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Album Reviews



 
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S├ębastien Gauthier
ConcertoNet.com, August 2015

MOZART, W.A.: Concert Arias / Symphony No. 35, “Haffner” / BEETHOVEN, L. van: Egmont (Abbado) (NTSC) ACC-20244
MOZART, W.A.: Concert Arias / Symphony No. 35, “Haffner” / BEETHOVEN, L. van: Egmont (Abbado) (Blu-ray, Full-HD) ACC-10244

La présente parution apporte un nouveau témoignage sur les concerts dirigés par Claudio Abbado (1933–2014) lors du désormais fameux festival de Lucerne qui, à l’occasion de son édition estivale chaque mois d’août, réunit quelques-uns des plus grands solistes, chefs et orchestres.

La première partie est entièrement consacrée à Mozart et reprend les premières parties «alternatives» données lors des concerts des 19 et 20 août 2011, la second partie ayant quant à elle été consacrée à chaque fois à la Cinquième Symphonie de Bruckner. Pour commencer, trois airs de concert chantés par Christine Schäfer, avec laquelle Abbado a souvent joué Mozart tant au disque—dans un très beau récital associant diverses œuvres de Mozart et Richard Strauss—qu’en concert, notamment lors du concert de la Saint-Sylvestre 1998. La soprano allemande fait montre de toute l’étendue de sa technique, attaquant ses aigus avec une pureté incroyable—dans le troisième air!—, passant du murmure le plus délicat à l’emportement le plus vif, osant même la fureur quand cela est nécessaire (dans le premier air). Sa performance est impressionnante et, même si sa voix manque peut-être de brillance, elle n’en demeure pas moins idéale pour ce répertoire, servant le texte au mieux de ses possibilités. Côté orchestre, on ne peut que s’incliner bien bas devant le hautboïste Lucas Macías Navarro qui, notamment dans l’air Vorrei spiegarvi, oh Dio! où il joue debout, est impérial, à l’instar de son jeu dans le deuxième air (à 15’15), qui n’est pas sans évoquer l’intervention de ce même instrument dans le magnifique air «Ruhe sanft, mein holdes Leben» tiré de Zaïde (qui figure d’ailleurs sur le disque susmentionné). Abbado use pour sa part d’une gestique toujours aussi distinguée, emportée ou retenue selon les circonstances, veillant à accompagner et soutenir la soliste de son mieux. Aussi, ne peut-on s’empêcher de sourire en voyant Christine Schäfer pousser un véritable soupir de soulagement à la fin de ses airs, témoignant de la difficulté de ces pièces qui trouvent là une interprétation à la hauteur de ce qu’elles méritent.

La Symphonie «Haffner» bénéficie également d’une très belle interprétation, à l’image de ce que l’on avait pu entendre lorsque Claudio Abbado l’avait dirigée en octobre 2011 salle Pleyel. Adoptant des tempi très allants (l’Andante et, peut-être plus encore, le Menuetto ou les croches deviennent des appogiatures en raison de la vitesse adoptée), le chef italien en donne une interprétation extrêmement vivante dominée par une finesse et une légèreté des plus rafraîchissantes. Les cordes virevoltent de bout en bout et, à l’image de la petite harmonie, aboutissent à un résultat quelque peu décapant qui surprend d’ailleurs le public (où figurent notamment Bruno Ganz et Roberto Benigni), celui-ci ayant un bref instant d’hésitation avant d’applaudir les artistes.

Lors du concert de la Saint-Sylvestre 1991, qui a été filmé et qui a donné lieu à un disque intitulé «Beethoven in Berlin», Claudio Abbado avait alors dirigé le Philharmonique de Berlin dans la musique de scène complète d’Egmont, avec Cheryl Studer en soliste et déjà Bruno Ganz comme récitant. Bis repetita ici pour une œuvre rarement donnée dans son entier, l’Ouverture bénéficiant en revanche comme on le sait d’une très grande popularité. Même si le génie de Beethoven n’éclate pas ici, force est de constater que la partition est intéressante. Juliane Banse, qui ne bénéficie que de deux airs, chante sa partie avec conviction et une certaine théâtralité bienvenue (notamment dans le premier air «Die Trommel gerühret»). Contrairement au concert de 1991, la diction de Bruno Ganz est ici plus sobre (tout particulièrement dans la fin de sa dernière intervention «Süsser Schlaf!») et un peu trop retenue, l’emportement, les passions ne transparaissant pas assez. Apparaissant assez fatigué (certains gros plans sont éloquents), Abbado dirige l’œuvre avec beaucoup d’implication, l’Orchestre du festival de Lucerne mettant ses bois à l’honneur (Sabine Meyer à la clarinette, Jacques Zoon à la flûte), sans oublier le toujours aussi excellent Raymond Curfs aux timbales.

