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Album Reviews



 
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Jean-Charles Hoffelé
ARTAMAG’, April 2017

Un ballet ? Leonard Slatkin répond crânement non, une symphonie, de timbres, de couleurs, d’émotions. La mise à distance de la pantomime qu’il assume dans sa version si singulière du chef-d’œuvre de Ravel va à rebours du mouvement général : faire retrouver à la musique de Daphnis et Chloé les pas des danseurs, réalité inévitable depuis les gravures d’Ingelbrecht et de Monteux. On y voyait littéralement l’action.

Pas ici. Le sujet selon Slatkin est l’orchestre-même de Ravel, cette immense machine à rêves, ce monstre de songes sonores, il s’y immerge et avec lui un Orchestre National de Lyon fantastique d’imagination et d’audace, faisant tout entendre des sortilèges distillés durant l’opus le plus développé par la plume du musicien.

Car il y a dans Daphnis et Chloé un rapport au temps long que les épisodes du ballet ne parviennent pas à défaire, toute l’œuvre est un fil qu’on tire de A à Z, du temps musical pur et de la poésie toute aussi pure. Cette esthétique n’avait plus été retrouvée ici depuis André Cluytens, seul Philippe Jordan et l’Orchestre de l’Opéra de Paris s’en étaient approchés, trop hédonistes en regard du geste plus sombre, plus concentré de Slatkin.

Lorsque paraît au Lever du jour la flûte magique de Jocelyn Aubrun, avec son médium aqueux, c’est le voile du rêve qui enveloppe le paysage, moment de pure magie. En appendice, après la Danse générale, parait Une barque sur l’océan, mise en regard éclairante qui montre que trois ans avant de commencer Daphnis et Chloé, Ravel avait déjà affûté son orchestre pour ce songe de quasi naufrage, probablement son chef-d’œuvre symphonique absolu, pourtant si rarement donné et même quasi inconnu. © 2017 ARTAMAG’



Pierre Jean Tribot
Crescendo (France), February 2017

Au rythme, presque sénatorial d’une parution annuelle, l’Orchestre National de Lyon poursuit son intégrale Maurice Ravel sous la baguette de son directeur musical Leonard Slatkin. Si la couverture présente cet enregistrement comme le volume n°4, il s’agit en fait du n°6 car outre les œuvres symphoniques traditionnelles, cette somme compte également les transcriptions de Ravel (dont les fameux Tableaux d’une Exposition de Moussorgski) et les deux opéras que sont l’Heure espagnole et l’Enfant et les sortilèges. Passé ces considérations éditoriales, il est important de saluer la réussite de cet album !

Dans Daphnis et Chloé, Leonard Slatkin défend une lecture à la pointe sèche, narrative, rythmique et très soignée dans les dynamiques. L’Orchestre National de Lyon se montre très affuté et présente de tes belles couleurs « françaises » dans ses solistes (superbes vents) et dans son homogénéité. Le ton très chorégraphique de la direction du chef compose cette très belle lecture, plutôt bien captée à l’Auditorium de Lyon dans une restitution mate qui sied parfaitement à l’orchestre. Du côté des forces chorales de Spirito (fusion des chœurs et solistes de Lyon et du chœur Britten), on se plait à participer à cette fête musicale. En complément, Slatkin et ses lyonnais offrent Une barque sur l’Océan dans une interprétation puissamment maritime, plus houleuse qu’impressionniste.

Cet album est une très belle réussite musicale et technique même si la concurrence est scandaleusement rude, y compris chez nos contemporains avec les gravures très coloristes de Yannick Nézet-Seguin à Rotterdam (Bis) et Stéphane Denève à Stuttgart (SWR-Hänssler). © 2017 Crescendo (France)





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