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Album Reviews



 
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Alfred Caron
Avant Scène Opéra, May 2016

Créé en 1794 à la Fenice de Venise, Saffo ossia i riti d’Apollo Leucadio est le tout premier opéra de Giovanni Simone Mayr, alors âgé de 31 ans. Sous-titré dramma per musica, il nous renvoie au style de la tragédie réformée. Son livret, dont est absente toute forme d’action véritable, fait penser à une œuvre comme Paride e Elena de Gluck où ce sont essentiellement les états d’âme des protagonistes qui sont traités. Sografi, le librettiste, y exploite le mythe du rocher de Leucade d’où se jetaient les amants malheureux pour se guérir du mal d’amour et où la poétesse Sappho est censée s’être suicidée. Dans cette version, elle se rend auprès de la Pythie (Amfizione) pour y solliciter un augure sur son destin, accompagnée d’un de ses soupirants, le poète Alceo, et y croise Faone, l’amant qui la dédaigne, lui-même affligé et inconsolable de la mort de sa femme. Comme nous sommes dans l’univers de l’opéra seria, une intervention divine sauve de la mort et réunit les amants pour un lieto fine téléphoné. C’est donc du chassé-croisé des affects contradictoires de ces personnages que doit naître l’intérêt, et il faut avouer qu’il peine un peu à émerger, faute d’un véritable enjeu dramatique. Toutefois, formellement, l’œuvre ne manque pas d’intérêt car, si elle regarde encore beaucoup du côté du XVIIIe siècle avec de grands airs de bravoure—pour certains, du reste, fort beaux—et des récitatifs secs, sa plus grande originalité lui vient de longues séquences de récitatif accompagné très élaborées et richement orchestrées, et de quelques ensembles bien construits. Comme souvent chez Mayr, on reconnaît dans les tournures mélodiques l’influence des grands opéras de Mozart et, dans l’instrumentation, l’enseignement de l’école allemande.

Réalisée en studio, cette production bénéficie d’une distribution d’excellent niveau où l’on distinguera la voix particulièrement séduisante du Faone de Jaewon Yun, toute de fraîcheur et d’une grande délicatesse de phrasé. La Saffo d’Andrea Lauren Brown ne manque pas de moyens mais son articulation italienne, exotique et paresseuse, nuit un peu à la caractérisation du personnage. Quant à l’Alceo de Markus Schäfer, malgré un timbre assez ingrat, caractéristique des ténors d’opéra seria à l’allemande, il ne démérite pas sur le plan de la virtuosité face à des airs extrêmement exigeants. Excellents les petits rôles et plus qu’honnêtes les chœurs et l’orchestre sous la direction de Franz Hauk ; mais l’ensemble ne suffit pourtant pas à élever le niveau de cette réalisation au-dessus de la simple curiosité et ne séduira sûrement que les spécialistes de de répertoire. © 2016 Avant-Scène Opéra



Florent Coudeyrat
ConcertoNet.com, April 2016

Spécialiste incontesté de Simon Mayr (1763–1845) pour Naxos, Franz Hauk poursuit sa découverte de la considérable production du compositeur bavarois en dévoilant cette fois son tout premier opéra, Saffo (1794), un an tout juste après s’être intéressé à son premier oratorio, Jacob a Labano fugiens (1791). Ces deux œuvres appartiennent à la première période déjà très féconde de Mayr lors de ses études vénitiennes auprès de Bertini, avant le départ définitif pour Bergame en 1803. Créé à la Fenice avec le soutien de Piccini, le premier essai lyrique de Mayr n’échappe pas à la comparaison avec les grands maîtres dans le soutien orchestral, Haydn dans la verve rythmique d’une part, tandis que Mozart transparaît par l’utilisation admirable des vents. La présence importante du chœur est ici notable, ce qui n’est pas pour déplaire tant les membres de l’Opéra de Bavière, aidés du chœur Simon Mayr, se montrent à leur aise. C’est d’autant plus satisfaisant que ces interventions viennent varier l’alternance un rien fastidieuse entre airs et récitatifs—ces derniers étant très présents. Côté voix, cette livraison convainc cette fois davantage avec une Jaewon Yun irrésistible de timbre et de rondeur, tandis qu’Andrea Lauren Brown assure bien sa partie, épaulée par la belle musicalité de Markus Schäfer—lui-même seulement desservi par un timbre fatigué dans l’aigu. Une première mondiale au disque qui permet de découvrir mieux encore le professeur de Donizetti autour d’une équipe rondement menée par l’énergique Hauk (album de deux disques 8.660367-68). © 2016 ConcertoNet.com




Cristiana Prerio
Classica, April 2016

Franz Hauk poursuit son voyage au long cours à travers l’immense production de Simon Mayr et présente un opéra particulièrement important : il marqua, en effet en 1794, les débuts du compositeur à La Fenice de Venise. Saffo évoque les amours de la poétesse et du chasseur Phaon (Faone). Au contraire de la légende, l’histoire finit bien. Au moment où elle va se jeter du haut de la falaise, par désespoir sentimental, Sapho est sauvée par Phaon au milieu des réjouissances générales. Mayr caractérise avec davantage d’aruité que dans d’autres opéras les situations et la psychologie des personnages. Il évoque ainsi Cherubini, dans un style moins austère, et indique, tout en restant fondamentalement classique, la voie vers le romantisme.

Andrea Lauren Brown a les moyens nécessaires pour incarner le rôle-titre. Sa voix se montre légère et bien menée, jusqu’e dans les passages les plus techniques. Jaewon Yun, joli soprano au timbre un peu acidulé, incarne Phaon de manière prudente et un peu scolaire. Markus Schafer possède en revanche un beau timbre et profite d’une émission nuancée mais se trouve en difficulté dans les vocalises qui manquent de précision. L’élément le plus impressionnant de l’équipe reste assurément Marie Sande Papenmeyer, dans le rôle de la Pythie Amfizionequi, qui fait valoir une voix magnifique et une belle présence dramatique. Les rôles de comprimari Laodamia et Euricleo sont gentiment tenus par Katharina Rukgaber et Daniel Preis. Comme dans les précédents volumes de cette Mayr Edition, Franz Hauk dirige ses troupes avec prévision et énergie, sachant bien dégager les lignes et accentuer correctement la partie orchestrale. © 2016 Classica





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