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Pierre Flinois
Classica, May 2018

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Louis Bilodeau
Avant Scène Opéra, November 2017

ALDRIDGE, R.L.: Sister Carrie [Opera] (Zabala, Phares, M. Morgan, Jordheim, Florentine Opera Chorus, Milwaukee Symphony, Boggs) 8.669039-40
LAITMAN, L.: Scarlet Letter (The) [Opera](Claycomb, D. Armstrong, MacKenzie, Belcher, Opera Colorado Chorus and Orchestra, Pelto) 8.669034-35
RANDS, B.: Vincent [Opera] (Burchett, Perkins, Eck, Kruse, Indiana University Philharmonic and Opera Chorus, Fagen) 8.669037-38

Témoignant du dynamisme américain en matière de création lyrique, ces trois coffrets de la collection « American Opera Classics » de Naxos permettent de découvrir des ouvrages inspirés de sujets fascinants et aux puissants ressorts dramatiques, mais malheureusement desservis par des partitions qui ne risquent guère de passer à la postérité. Dans les trois cas, orchestres et chœurs se situent à un niveau de loin supérieur à celui des solistes.

Adaptation relativement fidèle du roman très touffu de Theodore Dreiser publié en 1900, l’opéra Sister Carrie (2016) de Robert Aldridge relate le destin d’une jeune femme qui découvre d’abord Chicago, puis New York, où elle réussit à se tailler une place dans le monde du théâtre. Avant d’atteindre à la gloire, elle connaît successivement le dur travail en usine, le chômage, la luxueuse existence de femme entretenue, la misère et surtout deux relations amoureuses qui lui laissent un goût pour le moins amer. Si l’intrigue, qui valut d’ailleurs un succès de scandale à Dreiser, est captivante de par les divers milieux sociaux où elle se déroule, l’ouvrage d’Aldridge fait entendre pendant plus de deux heures trente une musique trop souvent grandiloquente, aux inutiles effets tonitruants et qui peine à créer les contrastes nécessaires aux nombreux renversements de situation. On aimerait aussi que l’interprète de Carrie, Adriana Zabala, possède un timbre plus jeune qui donnerait davantage de crédibilité à son personnage.

À première vue, La Lettre écarlate de Nathaniel Hawthorne constitue une merveilleuse trame pour un livret d’opéra : contexte social oppressant (société bostonienne à l’époque puritaine), personnages torturés, passion amoureuse destructrice, scène finale hautement pathétique... Ce que l’on entend fait penser, hélas, à du Menotti frelaté, qui cherche vainement à déverser un flot mélodique émouvant et qui fait à vrai dire extrêmement daté. Pour comble de malheur, la vedette Laura Claycomb ne possède plus qu’une voix bien usée, ce qui discrédite son personnage d’Hesther Prynne, qui devrait rayonner d’une exceptionnelle force intérieure.

Ancien élève de Boulez, Maderna, Dallapiccola et Nono, Bernard Rands a eu l’idée de composer un opéra sur Van Gogh en 1973, alors qu’il visitait à Amsterdam le tout nouveau musée consacré au peintre. C’est seulement en 2011, soit 38 ans plus tard, que son adaptation fut créée à l’Université de l’Indiana, à Bloomington. Sur un livret de J. D. McClatchy, il retrace - du Borinage à Auvers-sur-Oise, en passant par La Haye, Paris et Arles -, un parcours spirituel et artistique fait d’incompréhension et de rejets à répétition qui apparentent son personnage à une figure christique. Des trois compositeurs, Rands est assurément celui qui sonne le plus moderne, mais c’est aussi celui qui distille le plus d’ennui. Abusant des passages parlés et noyant son œuvre dans une grisaille musicale languissante, il échoue à rendre poignant le drame de l’artiste. Pour conférer plus d’épaisseur psychologique au rôle-titre, il faudrait en outre que Christopher Burchett dispose d’une plus grande palette de couleurs vocales.

En définitive, ces enregistrements s’adressent en premier lieu aux auditeurs avides d’explorer le répertoire américain du XXIe siècle. © 2017 Avant-Scène Opéra





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