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Album Reviews



 
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Jean-Charles Hoffelé
Avant Scène Opéra, September 2017

C’est sur un livret de Choudard (Desforges de son nom de plume), acteur fameux et dramaturge habile qui prenait le relais de Marmontel, que Grétry brossa son Théodore et Paulin. Versailles le vit en mars 1784 sans que la Reine le remarque. Disgrâce dont Grétry se consola vite en recyclant les trois actes de l’original en deux actes réduits au format chéri par le théâtre de la Comédie italienne qui lui fit fête dès juin de la même année. Une « rousseauade » sans façon, où la plume du musicien coule fraîche comme une source sur un sujet pas si innocent que cela : La France, ancien amant de Madame Hubert, a des visées sur sa fille, Denise, ce dont s’émeut son promis, André. La jalousie du jeune homme irrite la mère et la fille, Denise jouant le noble contre le villageois par rouerie—mais plus d’une fois prête à pencher du côté de La France. Finalement elle choisira André et restera au village. Choudard oppose le patois des paysans au français de l’aristocrate, son orchestre est danse et musette pour les premiers, menuet et style pour le second, brillant danseur par surcroît. Cela fait au total un ouvrage délicieux, vrai succès de Grétry enfin gravé mais sans pour autant convaincre. La faute à la direction pâlotte de Ryan Brown, dont l’orchestre maigre ne fait pas assez sonner les atmosphères dont Grétry pare son sujet et ses moyens modestes, mais qu’il faut remercier d’avoir édité la partition. Les chanteurs, eux, sont mal assortis : Thomas Dolié, entreprenant et charmeur, déploie son beau baryton, Sophie Junker fait sa rouée (mais aussi sa sensible), patoisant avec esprit, Fernandez-Rueda n’ose pas mettre tout l’éclat de son beau ténor dans les mots de Choudard et Talise Trevigne fait sa modeste, elle qui fut pour Graham Vicks une Violetta surprenante. Les cinquante minutes passent vite, mais Grétry aura une tout autre qualité de musique et d’invention lorsqu’il reviendra à la tragédie lyrique avec Aspasie, cinq ans plus tard. Le 21 octobre 1784, la Comédie italienne créait Richard Cœur-de-Lion. Le brillant livret de Sedaine, forçant Grétry à affûter sa plume, aura d’un coup effacé les charmes trop légers de cette Epreuve. © 2017 Avant-Scène Opéra




Jean-Philippe Grosperrin
Diapason, July 2017

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Sébastien Gauthier
ConcertoNet.com, June 2017

Ryan Brown et son excellent ensemble Opera Lafayette poursuivent leur exploration du répertoire lyrique français des XVIIIe et XIXe siècles, après les réussites consacrées à Monsigny (qu’il s’agisse des opéras Le Déserteur ou Le Roi et le Fermier), Philidor (Sancho Pança ou Les Femmes vengées), Félicien David (Lalla Roukh) ou, déjà, André-Ernest-Modeste Grétry avec son drame Le Magnifique.

De nouveau Grétry donc avec cette Epreuve villageoise (1784), opéra-bouffe en deux actes initialement dénommé Théodore et Paulin, qui narre rapidement (l’opéra dure à peine cinquante minutes) la manière dont la jolie paysanne Denise, courtisée par un nobliau dénommé Monsieur de La France et fiancée au paysan André, maladivement jaloux, va donner aux deux une bonne leçon, aidée en cela par Madame Hubert, qui n’est autre que sa mère. En fin de compte, bien entendu, Denise choisit officiellement André après avoir humilié Monsieur de La France, mais tout en rappelant à son futur époux les défauts d’une jalousie aussi prononcée…

