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S├ębastien Gauthier
ConcertoNet.com, August 2014

Orchestral Concert - BRAHMS, J. / SCHOENBERG, A. / BEETHOVEN, L. van (Lucerne Festival Orchestra, Abbado) (NTSC) ACC-20282
Orchestral Concert - BRAHMS, J. / SCHOENBERG, A. / BEETHOVEN, L. van (Lucerne Festival Orchestra, Abbado) (Blu-ray, Full-HD) ACC-10282

«Clap de fin» pourrait-on dire en regardant ces deux concerts qui témoignent de la dernière venue du grand Claudio Abbado (1933–2014) au festival de Salzbourg et, un an plus tard, au festival de Lucerne (en attendant peut-être un jour la parution de l’ultime concert que Claudio Abbado a dirigé à Lucerne à la fin du mois d’août 2013). Ce n’est donc pas sans émotion que l’on visionne ces films qui, s’ajoutant à tant de concerts d’ores et déjà disponibles, nous rappellent les contributions majeures qu’Abbado a pu apporter à l’interprétation de la musique classique depuis plus de cinquante ans.

…Claudio Abbado inaugurait le festival de Lucerne par un concert donné à deux reprises. Il est facile, rétrospectivement, de conférer une signification particulière à tel événement ou à telle attitude mais comment, en regardant le visage plein d’empathie du fidèle ami Bruno Ganz, la mine au contraire inquiète de l’acteur Roberto Benigni ou les applaudissements d’un Pierre Boulez fatigué à l’extrême, comment donc ne pas y voir la prémonition de certains comme quoi cette apparition d’Abbado à Lucerne serait sinon la dernière, du moins une des dernières? Le visage même d’Abbado ne peut masquer le poids de l’âge qui se fait tout particulièrement sentir dans Brahms ou au début de Beethoven et ce n’est pas son sourire, bien que souvent présent (comme au début de Schoenberg à 19’50), qui masquera l’épuisement voire la douleur frappant le chef italien.

Le…même des œuvres pouvait sembler annonciateur d’un avenir sombre. L’Ouverture tragique de Johannes Brahms (1833–1897) dans laquelle Abbado lance l’orchestre sitôt monté sur son podium est d’une profonde noirceur, les quelques lourdeurs de l’interprétation ne masquant pas pour autant la majesté de l’ensemble. La baguette ciselée à partir de 8’38 ou le geste impérieux donné aux violoncelles à 12’40 trahissent la volonté sans faille du maestro dans une œuvre où, néanmoins et contrairement par exemple à son enregistrement berlinois publié chez Deutsche Grammophon en complément de l’intégrale discographique des Symphonies, il se révèle plus emphatique que véritablement volontaire.

Changement d’effectif ensuite avec l’extrait des Gurre-Lieder d’Arnold Schoenberg (1874–1951), l’Orchestre du festival de Lucerne parvenant presque à doubler le nombre de musiciens en faisant par exemple appel à quatre harpes et à dix contrebasses. Or, contrairement à ce que l’on aurait pu penser ou craindre, l’orchestre sonne de manière très claire, très transparente, et se veut davantage un grand orchestre de chambre qu’un orchestre symphonique au sens classique du terme, conférant ainsi à l’œuvre de superbes couleurs comme c’est notamment le cas à 34’. Chaque musicien joue avec une ductilité impressionnante à l’image du superbe cor anglais, la mezzo japonaise Mihoko Fujimura, à la projection forte et toute théâtrale, se fondant idéalement dans l’ensemble: le drame joue à plein.

La seconde partie du concert était tout entière consacrée à la Symphonie «Héroïque» de Ludwig van Beethoven (1770–1827). L’image trahit là encore la fatigue d’Abbado (son visage, très marqué à 48’25) qui, cela s’en ressent, a parfois du mal à donner suffisamment de dynamique à la partition, notamment dans le premier mouvement, pourtant noté Allegro con brio. En revanche, et on en revient à notre remarque liminaire sur la dimension prémonitoire de ce concert, quelle émotion lorsque la caméra cadre au plus près le visage du chef (à 59’17) alors que résonnent les accents de la «Marche funèbre»! Si la reprise du thème à 1’05’50 s’avère un peu lourde et la section centrale du Scherzo manque peut-être de vivacité, le dernier mouvement est superbe et le concert se termine logiquement par une ovation debout et une pluie de fleurs sur l’orchestre, mais surtout à l’adresse de Claudio Abbado, dont la présence imprègnera encore longtemps les murs de cette magnifique salle de concert où il aura véritablement jeté ses dernières forces. © 2014 ConcertoNet.com Read complete review





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