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Jacques Meegens
Diapason, December 2016

Le collectif bâlois de Marc Lewon reste mal connu en France… et pourtant les ensembles donnant vie à la musique du début de la Renaissance d’une manière si soucieuse de précision historique se comptent sure les doigts d’une main. La science musicologique et l’expressivité musicale sont indissociables dans leur lecture du Chansonnier cordiforme. Comprenez en forme de cœur, car c’est ainsi qu’était découpé ce luxueux manuscrit français copié et enluminé dans les années 1470.

Voix, vièles et luth se baladent avec aisance dans les chansons de Johannes Ockeghem, Robert Morton, Hayne van Ghizeghem, ainsi que de nombreux anonymes à la charnière entre le XVe siècle de Guillaume Dufay et celui des Franco-flamands – sans oublier une incursion chez les Italiens. Par des combinaisons ingénieuses, Leones renouvelle la sonorité à chaque pièce. Les instrumentistes enrichissent les chansons polyphoniques de leurs propres ornementations les interludes de Perla mya cara, o dolce amore, plus vrais que nature, font écho aux deux diminutions de Johannes Tinctoris conservées dans le manuscrit de Segovia.

La fine harmonie des viole d’arco d’Elizabeth Rumsey et Marc Lewon comme de la vièle de Baptiste Romain réussit à exprimer sa sensibilité en toute sobriété Fortune par ta cruaulté est éloquent sans dire un mot. Côté vocal, les timbres singuliers d’Els Janssens-Vanmunster, Raitis Grigalis et Mathias Spoerry soulignent la douce langueur de Ben lo sa Dio se sum vergine e pura, et donnent du grain aux longues phrases lisses d’un De tous biens plaine a cappella, noble et magistral. Les chanteurs ne laissent aucune parole dans l’ombre – hélas, l’éditeur fait l’économie des textes chantés dans sa notice.

Les canons d’interprétation ont évolué depuis l’intégrale du Chansonnier cordiforme par Anthony Rooley et son Consort of Musicke (1979, L’Oiseau-Lyre), l’élégante neutralité de leurs interventions instrumentales se troquant aujourd’hui pour une approche plus créative. Souhaitons que Lewon ajoute bientôt aux dix-sept pièces qu’il livre ici, les vingt-six autres que renferme ce manuscrit élaboré à l’époque bénie où Botticelli, Vinci, Giovanni Bellini et le Perugin dominaient et renouvelaient la peinture européenne. © 2016 Diapason





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