Bien que très populaire à l’époque de Grétry, cet opéra ne suscite qu’un intérêt limité même s’il s’avère plaisant et fort bien interprété. Dès l’Ouverture, l’orchestre fait preuve de grande finesse—le basson! –, ce dont il ne se départira jamais au fil de l’œuvre comme l’illustre par exemple le bel accompagnement du duo «J’ai fait un bouquet» entre Denise et André à l’acte I. Ryan Brown dirige l’ensemble avec entrain et une vraie conviction: son attachement à ce répertoire est patent. Les chanteurs sont globalement très bons: même si sa prononciation laisse à désirer dans son premier air, Sophie Junker joue merveilleusement sur la fraîcheur de son personnage (l’air «Bon Dieu com’ à c’te fête» au début de l’acte II) et incarne une paysanne à la fois maline et mutine, qui bernera avec adresse ses prétendants. Si Talise Trevigne n’appelle guère de commentaire, son personnage étant des plus secondaires, on soulignera en revanche l’excellente prestation de Thomas Dolié, parfait dans le jeu et la prononciation, dont la voix porte haut le livret de Pierre Desforges. Le chœur final «Allons tous rendre hommage» mêle avec une vraie ferveur l’ensemble des protagonistes: une réussite dans le genre.

Faisons néanmoins part d’une interrogation que n’élucide pas la très bonne notice d’accompagnement (en anglais seulement) du disque. On comprend mal que l’opéra se conclut, dans le disque en tout cas, sur trois ballets et non sur le chœur susmentionné, ce qui nous aurait semblé plus logique. Si tant est que leur place soit la bonne (acte II, scène 6), quelques explications sur cette bizarrerie auraient peut-être été les bienvenues. © 2017 ConcertoNet.com



Jean-Marie André
Crescendo (France), December 2016

L’Opera Lafayette, cet ensemble de Washington D.C. tourné vers le répertoire français du 18ème siècle ne cesse de nous étonner et de nous réjouir. Il a déjà à son actif des opéras de Gluck, Sacchini, Rameau, Lully, Rebel et Francoeur, Monsigny, David et Philidor ainsi que Les femmes vengées de Grétry.

L’épreuve villageoise, fut un des opéras les plus populaires de Grétry. Sa composition date de 1784. Il nous est offert ici par ses cinquante minutes de musique sans les dialogues parlés ; le livret de Pierre Jean-Baptiste Choudard, mieux connu sous son pseudonyme de Desforges, est traditionnel ; une veuve (Madame Hubert) et sa fille Denise) sont énervées par la jalousie d’André, le fiancé de Denise devant les attentions prêtées par cette dernière pour Monsieur de la France, ancien amoureux de Madame Hubert. L’imbroglio se déclenche mais comme toujours, tout se termine bien et Grétry en profite pour nous léguer un petit joyau qui méritait de retrouver sa gloire passée. C’est donc chose faite ; Ryan Brown et son opéra Lafayette, spécialistes reconnus de la redécouverte d’opéras quasiment oubliés, s’en donnent ici à coeur joie dans l’exhumation de ces moments de moments désinvoltes mais tellement séduisants.

Ne soyons pas modestes. L’interprétation de notre compatriote Sophie Junker est superbe. Sa voix joviale convient bien au rôle de Denise. L’opéra est également bien servi par le baryton français Thomas Dolié (La France), le ténor espagnol Francesco Fernandez Rueda (André) et la soprano américaine, Talise Trevigne (Madame Hubert). Nos amis belges retrouveront aussi dans l’Entracte (plage 7), la gigue des Danses villageoises, cette suite formée de danses extraites de plusieurs opéras de Grétry, réorchestrée par le compositeur et musicologue belge François-Auguste Gevaert ; dans les années cinquante, cette suite était un des morceaux de prédilection d’Edgard Doneux et de l’orchestre de chambre de la RTB (pas encore RTBF).

Comme toujours chez Naxos, le livret réduit ici à 8 pages en anglais est bien détaillé pour son approche générale de l’oeuvre, et est complémenté avec accès libre à la version extensive.

Une surprise, un délice ! Dans tous les cas 50 minutes de belle musique à savourer sans contrainte en première version mondiale. © 2016 Crescendo (France)





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