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Jean-Charles Hoffelé
ARTAMAG’, January 2017

Alexander Liebreich et l’Orchestre Symphonique National de la Radio Polonaise persistent et signent, voici le troisième volet de leurs aventures parallèles dans les univers de Szymanowski et de Lutosławski, l’alpha et l’oméga de la musique polonaise du XXe siècle.

La vaste Ouverture Op. 12 écrite par Szymanowski en 1905 doit, on l’oublie trop, sa sombre et géniale orchestration en partie à Gregor Fitelberg qui reprit à quatre mains avec Szymanowski la partition originale.

L’œuvre fut créée dans sa version définitive à Vienne en 1919, ce qui est loin d’être anodin. Une ouverture ? Une apoplexie de sons, d’une seule coulée, véritable allégeance à la Seconde École de Vienne, aux noirs orchestres des premiers opus de Schönberg, surtout à son Pelleas und Melisande auquel il tend un miroir.

Fascinante partition que les chefs trahissent habituellement en la dirigeant sans élan, croyant y déceler un décalque de Richard Strauss, alors que le jeune homme s’en émancipe justement pour s’intégrer au concert de la modernité. C’est ainsi qu’Alexander Liebreich l’entend et la réalise, allant à ce feu noir avec une exaltation impérieuse.

Le contraste est terrible avec le Concerto pour violoncelle que Witold Lutosławski acheva en 1970 pour Mstislav Rostropovitch. Il y renonçait aux sortilèges sonores pour opposer deux discours parallèles, celui du soliste et celui de l’orchestre, créant de facto une tension insurmontable. C’est l’anti-concerto, ou si vous préférez le concerto des « antagonismes », quelque chose de monstrueusement inextinguible, épuisant pour le soliste.

Il faut entendre comment Gautier Capuçon relève le défi, sans renoncer à teinter son interprétation d’un certain lyrisme désolé auquel l’orchestre de Liebreich répond par un ton sépulcral. Glaçant. Au contraire du vaste océan de sons solaires que la magique 4e Symphonie déploie dans sa grande arche. Absolument libre de jouer des formes et des couleurs, la partition réclame un orchestre virtuose que Liebreich anime avec à l’esprit les premiers opus de Lutosławski. Il fait entendre, derrière les constructions savantes et le flot rhapsodique, des couleurs et des mélodies qui renvoient aux folklores imaginaires du Concerto pour orchestre. Ce rêve surréel d’une vingtaine de minutes par quoi Lutosławski laissa son œuvre comme ouverte sur l’infini envoûte ici, fluide, étincelant, une nuit d’étoiles sonores magique. © 2017 ARTAMAG’





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