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Michel Parouty
Opéra (France), April 2015

Après plus d’un demi-siècle de redécouvertes, il reste des inédits de Donizetti dans les archives des bibliothèques ! Voici Aristea, une cantate de jeunesse, en première mondiale au disque.

On est loin d’en avoir fini avec l’œuvre de Donizetti, dont la discographie ne cesse de s’étoffer. L’inédit, cette fois, c’est une cantate—le genre fit florès dans la première moitié du XIXe siècle.

De quoi s’agissait-il ? La plupart du temps d’une pièce de circonstance, destinée à fêter un monarque ou un personnage puissant. Une règle à laquelle celle-ci n’échappe pas, puisqu’elle fut écrite en l’honneur de Ferdinand Ier, roi des Deux-Siciles, et jouée au Teatro di San Carlo, les 30 mai et 5 juin 1823, mais qu’elle contourne, car elle ne comporte aucune louange au dédicataire. C’est donc, en fait, un bref opéra d’une heure sur un livret de Giovanni Schmidt, l’un des fournisseurs officiels du San Carlo—il travailla, entre autres, pour Rossini.

L’intrigue—le prince Licisco, père d’Aristea, est obligé de fuir ses ennemis spartiates et de confier sa fille au berger Erasto, qui l’élèvera sous le nom de Cloe ; les numéros musicaux conteront leurs retrouvailles aprés quelques péripéties—n’a guère d’intérêt. Et si elle sent le réchauffé, c’est qu’elle n’est que l’avatar d’un texte de Ferdinando Moretti, destiné à un opéra jamais représenté de Giuseppe Sarti.

La partition contient quelques beaux mments, tels le duetto entre Filinto et Cloe («La bell’alma che nel petto»), et surtout, le quatuor en trois parties «Taci, iniquo». Tous deux montrent l’ambition d’un compositeur de 26 ans ayant bien retenu les leçons de son maître, Giovanni Simone Mayr, et celles de Rossini, qui régnait sur les scènes européennes. La fluidité des mélodies, l’utilisation de la virtuosité dans un but expressif, le goût des constrastes, les couleurs instrumentales : il s’agit bien ici de théâtre, y compris dans la pimpante Ouverture que Donizetti emprunte à sa Zoraida di Granata de 1822. On doit cette redécouverte à Franz Hauk, dont on sait qu’il est, entre autres, l’infatigable défenseur de Mayr. Dans cet enregistrement de studio, rélié du 3 au 6 septembre 2012, sa direction est nette, précise, mais jamais raide ou emphatique. Si les interprétes sont peu connus, leurs qualités sont indéniables, même si la voix de Comnel Frey (un «père» ténor, selon l’usage du temps) manque de consistance dans le grave et de stabilité dans l’aigu. Agiles et vaillantes, Andrea Lauren Brown et Sara Hershkowitz (de timbre un peu trop clair dans un rôle masculin) se font remarquer par leur fraîcheur et leur élat. Une curiosité qui fera le bonheur des donizettiens. © 2015 Opéra (France)




Didier Van Moere
Diapason, September 2014

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