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Album Reviews



 
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Florent Coudeyrat
ConcertoNet.com, July 2017

Spécialiste incontesté de Simon Mayr (1763–1845), Franz Hauk poursuit avec bonheur l’exploration du répertoire de ce compositeur italien d’origine allemande, peu connu malgré ses nombreuses compositions dans tous les domaines. Pas moins de soixante-dix ouvrages lyriques, dont le tout premier, Saffo, en 1794, nous rappelle combien l’ancien professeur de Donizetti sut marquer de son empreinte les théâtres lyriques de son temps, peu de temps avant la déferlante Rossini. Le chef allemand s’intéresse cette fois à son quatrième opéra, Télémaque (1794), qui fit sensation à la création pour son interlude orchestral «La Tempête», très réussi par sa caractérisation de l’élément marin. Avec l’utilisation d’une rythmique nerveuse aux cordes admirablement contrastée par le raffinement des bois, Mayr démontre là toute sa science d’orchestrateur, évoquant la dernière manière de Haydn—une dette par ailleurs évidente tout au long de l’opéra. Toujours charmant, cet ouvrage pâtit néanmoins d’une répartition maladroite des voix en présence, les trois sopranos alternant d’abord les airs et récitatifs, assez brefs, autour d’un chœur bien discret. Il faut ainsi attendre la fin du premier acte pour entendre le premier homme chanter dans le rôle de Mentor. On regrettera aussi la disproportion entre les trois actes, d’une durée d’une heure environ, hormis le tout dernier et ses seules vingt minutes. Fort heureusement, Hauk anime ses interprètes avec toute la musicalité qui le caractérise habituellement, bénéficiant d’un trio féminin de tout premier plan. C’est surtout vrai pour les couleurs délicieuses de Siri Karoline Thorhill, idéale de souplesse et d’aisance dans ses phrasés, tandis que Jaewon Yun n’est pas en reste, bien épaulée par Andrea Lauren Brown et ses vocalises maîtrisées. On passera en revanche sur le ténor fatigué de Markus Schäfer, au chant forcé dans l’aigu mais plus à l’aise dans l’art interprétatif du récitatif. © 2017 ConcertoNet.com




Alfred Caron
Avant Scène Opéra, April 2017

Quatrième opéra de Mayr, créé à Venise en 1797, Telemaco nell’isola di Calipso se situe à la convergence de tendances apparemment contradictoires du genre opéra mais que le compositeur intègre avec une remarquable maîtrise, se créant ainsi un idiome très personnel tout à fait séduisant. On reconnaît pleinement l’héritage de l’opéra séria dans le dramatis personae et les types musicaux—un primo uomo castrat, une prima et une seconda donna, un ténor pour un rôle d’homme mûr et deux comprimari dont un second soprano castrat, chacun doté d’un air bref et virtuose. L’utilisation savamment dosée du récitatif sec, le sujet lui-même—mythologique et « pédagogique », mettant en scène Télémaque sur les traces de son père et confronté au dilemme de céder à son désir pour Eucari ou de suivre le chemin de son devoir—la structure des airs (pour la plupart de bravoure), les éléments de danse : tout cela relève encore, avec quelques nuances dues en partie au livret de Sografi, de l’esthétique du XVIIIe siècle. Mais on y perçoit aussi une volonté d’échapper à l’opéra à numéros, qui se concrétise dans une recherche de continuité et d’intégration d’éléments éclectiques particulièrement réussie comme cette tempête qui, au premier acte, vient interrompre le récitatif de Calypso, lequel laisserait attendre un air et introduit l’arrivée du rôle-titre avec un chœur. L’influence mozartienne est absolument évidente dans l’écriture des parties solistes mais la richesse de l’accompagnato, les cabalettes, la présence du chœur masculin traité en protagoniste, l’intégration des airs dans des ensembles plus large, la richesse et l’inventivité de l’orchestration quasi symphonique, directement inspirée du Sturm und Drang, regardent d’évidence vers ce renouveau que concrétiseront pleinement les opéras sérias napolitains de Rossini, dix ans plus tard. Nous sommes loin ici des tiédeurs de la Saffo post-gluckiste de l’année précédente et c’est une partition étonnamment vivante dans son éclectisme que nous livre Mayr. Plus qu’un opéra de transition, ce Telemaco se révèle une œuvre pleinement accomplie et l’on comprend aisément le succès qu’il rencontra à sa création, avec une vingtaine de représentations en à peine trois semaines.

La distribution réunit les mêmes éléments que Saffo, avec les mêmes qualités et les mêmes limites. Parfaitement en phase avec les exigences vocales de son rôle mais pas toujours très juste, Andrea Lauren Brown manque malheureusement un peu de carrure dès qu’il s’agit d’incarner son personnage de donna abbandonata (vindicative) dans les nombreux récitatifs où sa diction reste plate et triviale. Malgré un timbre peu séduisant, Markus Schäfer offre une belle carrure au personnage de Mentor dont il possède l’autorité et la bravoure. Jaewon Yun trouve moins d’occasion de se valoriser dans son rôle de suivante que dans Faone de Saffo mais elle reste une chanteuse stylée et très sûre. La révélation vient du rôle-titre, incarné avec toute l’expressivité et le panache voulus par la norvégienne Siri Karoline Thornhill. Voix chaleureuse, à mi-chemin entre soprano et mezzo colorature, elle possède l’ambitus exact et la couleur souhaitée pour ce rôle écrit pour le castrat Crescentini. Porté par la direction vivante et engagée de Franz Hauk à la tête de l’excellent Concert de Bassus, ce plateau de bonne tenue nous restitue avec engagement et conviction une partition parmi les meilleures de la première manière de Mayr. Une authentique découverte. © 2017 Avant-Scène Opéra





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