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S├ębastien Gauthier
ConcertoNet.com, August 2013

Après la Quatrième, voici un nouveau volume dans la série des «symphonies de maturité» d’Anton Bruckner (1824–1896) données par Daniel Barenboim et l’Orchestre de la Staatskapelle de Berlin, dont il a été nommé chef à vie en août 2000. On avait été extrêmement séduit et, disons-le (une fois n’est pas coutume concernant Barenboim), pleinement convaincu par sa version de la fameuse «Romantique»: ce concert prouve une fois encore les affinités que ce chef entretient avec Bruckner, qui plus est dans ce qui est peut-être sa symphonie la plus complexe.

A l’instar du précédent DVD, l’image est somptueuse, d’une qualité exemplaire. Les plans sont diversifiés et leur succession, contrairement à ce que l’on déplorait dans la Quatrième, ne s’avère pas excessive même si certaines très brèves images auraient sans doute pu être évitées—à quoi sert un plan d’à peine deux secondes, surtout quand l’instrumentiste qui y est montré ne joue pas?—ou quelque peu abrégées—on aura de ce fait compris, à la fréquence de son apparition, notamment dans le troisième mouvement, que cameramen et réalisateur ont trouvé fort jolie l’une des jeunes instrumentistes, au sein du pupitre de premiers violons…Assez classiquement, les plans alternent donc vues d’ensemble, dans le cadre toujours aussi photogénique de la Philharmonie de Berlin, arrêts sur les solistes—citons, parmi les plus fréquemment sollicités aussi bien dans la partition qu’à l’écran la flûtiste Claudia Stein et le corniste Hans-Jürgen Krumstroh—et vues sur le chef.

Même si c’est un peu le cas au début du Scherzo, la gestique de Daniel Barenboim ne s’avère pas grandiloquente, privilégiant l’efficacité sur le spectaculaire (on regardera notamment le passage si empli de désolation à compter de 11’40, au sein du premier mouvement), arborant donc une sobriété que l’on aimerait retrouver plus souvent lorsqu’on a le plaisir de le voir en concert (voir ici et ici). Bénéficiant d’un excellent orchestre, on le voit même gratifier d’un sourire tel ou tel passage réussi (à 7’20, dans le premier mouvement là encore), sachant pouvoir faire confiance à ces presque cent musiciens où se distingue notamment une mer de cordes tout à fait impressionnante. Certaines séquences sont à cet égard plus belles que les autres, à l’instar de cette coda concluant le premier mouvement, où l’accélération se conclut par les roulements de deux timbaliers, ou de ce formidable legato dans le deuxième mouvement, peut-être le plus réussi de cette interprétation.

On avait déjà eu l’occasion, il y a peu, de se livrer à une comparaison de concerts filmés de la Cinquième Symphonie où brillaient, chacun pour des raisons différentes, Claudio Abbado et Sergiu Celibidache: à n’en pas douter, le présent DVD est de la même veine, quand il ne leur est pas supérieur, et doit donc sans nul doute être acquis par tout brucknérien qui se respecte. © 2013 ConcertoNet.com





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