Filmée de manière classique, cette vidéo, qui ne déparera dans aucune vidéothèque, témoigne de la très grande qualité des concerts du festival et, même si l’on n’atteint pas certains sommets dirigés par Abbado (Bruckner, Mahler…bien sûr), rend parfaitement hommage au grand chef italien. © 2015 ConcertoNet.com



Jean-Claude Hulot
ResMusica.com, March 2015

MOZART, W.A.: Concert Arias / Symphony No. 35, "Haffner" / BEETHOVEN, L. van: Egmont (Abbado) (NTSC) ACC-20244
MEMORIAL CONCERT FOR ABBADO (Faust, Ganz, A. Nelsons) (NTSC) ACC-20319

Accentus édite deux hommages au maestro disparu en janvier 2014 captés dans la sublime salle de Lucerne. On préfèrera entendre à nouveau son art, surtout dans une musique de scène d’Egmont incendiaire, tandis que l’hommage composite rendu par son orchestre en avril 2014 n’a valeur que de document.

Les dernières années de Claudio Abbado ont été marquées par son travail, son oeuvre plutôt, à Lucerne où il fit de son orchestre du festival une phalange superlative entièrement dédiée aux quelques concerts qu’il donnait chaque été dans la magnifique salle du KKL. Un premier CD publié par Accentus associe des extraits de deux concerts exécutés en août 2011 et 2012. Du premier proviennent trois airs de concert de Mozart avec Christine Schäfer; irréprochables musicalement, ils laissent quand même l’impression diffuse qu’Abbado restait somme toute peu concerné par Mozart qu’il n’a jamais vraiment placé au coeur de son répertoire. Et la très élégante symphonie « Haffner », si elle est elle aussi instrumentalement somptueuse reste également un peu à la surface des notes. Mais avec le concert d’août 2012, tout change; Abbado a toujours aimé et défendu la musique de scène d’Egmont. L’orchestre est ici fulgurant (avec une mention particulière pour le solo de clarinette de Sabine Meyer), Juliane Banse éblouissante dans les deux lieder qui lui sont confiés (dont le premier résonne comme une anticipation saisissante des lieder militaires du Wunderhorn de Mahler), tandis que la prestation de Bruno Ganz en récitant prend littéralement l’auditeur à la gorge. Un DVD à classer à Beethoven, inoubliable.

Parallèlement, un second DVD rend hommage au maestro disparu en reprenant les éléments du concert donné à sa mémoire le 6 avril 2014 de nouveau à Lucerne. Après quelques images de la marche funèbre de l’Héroïque donnée en août 2013 par le chef disparu, manifestement déjà douloureusement marqué par la maladie, et quelques témoignages d’Isabelle Faust et de l’altiste Wolfram Christ, l’orchestre sans chef joue le premier mouvement de l’inachevée avec un recueillement palpable. Suit alors la lecture d’un (long) poème de Hölderlin par Bruno Ganz auquel s’enchaîne avec une surimpression incongrue le concerto de Berg qu’Isabelle Faust joue avec une émotion contagieuse sous la baguette d’Andris Nelsons. Enfin le concert s’achève par l’adagio final de la Symphonie n°3 de Mahler dirigé également par le chef letton, bouleversant au point de déboucher sur un long silence comme si les spectateurs ne parvenaient pas à se convaincre que la perte d’Abbado était désormais réelle. Néanmoins, outre que l’inélégance à la fois gestuelle et vestimentaire de Nelsons tranche avec la finesse d’Abbado, le caractère composite du programme dans lequel se glissent aussi quelques minutes de l’hommage de la Scala, et le choix de recouvrir le début des oeuvres de Berg et Mahler par les derniers mots des hommages des musiciens font de ce second DVD un témoignage certes émouvant mais sans doute surtout intéressant pour ceux qui ont assisté au concert. © 2015 Resmusica.com





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