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S├ębastien Gauthier
ConcertoNet.com, August 2014

SCHUBERT, F.: Mass No. 6, D. 950 / MOZART, W.A.: Missa solemnis in C Minor, `Waisenhausmesse` (Abbado) (Salzburg Festival, 2012) (NTSC) ACC-20261
SCHUBERT, F.: Mass No. 6, D. 950 / MOZART, W.A.: Missa solemnis in C Minor, `Waisenhausmesse` (Abbado) (Salzburg Festival, 2012) (Blu-ray, Full-HD) ACC-10261

«Clap de fin» pourrait-on dire en regardant ces deux concerts qui témoignent de la dernière venue du grand Claudio Abbado (1933–2014) au festival de Salzbourg et, un an plus tard, au festival de Lucerne (en attendant peut-être un jour la parution de l’ultime concert que Claudio Abbado a dirigé à Lucerne à la fin du mois d’août 2013). Ce n’est donc pas sans émotion que l’on visionne ces films qui, s’ajoutant à tant de concerts d’ores et déjà disponibles, nous rappellent les contributions majeures qu’Abbado a pu apporter à l’interprétation de la musique classique depuis plus de cinquante ans.

Commençons donc, comme d’ailleurs l’ordre chronologique nous y invite, par le concert autrichien donné à la Haus für Mozart, à la fin de mois de juillet 2012. Comme on a déjà eu l’occasion de l’écrire lors d’un concert parisien où le chef milanais avait notamment dirigé la Symphonie «Haffner», Abbado ne fait pas figure de grand mozartien. Pour autant, et ce concert nous le prouve aisément, son éducation musicale à Vienne et son caractère peuvent en faire un interprète hautement inspiré comme ce fut donc le cas pour cette Messe de l’Orphelinat que le divin Wolfgang composa pour l’inauguration de la chapelle Mariae Geburt de l’orphelinat du Renneweg alors qu’il n’avait que 12 ans. Abbado avait enregistré cette messe à la tête de l’Orchestre philharmonique de Vienne pour Deutsche Grammophon mais le disque n’avait guère marqué les esprits en raison peut-être d’une emphase qui répondait mal à la jeunesse requise par l’œuvre. Ici, rien de tel. Il faut dire que l’Orchestra Mozart, dont c’était là la première apparition au festival de Salzbourg, bénéficie d’une moyenne d’âge très faible même si quelques «anciens» comme le contrebassiste Alois Posch, ancien Wiener Philharmoniker et pilier de l’Orchestre du festival de Lucerne, sont également de la partie: la vigueur nécessaire à la musique est bel et bien présente, de même qu’un enthousiasme manifeste qui illumine également, comme souvent, le visage du maestro italien. L’interprétation bénéficie d’une incontestable fraîcheur qui se fait notamment sentir dans le très beau Credo, où la vivacité du trait et la dynamique des cordes accompagnent au mieux un excellent quatuor de solistes. Si Roberta Invernizzi se taille la part du lion (tout spécialement dans le Gloria et lorsqu’elle lance l’Et resurrexit dans le Credo après qu’on a entendu et vu les accents dramatiques des trompettes munies de sourdines), on notera également la très belle voix du ténor Javier Camarena, qui irradie l’ensemble de l’Agnus Dei. L’image, d’une netteté et d’une profondeur de champ irréprochables, est assez variée, nous permettant ainsi de profiter à plein des divers pupitres, l’orchestre requérant en effet, outre les habituelles cordes, un orgue, quatre trompettes, trois trombones, deux hautbois, un basson et des timbales. A ce titre, la ligne de fuite qui part, à partir de 22’50, des contrebasses pour rejoindre le chef en passant par l’orgue est une excellente trouvaille, sans compter les plans, certes assez classiques, sur la gestique toujours aussi suggestive d’Abbado.

La seconde partie du concert était également consacrée à une grande œuvre religieuse, en l’espèce la magnifique Messe en mi bémol de Franz Schubert (1797–1828). Il se trouve qu’une version filmée dirigée par Abbado existe d’ores et déjà: il s’agit du célèbre concert du 1er novembre 1986 donné au Musikverein à la tête des Wiener Philharmoniker, concert également disponible au disque (Deutsche Grammophon). Autant la version viennoise était emplie de solennité et de brillance, autant la présente version se caractérise par un discours plus intérieur, plus allégé et, somme toute, peut-être plus conforme à l’interprétation d’une œuvre composée par Schubert alors qu’il n’avait encore que quelques mois à vivre. L’image, là encore classique mais servant parfaitement la partition, nous montre qui Abbado, qui l’orchestre, qui les solistes, la soprano Rachel Harnisch ayant remplacé à cette occasion sa consœur Roberta Invernizzi, qui officiait en première partie, Javier Camarena étant pour sa part rejoint par un second ténor en la personne de Paolo Fanale. Qu’il s’agisse de la vue de l’orchestre dans le sens de la largeur (à 50’20, permettant ainsi au téléspectateur d’apprécier les musiciens dans un cadre souvent masqué) ou de certains visages particulièrement expressifs (comme celui du Konzermeister Gregory Ahss), on n’en perd pas une miette. L’interprétation, quant à elle, est magnifique même si les cordes manquent parfois de suavité et d’ampleur comme dans le si beau Et incarnatus est entonné par les deux ténors au sein du Credo. Le Chœur Arnold Schoenberg est tout aussi excellent, Abbado retrouvant là un de ses compagnons de prédilection. © 2014 ConcertoNet.com Read complete review





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