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Album Reviews



 
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Jean-Marie André
Crescendo (France), February 2014

Les pianistes connaissent bien le nom de Tansman; l’éditeur parisien Max Eschig en faisait la publicité sur les dernières pages de quelques-unes de ses partitions. Y apparaissaient les premières mesures de ses Novelettes ou de son pittoresque Tour du monde en miniature. Notre pays l’avait honoré; il avait été élu membre associé de la classe des arts de l’Académie royale de Belgique en 1977. Pourtant, ses oeuvres n’étaient guère inscrites aux programmes. L’imparfait est de rigueur car depuis quelques années, sous l’impulsion de la fondation qui porte son nom, de nombreux enregistrements prennent place aux catalogues de labels comme Chandos ou Naxos principalement. C’est ainsi que chez Chandos, Oleg Caetani a enregistré ses neuf symphonies, souvent en premier recording, principalement avec le Melbourne Symphony Orchestra et plus rarement avec l’Orchestra della Svizzera Italiana. Naxos a déjà à son actif la musique pour clarinette, qu’elle soit chambriste ou concertante. C’est pour la même qu’Eliane Reyes enregistre la musique pour piano dont voici le second CD. Le premier comprenait les 24 Intermezzi et la Petite Suite et avait été salué unanimement par la critique. Ce second enregistrement qui couvre deux décennies de composition (de 1929 à 1949) mérite les mêmes éloges. On peut qualifier Alexandre Tansman de compositeur néoclassique. On entend résonner du Bach, du Chopin, du Stravinsky dans sa musique. Le jeu élégant et délicat d’Eliane Reyes en saisit tous les contrastes. On reste admiratif devant la belle cohérence de cet enregistrement. La notice intéressante de Gerard Hugon permet de mieux comprendre la structure des oeuvres proposées. Un must donc pour les inconditionnels de Tansman. Et à leur intention, signalons enfin qu’une partie de ses oeuvres pour violoncelle et piano est disponible chez Dux et que son concertino pour piano et sa pièce concertante pour la main gauche viennent d’être édités par CPO. © 2014 Crescendo (France)



Nicolas Mesnier-Nature
ResMusica.com, January 2014

Compositeur très prolifique d’origine polonaise, si Alexandre Tansman écrivit en quantité pour tous les genres, ses œuvres pour piano sont quant à elles au nombre imposant d’une centaine. La sélection choisie pour cette publication pianistique couvre vingt années créatrices, des années 30 aux années 50. Le choix des morceaux est stylistiquement intéressant puisqu’il nous permet de connaître les différentes facettes de cet auteur bien représentatif des personnalités créatrices du vingtième siècle, tentées à la fois par le retour à l’ancien et l’attraction de la modernité. Bijoux néo-baroques de la Suite dans le style ancien, miniaturismes poétiques des Cinq impressions ou des Arabesques, modernités tragiques des Ballades, hommages néo-classiques des Cantilènes dédiées à Bach, la diversité des impressions sonores est un reflet de la multiplicité des influences et de son talent.

Pour son second album en solo de son intégrale consacré à Tansman, désormais assez bien représenté discographiquement, la jeune pianiste belge Eliane Reyes confirme son engagement et sa curiosité musicale. Associant la virtuosité nécessaire à la poésie sous-jacente, tout nous ravit au gré de morceaux dont le condensé narratif est un trait du syncrétisme musical de la pensée. Notre préférence va toutefois aux trois Ballades, composées en 1941, dans une période générale historique et personnelle très critique, Tansman attendant de partir vers l’exil aux États-Unis. Elles sont représentatives de ce que l’auteur a pu sans doute écrire de meilleur et de plus intérieur pour le clavier, à défaut d’avoir une vision globale que nous attendons toujours. Elles permettent donc à la pianiste d’y exprimer tout son talent, tant la richesse musicale de ces textes y est majeure. L’intérêt éditorial est renforcé car les Ballades sont enregistrées en première mondiale.

Les conditions techniques d’enregistrement, pourtant issues d’une studio professionnel, alliées à une sonorité assez ingrate du clavier dans le médium-aigu, ne sont qu’une bien maigre critique eu égard à l’intérêt artistique de cette édition sur le label de la découverte à petit prix. © 2014 Resmusica.com



Jean-Marc Warszawski
Musicologie.org, January 2014

Né en Pologne en 1897, Alexandre Tansman, qui étudie le droit et la philosophie, s’affirme très jeune, dans un pays qui vient d’accéder pour la seconde fois à l’indépendance, comme un compositeur exceptionnel. Dès son arrivée à Paris dans les années 1920, il conquiert le public et le monde musical en interprétant ses œuvres pour piano, et forme ce qu’on appelle l’École de Paris avec d’autres compositeurs d’Europe centrale, dont Bohuslav Martinů ou Alexandre Tcherepnine.

Les plus importants chefs d’orchestre mettent ses œuvres à leur programme, y compris aux États-Unis au cours d’une brillante tournée où il finit par diriger lui-même ses œuvres. Il a tout juste trente ans.

Définitivement installé à Paris, il est naturalisé français en 1937, s’exile aux États-Unis au temps de l’occupation hitlérienne et du gouvernement pétainiste, puis revient en France, retrouvant le succès.

Ses œuvres ont la fluidité et la spontanéité qui marquent une grande facilité à composer, tant par le sens mélodique que pour la sûreté rythmique. Elles appartiennent à ce que l’avant-garde du début du xxe siècle a produit de plus achevé.

En cassant les cadres formels issus du classicisme (et les rhétoriques musicales allant avec), institutionnalisés par les différentes écoles du xixe siècle (ce qu’on appelle à contresens le romantisme), les compositeurs de cette époque se sont donné des possibilités expressives et poétiques nouvelles, propres à accueillir de manière plus incisive l’évolution roturière des esthétiques musicales, s’imbibant de la vie réelle, et non plus vouées à la bienséance des cours ou aux fantasmes identitaires de salons.

En écoutant ces pièces pour piano, on ne peut s’empêcher de penser à Maurice Ravel en parallèle.

En parallèle, car les sources d’inspirations ne sont pas les mêmes. Le passé français et le sud, pour Ravel, le passé allemand et le nord pour Tansman.

Il y a ainsi la magnifique Suite dans le style ancien de Tansman, et la merveilleuse suite du Tombeau de Couperin de Ravel, il y a chez les deux des emprunts aux idiomes jazz, aux musique populaires, à la tradition, l’humour, le brillant, le soin méticuleux.

On entendra chez Tansman des accroches profondes à Bach, aussi à Chopin, aux « romantiques » allemands, des motricités à la Stravinski qui fut l’un des ses proches amis, au jazz.

Après avoir enregistré pour Naxos de la musique de chambre, puis en première mondiale les 24 intermezzi, c’est le « troisième disque Tansman » d’Éliane Reyes et le second entièrement consacré au piano.

Ce répertoire de formes condensées, très en verve, explorant tout à la fois les formules musicales plus brodantes que développantes, et des émotions poétiques aussi variées que contrastées, convient parfaitement à la pianiste, dont la délicatesse et l’élégance de jeu évitent le risque de surcharge et de grossissement des traits que comporte cette musique, et en fin de compte y gagne en expression. Elle a su donner à l’ensemble une cohérence musicale et affective et rester dans un beau son qu’elle de force jamais.

Au résultat, ce cédé, malgré la diversité des œuvres, est d’une belle cohérence stylistique et sonore. Il s’écoute comme un récital. © 2014 Musicologie.org





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