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Gilles Lesur
ConcertoNet.com, January 2016

Adapté de la pièce éponyme d’Hugo von Hofmannsthal, traduite par le poète Hugo Felix Jalkanen, Jedermann fut composée pendant l’été 1916 et crée le 6 novembre 1916 au Théâtre national finlandais, le commanditaire, sous la direction de Kajanus. L’œuvre, peu connue, et dans laquelle rode la mort (d’où la couverture de ce disque représentant la grande faucheuse) a déjà été enregistrée en 1995 sous la direction d’Osmo Vänska par l’Orchestre symphonique de Lahti.

Ce nouvel enregistrement sous la direction d’un autre grand chef finlandais, Leif Segerstam, lui aussi interprète réputé de la musique de son compatriote (il a notamment donné au disque un très beau Kullervo), est une pure merveille. Dès les premières secondes, l’auditeur est captivé par la beauté de l’interprétation et impressionné par la maîtrise de la conduite orchestrale. La tension constante, la richesse sonore de l’orchestre, des climats et des nuances mais aussi les ruptures sont magnifiquement maitrisées. Les voix n’interviennent qu’épisodiquement au centre de l’œuvre (de la plage 5 à 10), exception faite du final durant lequel le chœur chante à nouveau. Tuomas Katajala possède une magnifique voix à mi-chemin entre celle d’un ténor et d’un baryton et son chant est raffiné. La soprano Pia Pajala comme la basse Nicholas Söderlund ne font que de brèves apparitions, elles aussi très réussies. Le Chœur de la cathédrale d’Abo (nom suédois de Turku), ensemble amateur attitré de l’Orchestre philharmonique de Turku, s’acquitte avec ferveur et précision de ses quelques interventions qui éclairent une pièce majoritairement sombre. La seconde partie (à partir de la plage 12) enchaîne plusieurs étonnants et longs adagios très sombres qui contrastent avec la première partie de l’œuvre, presque champêtre. Ici encore l’intensité de l’interprétation et la beauté sonore participent d’un climat, cette fois pesant et oppressant, très en situation. Le final «Gloria in excelsis Deo», qui convoque les cloches et d’étonnantes harmonies, termine en apothéose typiquement sibélienne une pièce finalement assez proche d’esprit de Kullervo. On l’aura compris ce Jedermann, ici servi par d’excellents musiciens, est à découvrir. Il ravira tous les amoureux de Sibelius mais aussi les curieux.

Cet enregistrement comprend aussi deux pièces mineures de Sibelius, les Mélodies sérieuses pour violon et orchestre qui, même bien réalisées notamment par le beau violon de Mikaela Palmu, ne possèdent pas le niveau d’inspiration de Jedermann. En revanche, l’In memoriam qui conclut cet album, sorte de marche mortuaire fascinante par ses trouvailles orchestrales et ses accords tenus, est une pure merveille typiquement sibélienne. Réalisée avec le même soin du détail et un même sens de la ligne, si essentielle dans cette musique, que Jedermann, elle semble ici d’une incroyable force. A l’écoute de cette pièce, composée en 1910 suite au décès d’un proche du compositeur, on comprend pourquoi elle fut donnée lors des obsèques de ce dernier en 1957. © 2016 ConcertoNet.com





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