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Album Reviews



 
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Bruno Peeters
Crescendo (France), September 2015

Le grand intérêt de ce nouveau coffret Naxos est qu’il présente enfin, et pour la première fois, le chef-d’oeuvre de Rossini (1829) dans son intégralité. Les trois autres versions francophones n’étaient pas complètes (Gardelli, Luisi, Pappano). Pour n’être pas très spectaculaires, les ajouts sont nombreux : récitatifs à l’acte I, divertissement de l’acte III beaucoup plus long, inclusion de l’air de Jemmy, rôle de Mathilde plus développé à la fin du même acte, trio des dames complet à l’acte IV. En supplément, Fogliani enregistre d’autres danses pour le pas de deux du III, la version originale du pas de trois et du choeur tyrolien, et le nouveau final de l’opéra de 1831: le célébrissime galop de l’ouverture est chanté, ce qui est…plutôt surprenant. Tout compris, l’opéra fait 4h 20 et dépasse en durée toutes les autres versions. En dehors de cet aspect musicologique, l’interprétation, des plus intéressantes, comporte de nombreuses qualités à côté de quelques scories. L’urgence théâtrale du live (enregistrement du festival de Bad Wildbad de juillet 2013) devra faire accepter de fréquents bruits de scène, gênants dans la scène du serment du Rütli et dans « Asile héréditaire ». Un autre défaut, plus important : hormis Foster-Williams et Spyres, habitués du répertoire français, tous les chanteurs ont un accent déplorable (aussi le choeur), et qui devient grotesque pour Hedwige, Walter et surtout Gessler, abominable. Il est très difficile de départager les interprètes du rôle-titre, et Andrew Foster-Williams se situe fort près de l’idéal, alliant la fierté du héros à l’émotion contenue du père. Mais il a affaire à forte partie avec Bacquier (Gardelli), Hampson (Luisi) et Finley (Pappano). Quant à Michael Spyres, son Arnold est l’un des atouts majeurs du coffret. On pouvait s’en douter depuis sa magistrale incarnation en concert à Bruxelles, en mars 2014. Ténor di grazia mais aussi fort ténor, il parvient, sans effort apparent, à fondre la tradition de Nourrit avec celle de Duprez. Avec John Osborn (Pappano), il est certainement le meilleur interprète de ce rôle lourd entre tous. On passera plus rapidement sur les autres chanteurs qui, sans démériter, n’égalent pas leurs concurrents. La Mathilde de Judith Howarth, par exemple, manque d’empathie et, pour tout dire, de rayonnement, malgré de jolies vocalises dans son air de l’acte III (avec l’accent, cela donne: « Sur le rive étrangé »). Caballé chez Gardelli est imbattable dans ce rôle. La mezzo chaleureuse d’Alessandra Volpe et le petit soprano pointu de Tara Stafford caractérisent bien Hedwige et Jemmy, dont le grand air au III impressionne, même s’il n’est pas indispensable. Melcthal/Walter est bien chantant, tout comme Rodolphe. Quasi constamment en scène, les choeurs s’acquittent de leur tâche à la perfection, dès les grands ensembles du premier acte, jusqu’au lumineux finale (version 1829!). Mais la palme revient, pour sûr, à Antonino Fogliani, que nous aurons le plaisir de revoir pour La Bohème à l’Opera Vlaanderen en décembre prochain. Directeur musical du Festival de Wildbad depuis 2011, il dirige de main de maître son choeur de Poznan et son orchestre de Brno. Cette maîtrise se ressent bien dans le trio patriotique du II, par exemple, dans le serment du Rütli, ou dans le final de l’acte III, difficile à réaliser: sa battue claire et précise y fait merveille.

