répertoire des orchestres : la Turquie était encore kémaliste et aspirait à jouer dans le grand concert européen. Avec quatre de ses confrères—dans ce groupe seul, Ahmet Adnan Saygun aura montré autant de génie—il fondera de toute pièce une musique classique turque construite sur les formes occidentales.

Mais pour l’imaginaire sonore, pour les thèmes et les couleurs, c’est toute la grande musique turque de l’Empire Ottoman qui s’est engouffrée dans la création d’Erkin. Du moins, la propagande politique espéra le faire croire. Si Erkin est sensible aux musiques de son « Empire disparu » comme il le disait lui-même, son art est absolument balkanique, et partant européen. Qui entend sa musique fait immédiatement le partage entre les saveurs anatoliennes, et une écriture plus proche de Bartók, Kodály, Enesco ou Vladiguerov que de quoi que ce soit d’absolument turque. C’est l’Empire à l’envers, l’empire dévoré, phagocyté par ses colonies, c’est Vienne après la Première Guerre mondiale, Istanbul inféodé à Bucarest et à Budapest.

Mais mon Dieu, quelle musique ! Comment résister au brio ravageur de Köçekçe avec lequel l’inusable Theodore Kuchar ouvre cet album que j’espère le premier d’une série. Il a le sens de cette musique, sacrifie autant aux taksim qu’à l’incroyable virtuosité de cette écriture, entraînant l’Orchestre Symphonique d’État d’Istanbul dans une furia de couleurs et d’accents, mais construisant aussi avec art le discours plus lyrique de la Deuxième Symphonie.

Chef-d’œuvre de l’album, le Concerto pour violon, œuvre folle, explosive, fascinante, dont le Finale en ostinato semble avoir été écrit pour David Oistrakh, qui hélas n’en sut jamais rien. Bravo à James Buswell de la ressusciter avec autant de brio, même si le live de la création européenne (Bruxelles) par la grande violoniste turque Ayla Erduran, publié il y a quelques années, nous semble d’une tout autre intensité expressive.

Et maintenant, vite !, un second volume dans cette série Naxos ! © 2016 ARTAMAG’





Naxos Records, a member of the Naxos Music Group