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Jean-Baptiste Baronian
Crescendo (France), September 2016

En 1831, alors qu’il voyage en Espagne en compagnie de son ami, le banquier Alejandro Maria Aguado, Rossini est sollicité par un prélat espagnol afin d’écrire un Stabat Mater, dans l’esprit de celui—célébrissime—de Giovanni Pergolèse composé près de cent auparavant. Il se sent obligé d’accepter, bien qu’il ne soit pas au mieux. Non seulement il n’arrête pas de ruminer l’échec de son dernier opéra Guillaume Tell, représenté à Paris en 1829, mais il souffre en outre d’un violent lumbago. Aussi demande-t-il au directeur du Théâtre italien, Giovanni Tadolini, pourtant considéré comme un de ses rivaux les plus directs, de lui venir en aide. Et celui-ci s’exécute rapidement, allant jusqu’à écrire sept des treize sections de l’œuvre. Ce n’est qu’en 1841 que Rossini reprendra son Stabat Mater en ajoutant quatre nouvelles sections qui se substitueront à celles de Giovanni Tadolini. Depuis, on a pris l’habitude, et c’est assez normal, de jouer la seconde version de ce Stabat Mater, devenu une des pièces religieuses les plus connues du compositeur italien natif de Pesaro, avec la Messa di Gloria et la Petite Messe solennelle.

Par contraste, le présent CD en propose la version originale. Elle est, une fois de plus, la confirmation du fait qu’il est impossible, ou presque, de dissocier le Rossini auteur de musiques profanes du Rossini auteur de musiques sacrées. Comme l’a relevé Frédéric Vitoux dans sa biographie de Rossini (1982), il suffit pour s’en convaincre d’écouter « cette cavatine d’opéra superbement expressive : Fac ut portem [huitième section], ou même le duetto pour soprano et mezzo-soprano, Quis est homo [cinquième section], qui en rappelle d’autres tirés d’Elisabetta ou de La Donne del lago ». Ou d’écouter l’air du ténor, le deuxième de l’ensemble, Cujus animam gementem, on ne peut plus théâtral et on ne peut plus opératique.

Sur ce disque figure aussi la Cantate Giovanna d’Arco. Il y va au départ d’une œuvre pour soprano et pianoforte composée en 1832 à Paris et dédiée à Olympe Pélissier, la future Mme Rossini. Elle est interprétée ici dans une transcription orchestrale réalisée par le musicien italien Marco Taralli (on lui doit d’ailleurs un Stabat Mater pour soliste, chœur et deux pianos!). Grâce à l’excellente soprano irlandaise Majella Cullagh, cette première mondiale revêt une incontestable beauté dramatique. © 2016 Crescendo (France)





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