Comment conclure? Voici une version complète, ce qui intéressera d’abord et avant tout les amateurs de la partition. Quant à l’interprétation, elle vaut par deux chanteurs impeccables, Foster-Williams et Spyres, et par la direction assez exceptionnelle de Fogliani. © 2015 Crescendo (France)




Alfred Caron
Avant Scène Opéra, August 2015

Pour célébrer son jubilé—25 ans de bons et loyaux services à la gloire de Rossini et de ses contemporains—le festival Rossini in Wildbad avait fait en 2013 le projet ambitieux de monter une première version absolument intégrale de Guillaume Tell. Cet opéra, que le compositeur lui-même puis la tradition avaient abondamment mutilé, retrouvait ainsi son intégrité, soit près de quatre heures de musique—auxquelles vient s’ajouter pour l’édition en CD un très intéressant supplément qui donne à entendre, entre autres curiosités, le finale de la version en trois actes de 1831. Ce sont trois numéros qui retrouvent ainsi leur place dans le chef-d’œuvre ultime du compositeur.

Compte tenu de la modestie des conditions de production, le résultat dont témoigne cet enregistrement est tout à fait honorable. Si le plateau vocal présente quelques limites, il se recommande d’abord par son homogénéité et son engagement. Le chant va du moyen à l’excellent, souvent à l’image—et ce n’est pas un hasard—de la qualité de l’articulation française. Parfaite chez Michael Spyres dont la belle voix centrale et la facilité dans le suraigu donnent à Arnold une présence d’une grande noblesse—peut-être un peu monolithique -, elle l’est également chez Andrew Foster-Williams, qui manque hélas de carrure et paraît souvent trivial pour un personnage mythique comme Guillaume Tell. D’une totale évidence chez le lumineux Ruodi d’Artavazd Sargsyan ainsi que chez Nahuel di Pierro, aussi convaincant en Melcthal père qu’en Fürst, elle commence à devenir problématique et à baisser d’un cran chez les seconds rôles, singulièrement chez le Gesler de Raffaele Facciolà ou l’Hedwige d’Alessandra Volpe ; mais le niveau vocal reste quant à lui très acceptable. La Mathilde de Judith Horwath fait de son mieux mais laisse entendre beaucoup d’incertitudes tonales dans son air d’entrée comme dans le duo du IIe acte. Elle se rachète dans son difficile grand air de l’acte III auquel cette version restitue, avec les interventions d’Arnold, sa dimension de scène. Elle donne ensuite le meilleur d’elle-même dans les ensembles et notamment dans le trio féminin du IVe acte habituellement coupé.

La rapidité des tempos d’Antonino Fogliani laisse souvent la sensation d’un certain manque d’ampleur dans quelques numéros comme le fameux trio patriotique, mais c’est le IVe acte, le moins unifié sur le plan dramaturgique, qui pâtit le plus de sa direction, certes engagée et dynamique, mais parfois un peu brouillonne. L’orchestre tchèque et les chœurs polonais se révèlent parfaitement à la hauteur de l’enjeu et l’ensemble laisse au final le sentiment d’une gageure parfaitement tenue, sinon d’une véritable référence. La notice de Reto Müller propose une intéressante interprétation de la retraite « prématurée » de Rossini après cette ultime pièce maîtresse, interprétation qui bouscule quelque peu les idées reçues mais se révèle très convaincante dans son argumentation. © 2015 Avant Scène Opéra




Sylvain Fort
Classica, May 2015

L’orchestre fait « zim boum », les chanteurs font « iii », les chœurs font « aaaah », le public fait « ooooh » et la scène vibre du pas lourd des foules : à Bad Wildbad on donnait ces soirs-là Guillaume Tell dans sa version militaire et pompière, sans qu’y manque un bouton de guêtre (quatre actes, en français, avec tous les suppléments inclus). Ach, qu’elles sont loin les subtilités qu’il n’y a pas si longtemps nous faisait entendre Pappano, les attendrissements dans l’alpage et la sombre virilité suisse sur les lacs tempétueux ! La prise de son certes n’aide pas qui relaie les voix assez loin derrière la grosse caisse et le tuba. Et quand la cabalette d’ « Asile héréditaire » s’evanouit quasiment derrière le tambourinement régulier du pas des choristes dont on imagine qu’ils défilent en rang serré pendant que le ténor bat le rappel, on est en peu frustré. Or cette approche sans nuances n’est pas sans convaincre. Elle fait paraître ce qui dans l’œuvre même appartient à la veine du Grand Opéra, et même en l’espèce du Gros Opéra.

