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Alfred Caron
Avant Scène Opéra, April 2015

Composée en 1817 pour la réouverture du Teatro San Carlo incendié l’année précédente, la cantate scénique Il sogno di Partenope appartient à ce genre caractéristique des œuvres allégoriques, mettant en scène des figures mythologiques et célébrant la grandeur et la magnificence d’un souverain. Seule la seconde partie nous en est parvenue, celle qui narre comment Jupiter (alias Ferdinand Ier de Bourbon), aidé de Mercure, endort Parthénope désespérée et force le Temps à presser sa course pour aboutir, le temps d’un rêve (dans la réalité, une petite année) destiné à faire oublier à la nymphe le traumatisme de la catastrophe, à la réouverture du théâtre brillamment reconstruit.

Certes, le livret d’Urbano Lampredi n’est pas franchement génial mais, sur ce matériau conventionnel, Mayr réussit à construire une œuvre moins générique qu’on pourrait l’imaginer. Loin de l’enchaînement habituel d’airs et de récitatifs orchestrés, le compositeur développe de longues séquences musicales dont les numéros s’enchaînent sans solution de continuité, dans un langage très proche de Rossini, son illustre contemporain. Ainsi de la très belle cavatine d’Apollon qui se transforme en trio avec chœur, avec interventions de Minerve et de Mercure. Les transitions sont particulièrement soignées et créent une véritable continuité dramatique. Parmi les moments les plus réussis, on citera la très belle scène d’endormissement de Parthénope par Mercure, un duo en forme de berceuse accompagné par les cordes en sourdine. Plus attendus sont la cavatine avec chœur de Mercure, le grand air de jubilation de Parthénope devant le théâtre reconstruit ou le quatuor en vaudeville qui conclut l’œuvre ; mais l’inspiration mélodique et l’orchestration très recherchée suffisent à maintenir l’intérêt. Amusant l’air bref et très agité du Temps obligé de se presser.

Initiative du Simon Mayr Chorus and Ensemble et de son chef Franz Hauk qui œuvrent depuis plusieurs années à la résurrection des opéras du maître de Donizetti, cet enregistrement réunit un plateau de jeunes solistes confrontés à une écriture vocale extrêmement virtuose, comme on peut l’imaginer car conçue pour ces chanteurs mêmes pour lesquels Rossini composait, dans la même période, ses grands opéras sérias. Particulièrement exposés sont la Parthénope d’Andréa Lauren Brown, le Mercure de Cornel Frey et l’Apollon de Robert Seiller. Tous trois se tirent avec les honneurs de rôles écrits respectivement pour Isabella Colbran, Giovanni David et Giovanni Rubini et dont on imagine facilement les exigences, avec une mention particulière pour le beau ténor lyrique de Seiller. Les seconds plans et l’ensemble orchestral comme le chœur étant d’un excellent niveau, on peut considérer l’ensemble comme une réussite, malgré quelques plages de récitatif un peu longues, de minimes fautes de langue et des voix encore en formation. On se prend, du coup, à regretter que la première partie, celle qui raconte la destruction du théâtre par les forces maléfiques menées par Poliflegonte—une sorte de Satan que Jupiter précipite finalement dans les Enfers—et qui était écrite pour le fameux Andrea Nozzari, le baryténor de la troupe napolitaine, ait été perdue. © 2015 Avant Scène Opéra




Jacques Bonnaure
Opéra (France), April 2015

L’oratorio Il sagrificio di Jefte (Le Sacrifice de Jephté) date également de 1795, mais sur un livret, cette fois, en italien. Ceui-ci se fonde sur un épisode du Livre des Juges, souvent traité par le passé, notamment par Carissimi et Haendel. À l’époque, Mayr n’a écrit qu’un seul opéra, Saffo, créé à Venise, l’année préc´edente. Pour lui, il est claire qu’oratorio et opéra ne se distinguent pas vraiment l’un de l’autre, Il sagrifizio di Jefte acquérant un caractere puissamment théâtral. Dans cet enregistrement en studio de septembre 2009, le rôle de Jefte est tenu par une extraordinaire soprano arménienne, Hrachuhi Bassenz, dont le répertoire courant s’étend de Mozart à Puccini, avec une prédilection pour les emplois de lirico, voire de lirico spinto, verdiens. Le timbre est magnifique, et la technique parfaite. À ses côtés, on remarque la belle basse, légère et souple, de Jochen Kupfer en Jaddo. Comme dans les deux oratorios précédents, Franz Hauk, à la tête du Simon-Mayr-Chor und Ensemble, évite les attaques trop tranchantes, et confère à l’ensemble classicisant, en profite pour faire l’éloge du roi Ferdinand Ier. Comme dans ses opéras, le compositeur enchaîne airs, ensembles et pages chorales, l’ouvrage donnant une impression de magnificence. Stendhal, qui assistait à la création, a signalé l’enthousiasme du public, particulièrement séduit par la prestation d’Isabella Colbran en Partenope. Dans cet enregistrement de septembre 2012, on retrouve Franz Hauk, dirigeant avec élégance son Simon-Mayr-Chor und Ensemble (les instrumentistes sont excellents, le choeur plus moyen). Si le style d’interprétation n’est pas «historiquement informé», il respecte parfaitement le dynamisme de la partition. La distribution est dominée par Andrea Lauren Brown (Partenope), soprano dotée de belles couleurs sombres et capable de virtuosité. À ses côtés, Caroline Adler (Urania), Sara Hershkowitz (Minerva) et un joli ténor d’agilité, Cornel Frey (Mercurio), composent une équipe homogène. © 2015 Opéra (France)




Jean-François Lattarico
Diapason, February 2015

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