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Album Reviews



 
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Rémy Louis
Diapason, April 2019

BERG, A.: Violin Concerto / MENDELSSOHN, Felix: Symphony No. 3, “Scottish” (Skride, Leipzig Gewandhaus Orchestra, A. Nelsons) (NTSC) ACC-20443
BERG, A.: Violin Concerto / MENDELSSOHN, Felix: Symphony No. 3, “Scottish” (Skride, Leipzig Gewandhaus Orchestra, A. Nelsons) (Blu-ray, Full-HD) ACC-10443

Le concert inaugural d’Andris Nelsons comme Chefdirigent de l’Orchestre du Gewandhaus de Leipzig, s’ouvre sur une création de Schleiermacher. Bien construite, sa pièce recycle un vocabulaire et des formules déjà entendus, avec de brefs échos des minimalistes américains qu’il a bien servis comme pianiste. Mais le titre (Relief) ne ment pas, et elle trouve ici un avocat très physique. De dos, le chef letton a tout d’un colosse ; de face, il est prodigue en expressions qui ressortissent de la joie enfantine de la musique, mais aussi d’une écoute profonde.

Sous sa battue, le concerto de Berg est plus sensuel que minéral, les variations (parfois fulgurantes) de masse, texture et d’intensité n’obérant jamais la chaleur lyrique. Son déroulement organique doit autant au rayonnement sonore très contrôlé de Skride qu’a l’habileté du chef. Les couleurs entêtantes du Gewandhaus accentuent la patine postromantique de la musique – quelle étoffe orchestrale somptueuse, et transparente pourtant !

Mendelssohn est, à Leipzig, le référent auquel doit naturellement se mesurer tout Chefdirigent. La caméra cerne la joie pure de Nelsons au début du Vivace non troppo. Ses gestes si ouverts, ses regards si incitatifs engendrent une « Ecossaise » tout en pleins et déliés, qui respire large. S’il veille aux nuances dynamiques et cisèle les accents, Nelsons met aussi en valeur les données rythmiques, sculpte physiquement le phrasé… La splendeur de l’orchestre fait le reste : les couleurs de chaque pupitre sont une joie en soi. © 2019 Diapason




Yannick Millon
Classica, December 2018

Andris Nelsons est sur tous les fronts, tant au disque qu’à la vidéo, entre ses intégrales Bruckner et Chostakovitch pour DG (voir page 84) et ses concerts filmés à Leipzig ! Le chef letton prenait officiellement ses fonctions de directeur musical du Gewandhaus en février dernier. Programme symbolique, avec une création d’un compositeur saxon, le Concerto de Berg (avec son choral de Bach), et la dernière symphonie (chronologiquement) de son lointain prédécesseur à la tête de l’orchestre, Felix Mendelssohn. Plat de résistance, l’« Écossaise » est trop fluctuante et alambiquée dans ses tempi, passant à côté du langage expressif direct du compositeur, malgré quelques très beaux moments (fin de l’exposition du premier mouvement, chromatiques façon Vaisseau fantôme, Vivace) mais aussi un Adagio étiré et un hymne écossais bien mou et approximatif. Après Relief de Schleiermacher, pièce en hommage à Bach alternant systématiquement atmosphères sur le fil du rasoir et mouvement perpétuel, le meilleur est dévolu au Concerto à la mémoire d’un ange porté par l’archet vibrant, à fleur de timbre, presque émacié de Baiba Skride, pour qui l’accompagnement se fait éthéré et chambriste. © 2018 Classica



Jean-Claude Hulot
ResMusica.com, November 2018

Pour sa prise de baguette au Gewandhaus de Leipzig en février 2018, Andris Nelsons avait choisi un programme emblématique de ses choix esthétiques : référence inévitable à Mendelssohn, la figure tutélaire historique de l’orchestre, mais aussi ancrage dans le XXe et même le XXIe siècle. Toutefois, la solennité de la circonstance rejaillit sur le caractère assez empesé d’une exécution trop figée malgré la beauté sonore de la phalange.

Le concert s’ouvrait par Relief pour grand orchestre, une commande de circonstance passée au très prolixe Steffen Schleichermacher, qui use exactement du même effectif orchestral que le concerto de Berg qui suivait (c’était d’ailleurs le cahier des charges). Partition certes bien écrite pour mettre en valeur les différents pupitres du Gewandhaus, mais sans rien qui marque vraiment l’auditeur. Beaucoup plus intéressant évidemment, le Concerto à la mémoire d’un ange de Berg permettait de retrouver la grande violoniste, lettonne comme le chef, Baiba Skride, premier grand prix du Concours Reine Elisabeth en 2001. Superbe lecture empreinte d’émotion et de tendresse, bouleversante même dans sa conclusion, magnifiquement accompagnée de façon particulièrement attentive par Nelsons. C’était bien là le sommet du concert.

Car la Symphonie écossaise donnée en deuxième partie soulève bien d’autres questions. Le choix de tempi particulièrement modérés, surtout dans le premier mouvement, vraiment très lent, peut surprendre tant il reflète une volonté de faire grand chez Nelsons qui ne correspond pas forcément à la nature de l‘œuvre, tirée vers un certain romantisme tardif, presque wagnérien, et un peu hors de propos. L’orchestre que l’on sent suspendu à la baguette du chef est manifestement désireux de donner le meilleur de lui-même mais la lecture peine à se libérer et reste trop contrôlée, malgré sa beauté sonore incontestable (hormis les trompettes de la coda finale, curieusement criardes). Manifestement cette exécution de circonstance reste trop dépendante de la solennité de l’intronisation de Nelsons pour offrir à l’auditeur le meilleur de l’association Nelsons-Gewandhaus qui n’a pas encore trouvé son équilibre si l’on en croit des CDs Bruckner parus chez DG, plutôt globalement décevants. On l’a souvent vérifié, l’alchimie entre un chef et son orchestre ne se matérialise pas toujours dès le premier contact. Attendons donc les futures gravures de Nelsons et du Gewandhaus de Leipzig pour être convaincu de la pertinence de leur association. © 2018 ResMusica.com





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