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Album Reviews



 
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Bernard Postiau
Crescendo (France), October 2016

Amateurs des opérettes de Johann Strauss fils, réjouissez-vous! Si vous connaissez par coeur La chauve-souris et Le baron tzigane et voulez aller vers d’autres cieux, dirigez-vous vers Carl Michael Ziehrer, par ailleurs auteur d’une multitude de valses, marches et autres polkas tout aussi endiablées que celles du cher Johann. Die Landstreicher (Les vagabonds) est un parfait exemple de l’art de cet émule du roi de la valse, dont les harmonies s’envolent dans les mêmes sphères, au contraire de Lehar, Künneke ou Kalman qui orienteront l’opérette de langue allemande définitivement vers d’autres horizons. Ici, on ne peut s’empêcher de penser souvent à tel ou tel air de cette fameuse Fledermaus, bel arbre qui a fini par cacher une forêt pourtant très luxuriante. Signalons, en passant, pour ceux qui seraient intéressés par une exploration en profondeur de ce monde souvent mis—à tort—au passif de la composition musicale, que Membran a publié il y a quelques années un imposant coffret de 100 disques où figurent non seulement tous les « tubes » mais, aussi et surtout, une multitude de pépites tout à fait méconnues et permettent de se familiariser avec des noms tels que Dostal, Fall, Goetze, Jessel, Kollo ou Lincke. Mais revenons à nos vagabonds… L’intrigue est, on s’en doute, légère, mais cela ne dispensait pas l’éditeur, nous semble-t-il, d’inclure le livret, même si cette parution n’est qu’une réédition d’un enregistrement de 2008. Helmut Froschauer, grand défricheur de ce monde parallèle, est parfait aux commandes de l’orchestre de la radio de Cologne. Les solistes se fondent parfaitement dans la peau de ces personnages de carton-pâte en lesquels on est très heureux de ne croire à aucun moment! Quoi qu’il en soit, on ne s’ennuie pas un instant au milieu de ce tourbillon incessant de rythmes irrésistibles et c’est bien là le principal! © 2016 Crescendo (France)




Florent Coudeyrat
ConcertoNet.com, May 2016

L’autocontrainte est telle que l’on se sentirait presque coupable d’avoir à donner la note maximale à un enregistrement dédié à un genre si sous-estimé: l’opérette. Pour autant, dans cet enregistrement des Vagabonds de Carl Michael Ziehrer (1843–1922), tout n’appelle que des éloges. On pourra évidemment se gausser d’un compositeur viennois, épigone des Strauss, à la muse qui ne recherche ni l’originalité ni la subtilité, mais qui possède un incontestable abattage, irrésistible et sans temps morts. Ce n’est pas pour rien que ce compositeur fait régulièrement les délices des concerts du nouvel an à Vienne (voir par exemple en 2016 ), comme autant de bulles de champagne à savourer en ces occasions festives.

Composée en 1899, Les Vagabonds est la huitième opérette de son auteur parmi une vingtaine écrite entre 1866 et 1920. Avec cette pépite de légèreté, joyeuse et enlevée, on perçoit le talent d’un homme qui passera sa longue carrière dans l’ombre des Strauss. Si Ziehrer ne lésine pas sur les effets, on ne trouve ici aucune vulgarité, mais bien plutôt une sucrerie à laquelle on ne saurait résister. Il faut dire que le plateau vocal réuni connaît son sujet et nous emporte comme un seul homme dans ce tourbillon de bonne humeur sans prétention. L’excellent Chœur de la WDR de Cologne n’est pas en reste avec une précision et une justesse des grands soirs—hormis le désopilant chœur de célébration des amoureux au premier acte, volontairement massacré—tandis que la baguette de Helmuth Froschauer ne se pose pas de questions et avance, sûre et avisée. On s’étonnera seulement que Capriccio ait mis pas moins de huit ans pour éditer cet enregistrement réalisé en 2008. De quoi, désormais, contribuer à réhabiliter une partie de l’œuvre méconnu de Ziehrer (pour un compte rendu en anglais sur notre site). © 2016 ConcertoNet.com




Louis Bilodeau
Avant Scène Opéra, April 2016

C’est en plein cœur du Prater, dans le théâtre d’été du parc Venedig in Wien, que le compositeur autrichien Carl Michael Ziehrer (1843–1922) connut en juillet 1899 son plus éclatant succès sur la scène lyrique avec l’opérette Die Landstreicher (Les Vagabonds). Fils d’un chapelier prospère qui finança dès 1863 son premier orchestre, Ziehrer étudia au Conservatoire de Vienne sous la direction du célèbre Simon Sechter. Outre une intense activité de chef d’orchestre qui l’amena notamment à diriger plusieurs ensembles militaires, il composa une trentaine d’opérettes et plus de 600 valses, polonaises, marches, polkas, mazurkas… Après avoir suivi pendant plus de trente ans les brisées de Johann Strauss fils, il fit créer ces Vagabonds quelques semaines à peine après la mort de son éternel rival, espérant sans doute pouvoir devenir le nouveau maître de l’opérette viennoise. Il avait d’autant plus de raisons de croire en sa bonne étoile que Franz von Suppé était décédé depuis quatre ans et que Carl Millöcker (qui allait mourir en décembre 1899) avait cessé de composer pour la scène. S’il ne renouvela jamais ce triomphe, il vit néanmoins la reconnaissance officielle de son talent lorsque, en 1907, François Joseph le nomma « directeur de la musique des bals de la cour impériale et royale », poste occupé avant lui uniquement par les membres de la dynastie Strauss. Intimement associé à la délicieuse insouciance du « Monde d’hier », il meurt ruiné quatre ans après la chute de l’Empire et la fin de la Première Guerre mondiale.

Très populaires en pays germaniques, Les Vagabonds ont été adaptés au cinéma dès 1916 et ont donné lieu à au moins deux enregistrements intégraux, en 1951 et 1965, dirigés respectivement par Wilhelm Stephan (avec Anneliese Rothenberger et Rupert Glawitsch) et Max Schönherr. La présente version, qui a dû attendre huit ans avant sa mise sur le marché, nous permet de comprendre pourquoi l’ouvrage a pu atteindre plus de 1500 représentations : sur un scénario amusant s’articulant autour des péripéties rocambolesques de deux chanteurs itinérants qui trouvent un billet de 1000 marks et un (faux) collier de perles, Ziehrer a composé une partition d’une énergie peu commune, qui comporte non seulement des pages aux accents martiaux irrésistibles (duo « Der Zauber der Montur »), mais aussi des moments de tendresse extatique, comme dans le merveilleux Lied « Sei gepriesen, du lauschige Nacht ». Le ténor Daniel Behle s’y montre admirable d’ardeur, de raffinement et de pure beauté vocale. Il est fort bien entouré par une distribution parfaitement homogène, au sein de laquelle se démarquent en particulier le ténor Thomas Dewald et la soprano Maria Leyer, qui campent des époux Fliederbusch truculents à souhait. En plus de la suave Mimi de Caroline Stein, on prêtera attention aux deux ténors Boris Leisenheimer et Dominik Wortig (lieutenants Rudi et Mucki), impayables dans leur marche du premier acte. Helmuth Froschauer, qui a notamment dirigé les Petits Chanteurs de Vienne, le Wiener Singverein et les chœurs de l’Opéra de Vienne, insuffle une dose massive d’entrain à toute sa joyeuse équipe et donne beaucoup de relief à une musique sans prétention mais d’une bonne humeur contagieuse. © 2016 Avant-Scène Opéra





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