Classical Music Home

Welcome to Naxos Records

Email Password  
Not a subscriber yet?  
Keyword Search
 in   
 Classical Music Home > Naxos Album Reviews

Album Reviews



 
See latest reviews of other albums...

Florent Coudeyrat
ConcertoNet.com, September 2017

La présente parution consacrée à la Russe Zara Levina (1906–1976), élève de Glière et Miaskovski, permet de combler une lacune: aucun disque compact n’était jusqu’à présent disponible la concernant, hormis l’ancien enregistrement de Veronika Dudarova (Russian Disc, 1994). Cette nouveauté réunit opportunément ses deux Concertos pour piano, composés à des époques bien distinctes de sa vie: le premier pendant la guerre en 1942 et l’autre à la toute fin de sa vie. Les premières notes du Premier Concerto laissent tout de suite percevoir l’influence de Rachmaninov dans l’affirmation d’un puissant lyrisme aux cordes tout autant que l’expression harmonieuse de la mélodie. Les climats plus dramatiques, d’un fort caractère dans les ruptures, évoquent davantage la modernité de Prokofiev, tandis que la sensibilité du mouvement lent, aux accents délicats d’un nocturne épuré, nous tourne vers Ravel. Si la Russe sait aussi faire preuve d’humour dans ce concerto de grande ampleur, elle surprend plus encore dans son dernier et bref concerto, plus sombre et mystérieux, à l’atmosphère étrange et fascinante. Parfaitement épaulé par la chef française Ariane Matiakh et un superlatif Orchestre symphonque de la Radio de Berlin, le piano fluide et harmonieux de Maria Lettberg, spécialiste de Scriabine, rend justice à ses œuvres immédiatement accessibles. Seul regret: on aurait aimé un disque au minutage un peu plus long. © 2017 ConcertoNet.com



Vincent Guillemin
ResMusica.com, June 2017

La nouvelle parution des deux concertos pour piano de Zara Levina chez Capriccio remet en avant une artiste dont les qualités d’écriture ne peuvent prendre le dessus sur un style trop proche de celui de Sergueï Rachmaninov. Extrêmement bien défendues par les artistes du présent enregistrement, les œuvres sont à réserver aux passionnés du maître russe, curieux d’entendre ce que l’on a pu composer autour de ses concertos quelques décennies plus tard.

Pour faire un parallèle avec la peinture, Zara Levina est à Rachmaninov ce que László Moholy-Nagy est à Piet Mondrian. On ne peut donc parler de copie pure, ni encore moins de plagiat, mais l’inspiration du maître sur le disciple est tellement évidente que l’intérêt ne peut qu’être celui de la curiosité face à l’influence d’un génie. Le Concerto pour piano n°1 de Zara Levina date de 1942, soit cinquante-deux ans après le premier de Rachmaninov, et si les arpèges initiaux impliquent déjà forcément la figure tutélaire du russe, le premier accord de cordes en est presque caricatural tant il ne propose rien d’autre que Rachmaninov. Le second mouvement, Andante, offre un beau moment de calme et de réflexion et prouve une maîtrise du matériau orchestral comme soliste, particulièrement bien développé ici par la pianiste Maria Lettberg, considérée à juste titre comme une spécialiste du répertoire russe de piano et plus particulièrement de Scriabine.

Le dernier mouvement Allegro retrouve une dynamique et un côté burlesque avec l’utilisation de la clarinette basse, qui n’est pas sans rappeler certaines pièces des russes Prokofiev et Chostakovitch, influences moins flagrantes mais également évidentes de Zara Levina. En plus de profiter du toucher habile et jamais trop appuyé de Lettberg, bien installé dans ce qu’il doit à l’école russe, ce premier concerto comme le second présenté ensuite sur cet enregistrement, s’accorde à la baguette d’Ariane Matiakh et à un Rundfunk-Sinfonieorchester Berlin chaud dans les nappes de cordes qu’il déploie en plus d’être toujours juste dans les bois et les cuivres, notamment la trompette bouchée. D’une vingtaine de minutes à peine, cette seconde pièce de 1975 cherche une atmosphère plus sombre et plus mystérieuse, là encore parfaitement gérée par les deux femmes de l’album, chef comme pianiste, sans pourtant réussir à passionner dans des partitions impossibles à confronter aux plus grandes pièces concertantes du XXe siècle.

Ce disque très bien interprété est à réserver aux spécialistes de la période, aux plus curieux ou aux blasés de la musique de Rachmaninov cherchant à retrouver le compositeur à travers d’autres œuvres du même style. © 2017 Resmusica.com



Jean-Baptiste Baronian
Crescendo (France), June 2017

Le label autrichien Capriccio s’attache régulièrement à des compositeurs méconnus ou mal connus, ou encore à des œuvres peu jouées de compositeurs célèbres. Cette fois, il édite deux concertos pour piano et orchestre de Zara Levina, une pianiste et compositrice russe née en Crimée en 1907 et décédée à Moscou en 1976, l’année même de la disparition de Benjamin Britten et de Jean Martinon. Elle a droit à une courte notice dans l’important Dictionnaire biographique des musiciens de Théodore Baker et Nicolas Slonimsky (Laffont, coll. « Bouquins », 1995) : « Elle étudie le piano au Conservatoire d’Odessa, d’où elle sort diplômée en 1923 ; elle entre alors au Conservatoire de Moscou, où elle est l’élève de Félix Blumenfeld (piano) et diplômée en 1931. Elle donne ensuite des récitals de piano. Elle s’est surtout distinguée dans la composition de chansons enfantines, qui sont devenues très populaires ; elle a également mis en musique une centaine de textes de poètes russes. » Puis la notice de préciser que Zara Levina est justement l’auteur de deux concertos pour piano et orchestre, achevés respectivement en 1945 (la pochette du disque indique 1942) et 1975. Ils sont fort différents l’un de l’autre : autant le Concerto n° 1 en trois mouvements est classique à souhait, autant le Concerto n° 2 en un seul mouvement offre une rythmique tempétueuse héritée en droite ligne de Serge Prokofiev. Deux partitions qu’on écoute avec un réel plaisir et qui révèle une artiste maîtrisant parfaitement une technique pianistique à la fois brillante et subtile. © 2017 Crescendo (France)





Naxos Records, a member of the Naxos Music Group