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Album Reviews



 
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Jean-Charles Hoffelé
ARTAMAG’, July 2017

Basses profondes mais légères, main droite qui déploie son ascension mélodique, une douceur qui serait la nature même du son, jamais l’Allemande de la Suite française en mi bémol majeur n’aura trouvé ce ton de choral consolateur depuis Tatiana Nikoleyeva.

C’est dire à quel degré d’intimité Zhu Xiao-Mei est aujourd’hui parvenue avec le clavier de Bach, le libérant du piano comme le faisait jadis Nikolayeva en lui inventant des sonorités d’orchestre, violon, hautbois, cloche, tout un univers qui chante haut et clair et atteint un équilibre parfait. Écoutez seulement les jeux de la Gigue finale, puis, quasi enchainée, l’Allemande éperdue qui ouvre la Suite en ré mineur, cette nostalgie du presque rien, de l’infime modulation qui suspend le flot, merveille d’un sentiment pudique qui suggère.

J’entends déjà les beaux esprits maugréer que ce Bach-là ne s’embarrasse pas de philologie, qu’il considère très peu le clavecin, c’est bien naturel d’ailleurs car si Zhu Xiao-Mei pense aux couleurs d’un petit orchestre, pour la ligne, pour la sereine ferveur, pour le souffle et l’espace harmonique, c’est à l’orgue qu’elle se réfère, et donc à une certaine spiritualité, qui derrière les décors de danse fait chanter autant de chorals.

Mais la poésie la plus « couperinienne » vient surprendre cela soudain, avec l’Allemande si française de la Suite en sol majeur par quoi elle referme son disque, et la Courante qui suit fait voler les talons, convoquant des danseurs virtuoses et comme un peu ivres de leurs danses. Cette imagination dans la plus libre des Suites du cahier déborde le ton très simple de l’ensemble, ouvrant soudain sur d’autres perspectives : Zhu Xiao-Mei est prête pour les Suites anglaises, si demain Accentus Music les lui demande sur le très beau Steinway joué ici (ce médium de nacre !), dans l’acoustique si fine de la Salle Mendelssohn du Gewandhaus de Leipzig dont les micros de Toine Mertens captent jusqu’au frémissement de l’air, la joie continuera. © 2017 ARTAMAG’



Philippe Adelfang
Musique pour tous, June 2017

C’est difficile pour un artiste d’appliquer une recette à son art. Quand la recherche passe par un travail silencieux d’orfebre, il ne reste qu’applaudir en silence. Zhu Xiao-Mei, est peut être, à mon avis, une des plus grandes interprètes de la musique J.S.Bach. Simplement à l’écoute de ses enregistrements, on se rend compte qu’on est face à un artiste tout particulier. Disons que l’interprète s’efface derrière l’oeuvre. Paradigme du XIX siècle, le rôle de l’instrumentiste reste tout aussi important que celui du compositeur, mais il prend une autre dimension quand le respect du texte est, non seulement une responsabilité, mais une vocation.

Enregistrement essentiel, qui fait le bonheur de l’âme. © 2017 Musique pour tous





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