Classical Music Home

Welcome to Naxos Records

Email Password  
Not a subscriber yet?  
Keyword Search
 in   
 Classical Music Home > Naxos Album Reviews

Album Reviews



 
See latest reviews of other albums...


Nicolas Mesnier-Nature
ResMusica.com, June 2014

Chaque publication en rapport avec l’œuvre de Mieczyslaw Weinberg apporte son lot de révélations surtout lorsque le choix éditorial porte sur des partitions captées en première mondiale ou enregistrées il y a plusieurs années et devenues complètement indisponibles.

C’est le cas pour cette symphonie n°18 dont apparemment seul Vladimir Fedosseiev avait réalisé pour le défunt label Olympia un « first recording » il y a presque vingt ans. Autant dire l’importance actuelle des sorties sur le premier label classique mondial Naxos qui assure avec une bonne régularité le complément idéal par ailleurs entrepris par Chandos et Neos afin de former enfin une intégrale digne de ce nom.

Car la frustration de ne connaître qu’une partie extrêmement morcelée d’une œuvre colossale d’un des grands compositeurs du vingtième siècle, que l’on a souvent rattaché par opportunisme au nom de Dimitri Chostakovitch dont il était l’ami proche (en dehors du simple fait musical, Chostakovitch a sûrement été le sauveur de son existence durant la persécution stalinienne des artistes d’origine juive), cette frustration se voit comblée dans tous les domaines.

La symphonie n°18 est l’élément central d’une trilogie composée dans les années 1980. Son propos, tout comme les 17 et 19, renvoie aux souvenirs que Weinberg a gardé de la seconde guerre mondiale et particulièrement des événements personnels qui l’ont amené à trouver refuge en Union soviétique en tant qu’émigré juif polonais. Il ne s’agit pas pour autant, à l’image d’un Chostakovitch écrivant ses symphonies 11 et 12, de créer des œuvres à la gloire d’un régime résistant à l’invasion nazie. Un patriotisme outré, une musique orientée, un nationalisme musical sans ambiguïté ne font pas partie des modes d’écriture de Weinberg. La symphonie 18 garde les quatre mouvements traditionnels de la symphonie classique. Mais après une première partie uniquement orchestrale, les trois derniers mouvements ajoutent la voix. Il s’agit de texte d’Orlov, de Tvardovsky et d’un chant populaire. Et malgré la forte connotation soviétique des propos, Weinberg va au-delà avec sa musique pour nous emporter dans une réflexion musico-littéraire dépassant un niveau premier de lecture politique dans un sens clairement opposé à toute guerre à ses conséquences.

Vladimir Lande, après des symphonies 6, 12 et 19 à la hauteur de nos espérances (voir la Clef d’Or ResMusica), continue dans cette voie de la réussite, réussite qui tient aussi aux couleurs de l’orchestre symphonique d’État de Saint-Pétersbourg visiblement à l’aise dans un répertoire pourtant complexe à mettre en place et par moments difficile à suivre dans une ligne directrice. C’est le cas du très curieux concerto pour trompette op.94 écrit dans les années soixante. Ses trois mouvements aux titres inattendus—études, épisodes et fanfares—sont une espèce de morcellement thématique dans lequel navigue la trompette toujours en quête d’un sens à donner au texte. On avouera se perdre facilement à l’écoute de cette version pourtant assumée au mieux au niveau sonore par le soliste Andrew Balio. Au bout du compte, le piège tendu par Weinberg à ses interprètes fonctionne à plein régime : ils sont tombés dedans.

Gardons en mémoire les bonnes prestations de la soprano, de l’alto, du ténor et du baryton, ainsi que du St Petersburg Chamber Choir pour la symphonie en attendant les prochaines publications des dernières à venir. Nous tiendrons alors enfin l’un des grands cycles symphoniques du vingtième siècle par le nombre et par la qualité. © 2014 ResMusica.com




Patrick Szersnovicz
Diapason
View PDF  




Naxos Records, a member of the Naxos Music Group