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Olivier Brunel
ConcertoNet.com, October 2015

Christopher Nupen est le pionnier d’un certain style de documentaire musical télévisuel de qualité. En haut de la liste, ses films sur Jacqueline du Pré, sur le Quintette «La Truite» de Schubert (le documentaire musical le plus diffusé de l’histoire de la télévision), sur Itzhak Perlman et Nathan Milstein, qui sont de véritables bijoux et des références absolues. Parmi ses dernières productions figurent deux films sur le très jeune pianiste russe Daniil Trifonov, 24 ans, qui a frisé le grand chelem en remportant le troisième prix du concours Frédéric Chopin en 2010, et raflé quasiment les tous les prix et les premiers prix du concours Arthur Rubinstein à Jérusalem et du concours Tchaïkovski à Moscou en 2011.

On peut s’interroger sur l’intérêt de ces documentaires à un stade si précoce de sa carrière de pianiste et de compositeur. L’enfant a été prodigue mais pas un chien savant, sa modestie est réelle et grande, il raconte simplement et timidement mais raconte bien. Et tout l’art revient à Nupen de poser les bonnes questions mais surtout de mettre l’éclairage sur une personnalité intelligente, aux dons surnaturels qui sans être intravertie comme un Kissin, ne se livre pas au premier venu. Le jeune homme a la tête froide mais le cœur chaud et vit son début de carrière fulgurant avec sang-froid et beaucoup de recul.

Nupen a choisi de montrer Trifonov, non dans le cadre russe et bling-bling de la coterie Gergiev à laquelle il a été coopté par force après le prix Tchaïkovski. Il l’a filmé principalement à Cleveland, où il a étudié au Cleveland Institute auprès de Sergei Babayan et où il a créé le Concerto pour piano que Joel Smirmoff, son directeur, lui a commandé. On le voit aussi en Sicile choisir un piano qui lui sera réservé au Royaume-Uni. Et dans la petite ville italienne de Castelfranco Veneto en Vénétie, dans le joli théâtre académique de laquelle il donne un récital qui est restitué par fragments.

Seul reproche: les deux films se répètent trop. Un peu trop de professeurs, pour meubler on interroge une étudiante sud-américaine dont on peut imaginer qu’elle est son amie de cœur. Et le concert de Castelfranco est saucissonné dans le documentaire avec des morceaux interrompus par des commentaires. N’aurait-il pas mieux valu le montrer à part, dans son intégralité et son mystère? Mais quel que soit le développement de la carrière de Trifonov, sur lequel on n’a guère de doute, ces films resteront le témoignage de sa personnalité à ses débuts et du fait qu’il a été si jeune un magicien du son et un interprète privilégié de Chopin. © 2015 ConcertoNet.com





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