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Bruno Peeters
Crescendo (France), January 2017

Jan Van der Roost est un compositeur belge né à Duffel en 1956. Elève de l’Institut Lemmens, il y enseigne à présent le contrepoint et la fugue. Sa liste de compositions, souvent sur commande, est impressionnante, axée sur le répertoire pour vents ou pour cuivres. Tel est le cas de ce concerto pour clarinette, dédié à Eddy Vanootshuyse, et dont voici le premier enregistrement mondial. Le langage de Van der Roost évoque celui du Lutoslawski de la première manière, celui du Concerto pour orchestre, ou des Préludes de danses pour clarinette et cordes, précisément. Et la forme du concerto épouse celle en deux parties, si chère à ce même Lutoslawski, dès sa deuxième symphonie (« Hésitant », « Direct »). Le premier mouvement, Doloroso e contemplativo, plutôt rêveur, fait planer la clarinette sur un tapis harmonique envoûtant, avec de jolies interventions des vents ou de la harpe, pour se terminer par une coda féerique (à 13′ 07 »), dans un éparpillement sonore scintillant. Après ce moment magique, le virtuose Giocoso e con bravura fait office de contraste et explore tous les registres de l’instrument soliste, dans un climat volubile et jubilatoire, non dénué d’humour (citation de l’ Halleluijah du Messie). L’orchestre prend de plus en plus d’importance, à un point tel que domine une bizarre impression finale : la clarinette devient presque accompagnatrice. Voilà une oeuvre facile d’accès, très tonale, et qui ralliera les détracteurs de la musique dite « contemporaine ». La Romance d’un Richard Strauss de 15 ans (déjà enregistrée par deux fois) est brève sans doute (7′ 28 »), mais plus qu’anecdotique. L’écriture, encore classique, ne peut cacher déjà un net souci d’orchestration (soli de hautbois et de basson) et un don mélodique évident. Le concerto d’Hindemith, page la plus connue de ce CD, date de 1947. Créé à Philadelphie par Benny Goodman et Eugene Ormandy, il représente la phase de haute maturité du compositeur, que d’aucuns ont pu taxer d’académique, et d’autres, plus justement, de grande perfection formelle. Cette oeuvre superbe, dès l’introduction grandiose du « Ziemlich schnell » initial, est aidée par une prise de son spacieuse. Le mouvement le plus remarquable est le troisième, sobrement intitulé « Ruhig« (« calme »). Entourée d’un environnement orchestral chaleureux, lyrique et coloré, la clarinette s’y révèle d’une grande sensibilité, rejoignant l’émotion d’un Darius Milhaud. Cette page superbe précède un « Heiter » final très vif, puissant, avec des flûtes flamboyantes. Un magnifique concerto. Interprète choyé par Van der Roost, Eddy Vanoosthuyse, professeur aux conservatoires de Gand et de Liège, anime ces trois oeuvres de sa virtuosité étincelante qui, toujours, laisse transparaître l’émotion requise. Il est soutenu par un orchestre japonais très à son affaire, et un chef, issu, comme Gustavo Dudamel, du fameux « El Sistema » vénézuélien. Il n’a qu’un souci : faire ressortir l’orchestration brillante de ces concertos. Il y réussit à la perfection. © 2017 Crescendo (France)





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