Classical Music Home

Welcome to Naxos Records

Email Password  
Not a subscriber yet?  
Keyword Search
 in   
 Classical Music Home > Naxos Album Reviews

Album Reviews



 
See latest reviews of other albums...

Simon Corley
ConcertoNet.com, January 2016

Nouveautés ou rééditions, intégrales ou versions isolées, les symphonies de Beethoven continuent de passionner chefs et éditeurs. Et l’auditeur? A la tête de l’Orchestre symphonique de la Radio bavaroise, Mariss Jansons (né en 1943), qui en est le directeur musical depuis 2003 et a prolongé son contrat jusqu’en 2021, a réalisé une intégrale en concert à Munich (octobre-novembre 2012) et, pour l’essentiel, à Tokyo (novembre-décembre 2012). On retrouve l’élégance, la sveltesse, l’allure élancée et le sens de l’équilibre de Jansons dans ce Beethoven postmoderne, susceptible de rallier les suffrages aussi bien des partisans de l’ancien que des tenants des interprétations «historiquement informées»: le tempo volontiers allant, les textures d’une grande clarté, la tonicité rythmique et le refus de la pesanteur s’allient en effet à la recherche constante d’une beauté sonore faisant alterner le soyeux et le mordant. Ce travail n’est cependant pas exempt de faiblesses: un quatuor soliste (Christiane Karg, Mihoko Fujimura, Michael Schade et Michael Volle) peu satisfaisant dans la Neuvième, des baisses de tension et, peut-être surtout, une conception trop sage, consensuelle et apollinienne d’une musique dont le caractère à la fois novateur, dramatique et romantique n’est pas prioritairement mis en valeur. Est-ce pour se donner bonne conscience ou pour rehausser l’intérêt d’une énième parution beethovénienne, si remarquable soit-elle? Toujours est-il que des «Reflections», à savoir six œuvres inspirées de près ou de loin par Beethoven, ont été commandées à des compositeurs contemporains—Riccardo Chailly et le Gewandhaus ont repris la même formule pour leur tournée de 2011, en demandant à Carlo Boccadoro, Friederich Cerha, Bruno Mantovani, Colin Matthews et Steffen Schleiermacher d’écrire des pièces destinées à accompagner les neuf Symphonies (voir ici): d’une durée d’environ dix minutes chacune, les commandes de Jansons sont données ici dans l’enregistrement de leur création, entre septembre 2008 et novembre 2012 à Munich. L’Autrichien Johannes Maria Staud part ainsi du finale de la Première (né en 1974) dans Maniai (2011), un des noms que les Grecs donnaient aux Erinyes, capables aussi, selon lui, de se transformer en Grâces (comme leurs sœurs): spectaculaire, violente puis apaisée, la pièce passe effectivement du «furioso» au «grazioso». La Japonaise Misato Mochizuki (née en 1969), qui fut élève à Paris de Méfano, Nunes et Murail, a quant à elle écrit un «Intermezzo sur les Symphonies n° 2 et n° 6» intitulé Nirai (2012), c’est-à-dire «venant de la racine»: un très court fragment de la Deuxième est le prétexte à une succession d’effets spéciaux, dont le rattachement à Beethoven reste néanmoins plus conceptuel qu’immédiat. Dans Le Testament de Heiligenstadt de Beethoven (2008), Rodion Chtchedrine (né en 1932) médite sur ce moment de la vie du compositeur qui va se résoudre notamment dans la Troisième «Héroïque», mais entre chorals, réminiscences et morne scansion des timbales, le style reste désespérément convenu. L’allusion à la Cinquième est transparente dans Fires (2010) de Raminta Serksnyte (née en 1975), qui se conclut par les quatre fameuses notes qui commencent cette symphonie: la Lituanienne fait montre, dans ces deux parties contrastées—des sortilèges orchestraux puis un feu d’artifice—d’une virtuosité un peu extérieure qui fait parfois penser à John Adams. En contrepoint des Septième et Huitième, l’Allemand Jörg Widmann (né en 1973) a conçu une «ouverture de concert», Con brio (2008), où les rythmes, harmonies et mélodies originaux apparaissent furtivement pour aussitôt disparaître, avec humour et esprit, sous l’impulsion de timbales omniprésentes. Enfin, Dixi (2008) de Giya Kancheli (né en 1935) fait appel au même effectif que la Neuvième mais avec seulement deux interventions solistes (soprano et alto). Dédiée à la mémoire du chef Djansug Kakhidze (1935–2002), cette page de plus de vingt minutes met en musique une compilation de phrases latines sélectionnées pas le compositeur, mais son polystylisme paraît assez laborieux (BR Klassik coffret de six disques 900119 ou six disques séparés 900138, 900135, 900134, 900136, 900137 et 900139). © 2016 ConcertoNet.com





Naxos Records, a member of the Naxos Music Group