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Jean-Charles Hoffelé
ARTAMAG’, October 2015

WEIGL, K.: Piano Concerto for the Left Hand / Violin Concerto (Frühwirth, Krumpöck, Norddeutsche Philharmonie Rostock, Lehner) C5232
WEIGL, K.: Lieder (Klussmann, Noack) C5259

Parmi la pléthore de compositeurs viennois de l’entre deux-guerres que l’on n’en finit pas de (re)découvrir, le temps de Karl Weigl serait-il venu ?

En 2000, Thomas Sanderling avait enregistré pour BIS la 5e Symphonie, dite « Apocalyptique ». En 1945, quatre années avant sa mort, Weigl écrivait une partition toute entière absorbée par l’expérience de la guerre et de l’holocauste. Œuvre d’une sombre splendeur. Un Phantasisches Intermezzo de 1921 complétait le disque et donnait le ton de fantaisie que je retrouve aujourd’hui dans un album regroupant deux Concertos de cette même décennie.

Le Concerto pour la main gauche (1924) est le moins couru des opus suscités par Karl Wittgenstein, injustice car l’œuvre avec son caractère de capriccio est d’une invention alerte : aucun souvenir des traumatismes de guerre que subit le pianiste n’apparaît, l’œuvre chante, s’ébroue dans un soleil que le clavier de Florian Krumpöck fait miroiter. Le pianiste troque son clavier pour la baguette, dirigeant David Frühwirth dans le Concerto pour violon (1928), concerto-sérénade d’une écriture joueuse, virtuose, où le violon cravache autant que l’orchestre. Incroyable qu’une œuvre aussi subtilement composée, aussi brillamment enlevée n’ait pas charmé les violonistes et qu’il faille attendre aujourd’hui pour l’exhumer de la poussière des bibliothèques. Après ces deux révélations, j’espère que l’éditeur va poursuivre en enregistrant les deux Concertos des années trente—le Concerto pour piano (deux mains) qui fut créé à Vienne par Ignaz Friedman et George Szell et celui pour violoncelle, ainsi que les quatre premières symphonies.

Mais Capriccio nous offre déjà un second disque Weigl dû à la sagacité du pianiste Olivier Triendl, qui accompagne la soprano Sophie Klussmann (le baryton Sebastian Noack les rejoint pour 5 Duos) dans un large éventail de lieder allant des vingt ans du compositeur aux années trente. Tout l’art du lied viennois entre Wolf et Berg s’y concentre, subtil, souvent lunaire comme dans les Cinq Lieder avec quatuor à cordes, toujours d’une mélancolie prégnante, comme si Weigl réservait la fête à son orchestre et son âme à la voix. Voici un ajout majeur à l’histoire du lied viennois, magnifiquement interprété. © 2015 ARTAMAG’





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