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Album Reviews



 
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Didier Van Moere
Avant Scène Opéra, July 2015

Composée de 1913 à 1924, L’Orestie de Milhaud, qui met en musique le texte d’Eschyle revu par Claudel, regroupe trois volets d’inégale longueur : dix minutes pour Agamemnon, réduit à la plainte imprécatrice de Clytemnestre après le meurtre du roi, une demi-heure pour Les Choéphores, plus d’une heure et demie pour Les Euménides, opéra en trois actes. Une vaste fresque où le jeune musicien expérimente plusieurs types d’écriture vocale et orchestrale, sans parler des audaces rythmiques et harmoniques, en particulier la polytonalité. Dans un orchestre gigantesque, les percussions, nombreuses, jouent parfois un rôle soliste. C’était, à l’époque, assez révolutionnaire, bien dans l’esprit des années vingt également, lorsqu’on cherchait, à travers la tragédie antique, à renouveler un genre qui peinait encore à s’affranchir aussi bien de Wagner que de Debussy.

On ne disposait jusqu’à présent que des Choéphores par Igor Markevitch et Leonard Bernstein. Saluons donc l’entreprise de Kenneth Kiesler qui, à la tête des forces de l’Université du Michigan, s’est lancé dans l’aventure le 4 avril 2013. Sa lecture ne manque pas de puissance, même si on la souhaiterait plus analytiquement détaillée—cela tient peut-être, d’ailleurs, à la prise de son. Saluons le chœur, malgré un français assez exotique. Les voix sont adéquates, exceptée la Clytemnestre de Lori Phillips dépassée par une partie exigeant un grand falcon à la française—très sensible, donc, au mot et à la prosodie. Bien que trop proches de timbre, Oreste et Apollon possèdent style et présence grâce à Dan Kempson et Sidney Outlaw, Kristin Eder a la fragilité douloureuse d’Electre, l’Athéna soprano—la déesse étant représentée par les trois tessitures féminines—de Brenda Rae se meut naturellement dans la sphère de ses suraigus.

Une très honorable version d’attente, puisque nous ne disposons d’aucune intégrale française ou francophone de cette Orestie—un scandale. Un défi relevé, aussi, par cette Amérique où Milhaud enseigna si longtemps. © 2015 Avant Scène Opéra



Jean-Luc Caron
ResMusica.com, September 2014

Paul Claudel inspire Milhaud pour deux heures et demie de musique hautement représentative de son esthétique faite de gaîté débridée, de lyrisme discret, d’intérêt pour les musiques folkloriques et le jazz,.

L’Orestie, la trilogie dramatique d’Eschyle fut représentée avec grand succès en 458 avant J.C. à Athènes. Elle inspira de nombreux lecteurs musiciens (Gluck, Richard Strauss, Sergeï Taneiev, Iannis Xenakis…) et en particulier le très prolifique Darius Milhaud qui en tira un opéra sur un livret de Paul Claudel.

Le compositeur français livra successivement Agamemnnon en 1913, Les Choéphores en 1916 et Les Euménides en 1927. L’ensemble représente deux heures et demie de musique hautement représentative de son esthétique faite de gaîté débridée, de lyrisme discret, d’intérêt pour les musiques folkloriques et le jazz, le tout acceptant dans une expression polyrythmique et polytonale au sein d’une atmosphère privilégiant fortement une légèreté populaire, parfois excessive, non acceptée par beaucoup. Membre d’une certaine avant-garde au début du 20ème siècle, Milhaud jouit à présent d’une certaine popularité reposant essentiellement sur le remarquable Bœuf sur le toit, datant de l’époque de la gloire du Groupe des Six. Une grande partie de son catalogue s’appuie sur le rejet du passé (Wagner aussi bien que Debussy) ce dont témoigne cette trilogie typique du style de Milhaud où s’exprime avec un rythme trépidant tous les traits constitutifs proches de la musique de cabaret et d’échappées ludiques multiples contenues dans la vaste partition complète enregistrée pour la première fois par Naxos sous la direction maîtrisée et efficace de Kenneth Kiesler, chef américain au CV luxuriant, à la direction ample et chaleureuse, jadis élève de Carlo Maria Giulini, Eric Leinsdorf, John Nelson. Il a dirigé entre autres, l’Ensemble InterContemporain. Exemple typique de théâtre musical, l’Orestie de Milhaud s’avère à la fois brillante, innovante, déjantée mais aussi empreinte de caractère dramatique dont la musique et les voix (la diction laisse souvent à désirer) devraient intéresser les amateurs de ce genre pas si éloigné que cela de l’esprit du cirque. © 2014 ResMusica.com





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