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Jean-Charles Hoffelé
ARTAMAG’, August 2016

Karol Szymanowski avait inventé le concerto pour violon moderne en Pologne, il est sans conteste le père spirituel du premier opus concertant que Grażyna Bacewicz consacra à l’instrument dont elle était elle-même une virtuose consommée. C’est peu d’écrire que son Premier Concerto reprend les formules et la syntaxe des deux opus de son modèle.

Mais elle y introduit aussi son orchestre d’épices, sa lyrique tour à tour véhémente ou rêveuse, que vient assaisonner un giocoso piqué de rythmes et d’accents qui enflamment un Finale ébouriffant. Piotr Plawner ouvre son disque avec cet opus subtil et brillant qui devra vous engager à découvrir un compositeur majeur de la musique moderne, dont la syntaxe aventureuse dépasse de loin le cadre strictement polonais. Un génie auquel répond celui, bien plus sombre, de son contemporain, Andrzej Panufnik—né la même année que Bacewicz, il lui survivra trente deux ans. Le grand geste de cette partition écrite pour Yehudi Menuhin en 1971, n’a que peu tenté les violonistes. Le discours en est probablement d’une trop désarmante épure, il faut savoir phraser ses longues méditations, ce que Piotr Plawner fait avec art, et se fondre dans les gris colorés d’un orchestre funèbre qui, tout en pizzicatos amers, fait au cours du Finale une vraie danse des morts.

L’opus de Michal Spisak, sombre et empli par l’influence de Chostakovitch, paraît secondaire malgré son lyrisme, surtout après la révélation du disque, les Cinq Pièces pour violon qu’Alexandre Tansman composa pour Joseph Szigeti à la fin des années vingt, une petite suite enjouée et persifleuse, baroquisante de forme mais absolument dévergondée d’esprit et de musique, magnifique joyaux d’une vitalité rythmique irrésistible qui nous rappelle que le compositeur de Bric-à-brac était dans les années de l’entre-deux guerres au sommet de la création musicale de son époque, juste aux cotés de Bartók, Stravinski ou Martinu. L’archet de Piotr Plawner y fuse, poète, conteur, marionnette, boîte à musique, prodigieusement accompagné par une Kammersymphonie Berlin dosée avec brio par Jürgen Bruns. Les mêmes nous doivent maintenant le Concerto de 1937, qui se marierait parfaitement avec d’autres opus violonistiques de Grażyna Bacewicz.

Karol Szymanowski avait inventé le concerto pour violon moderne en Pologne, il est sans conteste le père spirituel du premier opus concertant que Grażyna Bacewicz consacra à l’instrument dont elle était elle-même une virtuose consommée. C’est peu d’écrire que son Premier Concerto reprend les formules et la syntaxe des deux opus de son modèle.

Mais elle y introduit aussi son orchestre d’épices, sa lyrique tour à tour véhémente ou rêveuse, que vient assaisonner un giocoso piqué de rythmes et d’accents qui enflamment un Finale ébouriffant. Piotr Plawner ouvre son disque avec cet opus subtil et brillant qui devra vous engager à découvrir un compositeur majeur de la musique moderne, dont la syntaxe aventureuse dépasse de loin le cadre strictement polonais. Un génie auquel répond celui, bien plus sombre, de son contemporain, Andrzej Panufnik—né la même année que Bacewicz, il lui survivra trente deux ans. Le grand geste de cette partition écrite pour Yehudi Menuhin en 1971, n’a que peu tenté les violonistes. Le discours en est probablement d’une trop désarmante épure, il faut savoir phraser ses longues méditations, ce que Piotr Plawner fait avec art, et se fondre dans les gris colorés d’un orchestre funèbre qui, tout en pizzicatos amers, fait au cours du Finale une vraie danse des morts.

L’opus de Michal Spisak, sombre et empli par l’influence de Chostakovitch, paraît secondaire malgré son lyrisme, surtout après la révélation du disque, les Cinq Pièces pour violon qu’Alexandre Tansman composa pour Joseph Szigeti à la fin des années vingt, une petite suite enjouée et persifleuse, baroquisante de forme mais absolument dévergondée d’esprit et de musique, magnifique joyaux d’une vitalité rythmique irrésistible qui nous rappelle que le compositeur de Bric-à-brac était dans les années de l’entre-deux guerres au sommet de la création musicale de son époque, juste aux cotés de Bartók, Stravinski ou Martinu. L’archet de Piotr Plawner y fuse, poète, conteur, marionnette, boîte à musique, prodigieusement accompagné par une Kammersymphonie Berlin dosée avec brio par Jürgen Bruns. Les mêmes nous doivent maintenant le Concerto de 1937, qui se marierait parfaitement avec d’autres opus violonistiques de Grażyna Bacewicz. © 2016 ARTAMAG’





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