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Album Reviews



 
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Jean-Charles Hoffelé
ARTAMAG’, November 2016

En 1990, Dominique Calace de Ferluc enregistrait les Variations Goldberg selon Zhu Xiao-Mei ; elles firent sa légende : ce clavier qui coule d’une source pure ne s’y était plus entendu depuis Kempff, lavait les oreilles du « moi je » de Glenn Gould. René Martin les publiera chez Mirare alors que paraissait chez Actes Sud les Mémoires de Chine—répression, rééducation—de la pianiste. Bach lui fut, comme de tous temps à Casals, à Serkin, au travers des épreuves, la terre promise, mieux !, donnée.

Établie à Paris, consolée, fêtée, sa terreur s’apaisa, une pianiste considérable parue, abordant de face Schubert, Mozart, Schumann avec un aplomb, une simplicité, une lumière qu’on retrouvait aussi chez Miguel Ángel Estrella respirant les embruns de la Tempête de Beethoven. Pour être pianiste, et pianiste conscient de la transcendance, fallait-il être passé par tortures physiques et psychiques dans ce XXe siècle ? Serkin aurait probablement répondu oui hélas !

En tout état de cause, il faut croire qu’à un moment, la musique sauve. Un presque quart de siècle aura passé, Paul Smaczny attendait, finalement Zhu Xiao-Mei revint aux Goldberg. Et quelque chose s’y libère encore plus dans les polyphonies, dans le cantabile, dans la liberté de la main gauche qui « contrechante » comme seule avant elle Kempff l’osa (ou du clavecin Helmut Walcha : dans la ligne et pas comme chez Gould dans la litote d’un contrepoint qui soulignerait en gras. Le chant est partout.

Kazuto Osato lui a réglé son Steinway un peu court pour que cela joue, quelques minutes suffisent pour s’y faire, l’harmonie rayonne, le temps s’abstrait, les variations magiques, fluides, parlent, font leur petit théâtre tendre (écoutez seulement les deux claviers de la Quatorzième). C’est certain, le sommeil ne vous viendra jamais, car sitôt fini ce disque se recommence. © 2016 ARTAMAG’



Jean-Baptiste Baronian
Crescendo (France), September 2016

Comme le dit André Tubeuf dans son livre L’Offrande musicale (2007), il existe aujourd’hui une « querelle » autour de Bach au piano. « Nul appui sur la lettre, certes, ne peut défendre cette pratique qui nécessite, au moins, une transcription, qui peut être une trahison aussi. À quoi on objecte que Bach lui-même était un transcripteur impénitent, et qu’ayant fixé ses propres thèmes, souvent sous plusieurs habillages, la recherche d’une donnée authentique est elle-même, en l’occurrence, spécieuse. Faute de pouvoir s’en tenir à la lettre, il convient d’honorer l’esprit. » Et c’est ce que fait, précisément, Zhu Xia-Mei depuis de très nombreuses années, elle qui a joué les Variations Goldberg « des centaines et des centaines de fois, un peu partout », ainsi qu’elle le rapporte au début d’un entretien accordé à Michel Mollard et reproduit dans le livret accompagnant le présent CD.

Au rebours de Glenn Gould, qui s’était pour ainsi dire retiré du monde pour approfondir les Variations Goldberg, Zhu Xiao-Mei (elle est née en 1949 à Shanghai) a besoin, elle, de la scène, du public, de la confrontation directe avec les auditeurs, et même du bruit, pour « honorer l’esprit » du Kantor et servir cette immense œuvre virtuose, unique, intemporelle, presque métaphysique, qu’il est impossible de jouer sans y mettre son âme, sans la mettre entièrement à nu, quitte à répéter ce geste à l‘infini.

Oui, il y a Wilhelm Kempff, Daniel Barenboïm, Bruno Leonardo Gelber, Dinu Lipatti, Alexis Weissenberg, Murray Perahia, András Schiff, l’étourdissant Glenn Gould, bien sûr, tant d’autres… Irait-on jusqu’à prétendre que sous les doigts de Zhu Xiao-Mei, les Variations Goldberg revêtent comme par magie des accents…féminins ? © 2016 Crescendo (France)



Christophe Huss
Le Devoir, June 2016

Zhu Xiao-Mei et les Goldberg. Encore ? Pourtant il y a une étiquette « New Recording » sur le CD et c’est effectivement une nouvelle captation, enregistrée à Poitiers, que Zhu Xiao-Mei considère, si je peux la paraphraser, comme sa « version définitive ». Attention, donc : il ne s’agit en rien d’une publication CD de la bande-son du concert des Goldberg à Leipzig paru en DVD sur le même label Accentus en novembre 2014. En retournant en studio, Zhu Xiao-Mei voulait graver, avec la perfection formelle et les dosages parfaitement justes, les Goldberg en observant cette fois l’intégralité des reprises, ce qu’elle n’a fait ni dans son 1er CD ni lors de ses concerts. Le résultat est conforme à ses souhaits tout en ne perdant pas l’humanité irradiante du propos. Il existe désormais trois versions des Goldberg par la pianiste : la première, parue chez Mandala et reprise par l’étiquette Mirare ; le DVD du concert capté en 2014 à Leipzig et ce référentiel opus complet et final. © 2016 Le Devoir





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