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Yannick Millon
Classica, March 2019

ABBADO, Claudio: Last Years (The) (2010-2013) (6-DVD Box Set) (NTSC) ACC-70461
ABBADO, Claudio: Last Years (The) (2010-2013) (6 Blu-ray Disc Box Set, Full-HD) ACC-60461

Cinq ans déjà que Claudio Abbado nous a quittés. Alors qu’il était donné pour condamné à l’été 2000, sa « résurrection » fut largement appuyée, après son départ du Philharmonique de Berlin, sur la refondation en 2003 de l’Orchestre du Festival de Lucerne où, chaque été, au bord du lac des Quatre-Cantons, il put relire une ultime fois le grand répertoire qui lui était si cher, avec des musiciens amis triés sur le volet, proches de la dévotion. C’est une plongée dans la dernière lignée de lumière du maestro que propose cette mise en boîte de 6 DVD (ou Blu-ray) Accentus, depuis la Neuvième de Mahler absolue de 2010 (dont les Parisiens purent entendre cet automne-là un écho sensiblement différent salle Pleyel), au parfum d’éternité, incomparable de lyrisme crépusculaire, d’une clarté polyphonique et d’un élan sans égal dans les mouvements centraux, fruit d’une vie de fréquentation de l’oeuvre, suivie de deux minutes quinze de silence tétanisant dans la pénombre du KKL. Une expérience qui marque de manière indélébile. On retrouve aussi la Cinquième de Bruckner réinventée, si lumineuse et aérée (la coda du Finale, rêvée, presque dépourvue de tension), de 2011, année également d’un programme Mozart (airs de concert avec une Christine Schäfer au taquet, Symphonie « Haffner ») montrant l’accomplissement tardif de ce mozartien si peu congénital. Deux concerts de l’été 2012, ensuite. D’abord le Requiem de Mozart étonnant de décantation (sans l’espoir salvateur ni le soprano solo radieux de 1999 au Dom de Salzbourg chez EuroArts) qui avait remplacé la Huitième de Mahler devant laquelle Abbado avait finalement reculé, précédé de l’un des sommets du coffret, une musique de scène d’Egmont proprement géniale, puissante, d’une dramaturgie galvanisée par le prodigieux narrateur de Bruno Ganz et une Juliane Banse très engagée. Mais aussi, seule incursion hors de Suisse de cette somme, le concert sacré à Salzbourg, dans la profane Haus für Mozart, marquant le retour de l’Italien dans un festival qu’il boudait depuis dix ans, pour une Messe de l’orphelinat de Mozart et une Messe en mi bémol de Schubert sereines et pacifiées. Et, enfin, ce dernier et bouleversant concert filmé, les 16 et 17 août 2013 – dix jours avant la toute dernière apparition au pupitre du maestro, pour une Neuvième de Bruckner publiée au CD par DG –, en forme de gigantesque point d’interrogation, le regard déjà ailleurs, le corps fatigué, le geste plus minimaliste que jamais. Le voile du doute recouvre l’Ouverture tragique de Brahms, ainsi qu’un Chant du ramier des Gurre-Lieder béant, la présence si étrange de Mihoko Fujimura comme viatique, avant une « Héroïque » dont les soixante-dix coeurs battent rigoureusement à l’unisson – les silences assourdissants d’une Marche funèbre inouïe, l’hymne à la vie du Poco Andante transitoire du Finale –, chaque pupitre conquis par l ’aura immatérielle de ce petit maestro pâle et frêle au soir. © 2019 Classica





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