Il faut à cela des voix qui tiennent la route de montagne, et elles sont là : un Foster-Williams idéalement sonore et monolithique, une Judith Howarth en mode lirico spinto, et surtout un Michael Spyres dopé au chocolat. Ajoutons à cela un chœur polonais (mais oui) archi-sonore et sous la baguette sans complexe d’Antonio Fogliani un orchestre qui semble avoir doublé les pupitres de cors, et nous tenons un cast digne du Trouvère. Qui est casqué ici, sinon Rossini ? Le bon goût n’est pas toujours de mise, mais le frisson est là. C’est Guillaume Tell « heavy metal ». Si les raffinés s’y hasardent, précisons que tour cela est chanté dans un français impeccable. © 2015 Classica




Didier Van Moere
Diapason, May 2015

Aucune version de Guillaume Tell, malgré des affiches souvent prestigieuses, ne peut prétendre à la référence. Il y avait donc de la place pour celle d’Antonio Fogliani, aux moyens plus modestes, qui s’appuie sur l’édition critique de la Fondation Rossini de Pesaro et réincorpore des numéros abandonnés avant ou après la création à l’Opéra de Paris le 3 août 1829—l’éditeur annonce ainsi « le premier enregistrement de l’ouvrage complet ».

Bien secondé par l’orchestre, le chef italien a pour lui un respect scrupuleux de la partition, une direction vive et maîtrisée, peut-être plus stimulée par les couleurs des passages pastoraux que par les grandes envolées de la fresque patriotique, seulement desservie, çà et là, par quelques baisses de tension. On apprécie d’entendre que les chanteurs se sont approprié les canon du style français, trop souvent bousculés. A l’exception malheureuse de la Mathilde de Judith Howarth, qui mâchouille ses syllabes, peine à vocaliser et à galber sa ligne de chant. Sinon, Michael Spyres campe un brillant Arnold, aigu dardé, français parfait, style impeccable, sans dureté dans la vaillance ni mièvrerie dans la douceur. Un allié de poids pour le Tell mordant d’Andrew Foster-Williams, justicier implacable mais vocalement tenu. On aime aussi Nahuel Di Pierro, en rebelle vengeur ou en patriarche altier, Artavazd Sargsyan en pêcheur élégiaque—un ancien de l’Atelier lyrique.

Le grand opéra historique—un an avant La Muette de Portici d’Auber, Guillaume Tell en est déjà un—ne se conçoit pas sans le chœur : il est ici splendide, donnant toute sa mesure dans le « A nos chants viens mêler tes pas » a capella du troisième acte. Une excellente surprise, captée sur le vif au festival Rossini in Wildbad. © 2015 Diapason




La Libre Belgique, April 2015

“Premier enregistrement de l’opéra intégral” annonce fièrement ce coffret. Et les chiffres sont parlants : 4h12 au compteur, pour 3h28 chez Pappano et 3h47 chez Muti. Il s’agit d’un live gravè en 2013 à “l’autre” festival Rossini (Bad Wildbad en Allemagne), sous la direction de l’excellent chef italien Antonio Fogliani, avec un orchestre peu connu (Virtuosi Brunensis) mais une belle distribution : Andrew Foster-Williams dans le rôle-titre, le ténor américain Michael Sypres en Arnold, Nahuel di Piero qui est tour à tour Walter et Melcthal père, et—parfois moins sûre—Judith Howarth en Mathilde. Une partie des ajouts de cette intégrale (versions alternatives de certains passages) figure en appendice à la fin du dernier CD, avec même une distribution légèrement différente ! © 2015 La Libre Belgique





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