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Album Reviews



 
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Bruno Peeters
Crescendo (France), August 2017

Comme l’écrit Robert Letellier dans son excellent texte de présentation, Puccini n’est pas un compositeur qui a exploré les subtilités de la mélodie, comme Fauré ou Richard Strauss. Mais il a laissé un corpus intéressant, à l’instar de ses prédécesseurs lyriques Rossini, Bellini, Donizetti ou Verdi. Ce CD Naxos présente l’intégrale des mélodies pour soprano, dont deux duos que Krassimira Stoyanova chante avec elle-même. Sa talentueuse compatriote, Maria Prinz, l’accompagne avec délicatesse, au piano bien sûr, mais aussi à l’orgue pour trois pièces liturgiques. Puccini étant issu d’une lignée de musiciens religieux, il n’est pas étonnant qu’il ait écrit de la musique sacrée. Sont ainsi présentés un Salve Regina (qui sera repris dans Le Villi), un Beata viscera et un Vexilla Regis, tous deux pour duo, ce dernier un peu grandiloquent. Toutes les autres mélodies sont accompagnées au piano. Les auteurs des textes sont divers, mais la plupart connus en qualité de librettistes d’opéras : Illica, Ghislanzoni, Adami ou Romani. Il n’est pas possible, dans le cadre de cet article, de mentionner chacun des 16 titres. Citons la charmante berceuse Sole e amore, E l’uccellino, un peu gounodienne, la délicate Ave Maria Leopolda, la très puccinienne Morire ? que son auteur réutilisera dans La Rondine tout comme Sogno d’or, solennel et chanté avec une grande pureté par Stoyanova. Deux mélodies encore retiendront l’attention du mélomane. L’amusant Avanti, Urania !, composé pour l’inauguration du bateau d’un ami, et surtout Storiella d’amore, l’une des plus longues mélodies (5’10”), sur texte de Ghislanzoni, l’une des plus belles aussi, partiellement réutilisée plus tard dans Edgar. Stoyanova y déploie son instrument somptueux, laissant la mélodie s’épanouir très simplement, mais avec la puissance requise par Puccini. Une perle. Le grand chasseur que fut Puccini a dédié l’une des mélodies à Diane chasseresse : l’entraînant Inno a Diana. Enfin, il faut citer Mentia l’avviso, sur texte de Felice Romani, véritable mini-scène d’opéra, avec récitatif et air dramatique, sur une trame fantastique (le fantôme d’une femme sort d’une tombe). En conclusion, un CD tout-à-fait passionnant, hors des sentiers battus pucciniens, magnifié par une soprano de haute volée. © 2017 Crescendo (France)




Didier Van Moere
Diapason, June 2017

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Chantal Cazaux
Avant Scène Opéra, June 2017

Pour la première fois réunies au disque, les mélodies de Puccini surprennent : infiniment moins audacieuses de langage que son corpus scénique (et ce, y compris pour les plus tardives d’entre elles), fort brèves (moins d’une minute parfois !), elles allient la sincérité d’un panache mélodique efflorescent à un rapport chant-piano très conventionnel et à un diatonisme tonal qui les ancre dans une tradition plus proche de la canzone que de la mélodie de haute école n’était un sens de la prosodie, du galbe plastique de la ligne vocale accordé au poème, toujours juste. Echelonnées des années de conservatoire celles du compositeur en formation aux années 1910 celles de l’artiste à l’acmé de ses moyens—elles égrènent des inspirations changeantes, tour à tour emphatique ou intimiste, hymnique ou familière, souvent d’une certaine naïveté tant dans la découpe que dans l’élan expressif, entre ingénuité et pathétique.

L’amateur d’opéra y reconnaîtra les germes de fragments par ailleurs si bien installés dans le répertoire qu’on a peine à imaginer qu’ils furent conçus en amont et dans un cadre si éloigné de l’action théâtrale qu’on leur connaît désormais : Salve Regina (1882) servira ainsi à la prière « Angiol di Dio » des Villi (l’année suivante) ; Storiella d’amore et Mentìa l’avviso (1883), au trio Tigrana/Franck/Edgar (Edgar, 1889) et à l’air de Des Grieux « Donna non vidi mai » (Manon Lescaut, 1893) ; Sole e amore (1888), aux adieux de Mimì (La Bohème, 1896) ; Canto d’anime (1904), à l’air de Rinuccio « Firenze è come un albero fiorito » (Gianni Schicchi, 1918) ; Sogno d’or (1912) et « Morire ? » (1917), au brindisi « Beve al tuo fresco sorriso » et à l’air de Ruggero « Parigi è la città dei desideri » (La rondine, 1917).

Si aucun chef-d’œuvre ne se révèle ici, ce récital n’en pas moins fondamental pour mieux connaître et comprendre l’inspiration de Puccini, d’autant qu’il est remarquablement interprété : Krassimira Stoyanova possède l’exact format vocal pour aborder ces miniatures aux ardeurs soudaines aigus pleins et rayonnants, graves au métal solide ; plus encore, elle sait allier ces moyens généreux à une diction soignée et à une ligne châtiée droit héritée des Donizetti et Verdi qu’elle sert par ailleurs avec style, sans compter un art du mot et du son qui toujours reste dans le ton de la mélodie de chambre et jamais ne vire au grand déploiement opératique. Même bon goût du côté du piano, où Maria Prinz conserve délié, nuance et finesse du trait, même dans les moments les plus chaleureux. Une très intelligente réalisation. © 2017 Avant-Scène Opéra




André Tubeut & Damien Colas
Classica, May 2017

On ne pourrait rêver d’un duo plus complice que celui de Stoyanova et Prinz. La chanteuse, célèbre pour ses incarnations des heroines de Verdi, Strauss et Dvorak, évite avec art l’ecueil trop courant d’une emission de grand opera. Le volume est constamment contôlé, la diction soignée, de magnifiques nuances permettent une alchimie avec les sonorités du piano. Stoyanova se tire même avec brio de la mélodie “A te”, écrite dans une tessiture de mezzo grave. Au clavier, le jeu de Prinz est magistral, mettant tantôt a l’honeur la subtilité des harmonies de Puccini, prenant tantôt le relais avec un sens accompli du legato et de la mélodie. Cet enregistrement n’à donc qu’un seul défaut:il est trop court. © 2017 Classica



Serge Martin
Le Soir Plus, March 2017

On connaît mal Krassimira Stoyanova dans les pays latins. Un récent récital Verdi nous avait ébloui, tout comme ses prestations straussiennes, à Salzbourg, en Maréchale du Rosenkavalier et dans le rôle-titre de Die Liebe der Danae.

Elle nous offre aujourd’hui une rareté hautement bienvenue de Puccini : les 19 mélodies qu’il composa depuis ses années d’apprentissage jusque dans sa retraite de Torre del Lago.

La ligne mélodique est servie avec ce même naturel inné qui fait tout le prix de son écriture pour l’opéra. Mais, dès ses débuts, le compositeur s’impose comme un dramaturge né, en sorte que chacune de ces pages d’apparence aisée devient une réelle scène de genre que Stoyanova investit d’une incarnation saisissante.

Un récital passionnant de bout en bout. © 2017 Le Soir Plus





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