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Album Reviews



 
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Claude Gingras
La Presse, April 2015

Voici donc la no 1, en mi bémol, op. 2, et la no 2, en la mineur, op. 55, défendues avec ferveur par l’Orchestre symphonique de Malmö, Suède, et son chef Marc Soustrot. L’influence de Mendelssohn dans la no 1 et de Schumann dans la no 2 n’empêche pas d’admirer chez le jeune Saint-Saëns la maîtrise de l’écriture et de l’orchestre, et même de l’imagination dans le finale de la no 2. Disque virtuose couronné par la course folle du mythologique Phaéton. © 2015 La Presse




Gérard Condé
Diapason, April 2015

La Symphonie n° 2 (1859) de Saint-Saëns témoigne d’une étonnante originalité par rapport aux modèles qui avaient cours en France dans ces années-là : les symphonies de son ami Gounod, notamment. Sans doute se souvient-elle de Beethoven. Pasdeloup, qui proclamait « Faites des symphonies comme Beethoven, et je les jouerai ! » pour éloigner les solliciteurs, se montra conséquent en la créant. Mais, avec le fugato de l’Allegro initial, puis au fil du Scherzo, le jeune Saint-Saëns annonce Brahms à s’y méprendre—harmonie, couleur orchestrale, rythmes contrariés—tandis que le mouvement de valse, second thème de l’Allegro, anticipe sur Tchaïkovsky. Enfin il y a l’étonnant arpège de l’introduction (gravissant les tierces sur la tonique comme un accord de treizième) ansolument inouï et d’une tranquille audace, qui deviendra le thème du fugato. L’interprétation et la prise de son rendent justice à une orchestration dont la plénitude séduit autant que les détails.

La même remarque vaut pour Phaéton (1873), dont l’ascension et la chute ont fourni à Saint-Saëns matière à une progression juvénile jusqu’au climax foudroyant. Marc Soustrot, qui tient les rênes avec autrement d’adresse que son héros, ménage la montée en puissance de l’orchestre pour conférer au déchaînement central puis à la péroraison une nécessité structurelle qui transcende le prétexte.

Attachante et singulière, la première symphonie (Opus 2) frappe par la précoce sûreté de l’auteur. Créée en décembre 1853 derrière le voile d’un maître allemand anonyme (ce que suggérait l’instrumentation pléthorique d’un finale beethovénien), elle n’a pas la grâce immédiate de celle de Bizet (qui se contenta de pasticher supérieurement Gounod). Elle vise plus haut—vers l’« Eccossaise » de Mendelssohn (Allegro), Roméo de Berlioz (Adagio) ou la « Grande » de Schubert (Scherzo)—avec ce goût partagé entre l’académisme et le pittoresque qui fait le charme ou les limites de Saint-Saëns. L’Adagio est un chef-d’œuvre d’inspiration et de conduite. Là encore le Malmö Symphony trouve les couleurs, le phrasé et l’equilibre entre les pupitres qui ne laisse rien ignorer des détails de la partition. Surtout, le style y est. © 2015 Diapason





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