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Album Reviews



 
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Florent Coudeyrat
ConcertoNet.com, November 2016

On ne peut imaginer plus grand contraste entre Il campiello, l’un des tout derniers opéras d’Ermanno Wolf-Ferrari, composé en 1936 dans un esprit de raffinement bouffe en hommage à Mozart, et l’un de ses grands succès de jeunesse, I gioielli della Madonna (1911), d’inspiration vériste. C’est ce que nous permettent de constater deux bons albums récemment édités par Lyrita et Naxos, où s’opposent ces différents styles. On retrouve ici la captation de la production des Joyaux de la Madone donnée à l’Opéra de Bratislava l’an passé, dans sa version italienne. Naxos nous annonce un «premier enregistrement mondial», là où existe une précédente version dirigée par Alberto Erede (BellaVoce, 1976). On ne se plaindra pas cependant de disposer d’une autre version de cette œuvre superbe, dont l’Ouverture dramatique surprend d’emblée par son vacarme impressionnant, proche des explosions orchestrales contemporaines d’un Schreker. Wolf-Ferrari embrasse ensuite davantage le vérisme, sans jamais tomber dans le confort d’un miel trop facile, nous régalant de son imagination mélodique. Spécialiste de Wolf-Ferrari, Friedrich Haider (ancien directeur musical de l’Opéra de Strasbourg) est parfaitement à son aise ici, dirigeant les quarante chanteurs différents réunis dans cette production, tous membres de la troupe de l’Opéra de Bratislava. On ne trouvera certes pas de joyau vocal ici, mais tous les chanteurs offrent un niveau d’une bien belle tenue, permettant de se régaler de cette œuvre injustement méconnue. On trouvera également sur notre site un compte rendu en anglais de cette parution. © 2016 ConcertoNet.com



Jean-Baptiste Baronian
Crescendo (France), July 2016

Les Joyaux de la Madone : tel est le titre français de cet opéra en trois actes du Vénitien Ermanno Wolf-Ferrari, sur un livret de Carlo Zangarini et Enrico Golisciani. Il a été créé en allemand à Berlin en 1911, en italien à Chicago en 1912 et en français à Paris en 1913. Mais ce n’est qu’en 1953 qu’il a été représenté pour la toute première fois en Italie (à Rome), après été frappé d’interdiction durant quarante ans par l’autorité pontificale, car son argument tourne autour d’un sacrilège : le vol des joyaux de la Madone, le jour même de la procession à Naples—faute grave, il va sans dire, mais ne méritant pas l’anathème.

Sa notoriété, Ermanno Wolf-Ferrari la doit surtout grâce à ses opéras comiques et, en particulier, ceux que lui ont inspiré les pièces de théâtre de son illustre compatriote Carlo Goldoni, qu’il a servi à merveille (entre autres Les Femmes curieuses et Les Quatre Rustauds). Or Les Joyaux de la Madone relèvent plutôt de la veine vériste et baignent dans un climat que Ruggero Leoncavallo n’aurait pas dédaigné, lui qui maîtrisait si bien le chant napolitain—un chant qu’Ermanno Wolf-Ferrari recrée pour ainsi dire à sa façon tout au long de son opéra et qu’il parvient de surcroît à transcender par son extraordinaire sens du rythme et son immense talent d’orchestrateur. En l’écoutan8, on s’étonne d’ailleurs qu’Ermanno Wolf-Ferrari ne soit pas davantage joué et ne reste apprécié à sa juste valeur que des véritables férus de l’art lyrique. Ce disque, qui constitue un premier enregistrement mondial, devrait contribuer à le faire davantage connaître, et on ne peut que saluer le chef d’orchestre autrichien Friedrich, l’ancien directeur musical de l’opéra national du Rhin à Strasbourg, d’en être aujourd’hui un des principaux et des plus ardents défenseurs. © 2016 Crescendo (France)





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