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Album Reviews



 
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Gilles d’Heyres
ConcertoNet.com, February 2016

MAHLER, G.: Symphony No. 6 (Bavarian Radio Symphony, Harding) 900132
MAHLER, G.: Symphony No. 6, "Tragic" (New York Philharmonic, Mitropoulos) (1955) ARPCD0440

Ces deux interprétations de la Sixième Symphonie (1904) de Gustav Mahler (1860–1911)—avec l’Andante placé avant le Scherzo—sont une éloquente démonstration de la notion de progrès dans la compréhension et la maîtrise du langage mahlérien.

Celle de Dimitri Mitropoulos (1896–1960), d’un niveau général honnête, illustre à quel point les formations orchestrales sont aujourd’hui plus familières de l’écriture symphonique du compositeur autrichien. Dans ce live américain de 1955 (déjà connu des collectionneurs—tout comme celui de 1959 avec l’Orchestre de la Radio de Cologne), les (éminents) pupitres du Philharmonique de New York donnent parfois le sentiment du déchiffrage—dans l’exécution (les cuivres souffrent tout spécialement) comme dans la mise en place de l’entame de l’Allegro energico, ma non troppo, ou de l’esprit du Scherzo (avec quelques moments franchement gênants—en mal de justesse). Connaissant lui aussi une série d’incidents, le Finale manque—par instants—de vivacité plutôt que de vélocité pour imposer son ton. Le chef a certes des intuitions heureuses—et quelques traits de génie. Après un Andante moderato fluide et assez beau, il parvient même à donner au dernier mouvement les couleurs et le calme inquiétants d’une «voie de ténèbres» (Henry-Louis de La Grange). Mais les tempos manquent de cohérence, comme si Mitropoulos tentait des ralentissements pour éprouver leur effet—butant sur la résurgence de temps morts.

Celle de Daniel Harding (né en 1975) illustre, de son côté, les progrès du chef anglais dans un répertoire où il n’a pas toujours fait preuve d’autant de constance. On a rarement été tendre, en effet, avec le Mahler de Harding—lui reprochant dans la Dixième de privilégier une expérience purement sonore plutôt qu’une introspection de l’univers mahlérien. On trouve trace épisodiquement de ces défauts dans cet enregistrement munichois, avec quelques phrasés qui s’étirent outre mesure—à la limite de l’affèterie (pas dans l’Andante moderato heureusement). Mais la subtilité dont fait preuve le natif d’Oxford, qui imprime à sa baguette et à un exceptionnel Orchestre Symphonique de la Radio bavaroise (qui répond au quart de tour!) de multiples inflexions rythmiques, témoigne d’une lecture approfondie—et jamais passive—de la partition, dont il accentue la sécheresse électrisante. Bien que, dans cette veine «tout-électrique», Jonathan Nott ou Valery Gergiev soient (parmi les versions récentes) allés plus loin encore, le résultat est de qualité. Dommage, en revanche, que le dernier mouvement prenne à ce point son temps (plus d’une demi-heure) pour dérouler l’emballement final. Et, si l’on porte un regard sur la discographie de l’œuvre au XXIe siècle, l’on se situe encore à bonne distance du «Must» signé Riccardo Chailly à Leipzig. © 2016 ConcertoNet.com



Jean-Charles Hoffelé
ARTAMAG’, January 2016

MAHLER, G.: Symphony No. 6 (Bavarian Radio Symphony, Harding) 900132
MAHLER, G.: Symphony No. 6 (Hamburg Philharmonic, S. Young) OC413

Je me souviens d’une Sixième de Mahler hautaine et rageuse menée grand train Salle Pleyel par Daniel Harding à la tête de l’Orchestre Symphonique de la Radio Suédoise voici quelques années : incontestablement, il avait trouvé son œuvre chez ce compositeur qu’il aborde aussi régulièrement que prudemment.

Il y revint depuis, et notamment en mars de l’année dernière à Munich, concert qui fit grand bruit et provoqua un certain étonnement de la part de la critique. « Danny » avait quitté son image de petit prince de la direction britannique pour atteindre à une dimension nouvelle. Je souriais, pour moi son talent avait éclaté depuis longtemps, et la métamorphose du « wonder boy » en grand chef s’était produite voici une bonne dizaine d’années.

Ce concert munichois, le voilà. Daniel Harding s’y confronte à une phalange de haute tradition mahlérienne, l’Orchestre Symphonique de la Radio Bavaroise, instrument somptueux—le cantabile éperdu des cordes chantant à mille voix dans l’Andante me donne le frisson—capable d’une fureur subtilement réglée dans le Scherzo, éloquent sans peser dans les deux Allegro où Mahler a conduit l’orchestre romantique à sa catharsis.

Oui, mais aussi parfaite que soit la formation bavaroise, je regrette les timbres plus âpres, les cuivres plus noirs des suédois. Bémol mineur car c’est d’abord, malgré tout, Harding qu’on entend ici chanter et rugir, tendre les lignes, exalter sans hystérie le feu d’une partition à l’énergie inextinguible. Son Finale cravaché et ivre est probablement l’un des plus aboutis de la discographie, fournaise venue tout droit de L’Enfer de Dante.

Sortant d’une telle Sixième, je ne m’attendais pas à être cueilli par celle que Simone Young en 2007 avec le Philharmonique de Hambourg, publiée tardivement en 2012, un disque qui avait trompé ma vigilance. Young ne fait rien comme personne. Là où tant de chefs dessinent un paysage noir, sans rémission, elle met dans toute la Sixième Symphonie une lumière et une tendresse déconcertantes, sans jamais un hiatus avec l’œuvre.

Et elle prend son temps pour distiller ce lyrisme qui chante à pleine voix, pas entendue depuis le geste d’ailleurs aussi large qu’y osait Jascha Horenstein à Stockholm. C’est d’ailleurs le même lyrisme inquiet qui parcourt les deux allegros, et la même échappée, nuit de voix lactée simplement bouleversante, qui se dévoile dans l’Andante, ou engloutit le grand decrescendo qui ouvre le Finale. Admirable, tout comme ses Bruckner si snobés par la critique, et déjà abordés (cf. mon papier du 18 novembre 2015). © 2016 ARTAMAG





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