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Album Reviews



 
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Sébastien Gauthier
ConcertoNet.com, May 2016

Beaucoup plus convaincant, Cornelius Meister, dont avait déjà pu remarquer les affinités avec le grand répertoire germanique (en l’occurrence, une très belle interprétation d’Une vie de héros). Celui-ci nous livre ici une très belle version de la Neuvième qui débute pourtant avec son maillon faible (encore que tout soit relatif…), à savoir le premier mouvement. Celui-ci ne manque certes pas de grandeur (la fin, à partir de 19’50) et, servi par un excellent orchestre, convainc en partie. Néanmoins, il est dommage que le jeune chef se laisse aller à quelques brusqueries ou à certaines affectations comme cette fin de phrase des violoncelles à 5’40: mais il est vrai que les cordes sont magnifiques. Le Scherzo est pour sa part idéal: violent, rageur, il donne l’image d’un rouleau compresseur que rien ne peut arrêter (le martellement des timbales), offrant ainsi par contraste au Trio toute la douceur requise. Le troisième mouvement est également une belle réussite, Meister tenant ses phrases jusqu’au bout, les cordes se montrant à chaque instant à la hauteur de cette page sublime. Un peu plus décevante, la Messe en fa mineur: œuvre ambitieuse de Bruckner qui préfigure en plus d’une occasion certains thèmes du Te Deum (composé plus de quinze ans plus tard), elle connaît plusieurs références au disque dont, encore récemment, celles dirigées par Marek Janowski ou Stanislaw Skrowaczewski (Oehms Classics). Les solistes sont bons (notamment les voix féminines) sans être exceptionnels et le chœur manque parfois de puissance; c’est d’autant plus dommage que l’orchestre est une fois encore excellent, donnant tout son lustre au Gloria et toute sa finesse au Kyrie. © 2016 ConcertoNet.com



Jean-Charles Hoffelé
ARTAMAG’, April 2016

Cornelius Meister poursuit son voyage brucknérien en juxtaposant deux partitions qu’on assemble rarement, la Messe en fa mineur et la Neuvième Symphonie.

Pour la vaste Messe écrite durant les années 1867–1868 où Bruckner semble vouloir approcher de la Missa Solemnis mais se voit sans cesse rattrapé par le lyrisme des opus sacrés de Schubert, le ton est d’emblée trouvé, lumineux, simple, évident. J’entre dans ce vaisseau serein avec enfin un sentiment d’évidence, même si Ruth Ziesak s’y époumone de son aigu désormais vinaigré : il ne faut pas lui comparer Margaret Price, souveraine malgré les tempos irrespirables que lui imposait Sergiu Celibidache !

Plus aucune évidence au contraire dans une Neuvième Symphonie délétère, très noire, à l’agogique torturée, sans aucune transcendance, dirigée âpre et tonnante. C’est lu au cordeau, d’une terrible exactitude qui refuse l’inspiration mais va très loin dans la part sombre de cette musique des ténèbres. Même l’Adagio se refuse à toute sérénité, amer, avec déjà des accents mahlériens.

Au moment où quasiment tous les chefs font leur Bruckner allégés sous prétexte de philologie, Cornelius Meister, une fois de plus, rappelle que son art regarde vers celui des grands anciens. Décidément, il n’est pas de son temps et ce n’est pas moi qui m’en plaindrais! © 2016 ARTAMAG’





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